jeudi 17 août 2017

Série de Haïku 22

La Lune n'est q'une
Mille bols la reflétant
Elle demeure une

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Les remous violents
Provoquent là l'écume
Reste le courant

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Qu'importe le torrent
Et ses reflets déformés
Nuages ou vents

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Nos sens voient l'effet
Notre impermanence
Tout n'est que reflet

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Vivre en notre cœur
Sans illusion et sans peur
La Lune pour sœur

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Retrouver son moi
Non son égo déformant
Maître de ses choix

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Nos pensées multiples
Sont autant de bols aux reflets
De notre être unique

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Savoir discerner
Notre permanence émue
Noumène incarné

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On ne peut saisir
Son propre reflet de soi
Mais voir son sourire

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Nos pensées, passions
Sont des éclats de nous même
Notre compassion

Planète isolée : Chapitre 53

Chapitre 53

Je me réveille au son de mon alarme. Deux heures se sont passées. Je suis un peu encore étourdi, engoncé dans mon sommeil et des rêves évanouis. Je regarde devant moi. La femelle bleue est toujours immobile, sauf son torse qui se soulève et s'abaisse selon sa respiration. Ce rythme est rapide, et asynchrone. Je me lève, toujours un peu engourdi. Je soulève la couverture qui recouvre son corps. Comme je m'y attendais, la nécrose s'accélère. A ce rythme, elle mourra avant cette nuit.

L'isolement ultra connecté : la survie - Chapitre 11

Chapitre 11

Je reste ainsi, en quelque sorte à son chevet. Le poète est toujours en transe, combattant son démon interne. Même s'il est affaiblie, je l'ai peut-être dimensionné un peu trop fort. Pourtant, il faut une réaction efficace et forte pour secouer l'être humain et provoquer ce changement brutal dans son cerveau. Mais comment se changement s'effectue-t-il ? Est-ce juste la peur de mourir ? Est-ce autre chose ? D'autres personnes avant moi ont eu peur de mourir, y compris mes compagnons lorsque nous nous sommes retrouvés acculés dans le couloir, face à la sortie et aux gardes armés. Et pourtant, aucun n'a été modifié...

Et si ce n'était pas la clef ? Si je m'étais trompé ? Pourtant, en remontant dans ma mémoire, les instants qui ont précédé mon contrôle réversible, ce sont bien des moments de douleurs et de peurs, avec cet instinct de survie qui m'ont poussés vers cet état. Mais est-ce que je confonds cause et conséquence ? Suis-je dans le vrai ? Plus je regarde mon ami le poète, plus je doute. Mes larmes coulent doucement le long de mes joues, sans heurt, sans violence. Ce sont des larmes de peines, pour lui, de compassion. Que lui ais-je infligé ? Pourra-t-il seulement s'en remettre ?

mercredi 16 août 2017

Rose, Noumène

A ma Rose écarlate, azur d'un doux passé
Je ne vis que pour le souvenir d'un parfum
Qui continue, si bel atour, à m'imprégner
Flux et reflux dans mes pensées, ses doux embruns

Sa couleur éveille mon regard éperdu
Ses pétales, douces comme une soie de Chine
Revêtues d'or, Phébus, scintillent, ambigües
Dans un silence athée, et pourtant me fascine

Son goût m'est interdit, mes lèvres engourdies
Seule ma mémoire me livre sa passion
Je plonge avec douceur dans ses fols rêveries
Revivant un instant, ce noumène, fiction

L'isolement ultra connecté : la survie - Chapitre 10

Chapitre 10

Dans mes rêves, mon cerveau analytique se plait à réunir les données absorbées. Il les assimile et les assemble dans un diagramme compréhensible. Je saisis les différentes parties, les interactions, les connexions établies avec un comguide, telles que voulues au départ par le pouvoir en place. Elles assurent effectivement un échange non masqué, sans déformation, sauf trouble comme mes camarades ou pour moi, entre les êtres humains. D'une certaine façon, elle assure la paix et la sérénité entre les humains. Mais elle est partiellement détournée, avec ces messages d'informations en continue, qui déforment la réalité objective, mais dépassant nos capacités naturelles d'analyse. Ainsi, le pouvoir en place contrôle la civilisation en imposant des points de vue, des façons de concevoir les choses et les événements. Les liaisons synaptiques déroutent l'apprentissage naturel, en imposant des souvenirs, des savoirs, sans participation du sujet à son absorption.

Noces de porcelaine inachevées


Le masque s'est brisé sur mon âme amoureuse
Un vase d'une vie sur le sol, rêves morts
Porcelaine blanche d'une rive enjôleuse
Mille morceaux, autant que de jours, mille trésors

Voyage désiré éternel sans forfait
Soudainement figé, atterré, immobile
Promesses effacées, rien n'est jamais parfait
Quelques mois précédents l'émoi d'années d'argiles

Vingt printemps, vingt étés, vains souvenirs, vains pleurs
Le kaolin blanchi par le temps, le silence
N'a pas su produire les noces du bonheur
La porcelaine s'est rompue à l'évidence

Aucun savoir faire ne saura recoller
Les morceaux des âmes séparées éclatantes
Mon cœur conserve en lui sa propre éternité
Sans espoir mais sans peur, l'avenir sans amante

Cette céramique précieuse conservée
Avec un grand respect d'un doux roman qui fut
Mais dont les pages se sont figées incarnées
Demeurera dans mon cœur à jamais ému


A ma muse, ma Roxane

mardi 15 août 2017

Planète isolée : Chapitres 51 et 52

Chapitre 51

Au petit matin, machinalement, comme si cela faisait plusieurs semaines que j'étais ici et que j'avais moi-même conçu l'organisation de ce campement, je me dirige vers les réserves et mange deux fruits au goût horrible et quelques baies douces et sucrées. Cela fait disparaître cette exhalaison des fruits. Je ressens aussi une effervescence dans mon esprit, comme si ces baies accélèrent mon esprit. Je reprends vite conscience de la femelle bleue, toujours allongée sous sa couverture, immobile.

Je saisis deux des fruits acides qui semblent la soigner et je m'approche d'elle. Son souffle est à nouveau court et sifflant. Je retire la couverture et je vois à nouveau ce que je comprends être comme une nécrose de ses organes, cette couleur bleue foncée, tirant sur le noir. Avec les gants et le couteau, je coupe en deux les fruits et je presse au dessus des organes, répartissant le mieux possible le jus ainsi obtenu. La même réaction chimique se répète. Une fumée s'échappe au contact des organes et petit à petit, chacun d'entre eux reprennent leur couleur d'un bleu clair.

Son manuscrit

S'émouvoir, se mouvoir, le pouvoir, le devoir
L'envie et le profit, les conflits, la survie
Les désirs, les plaisirs, l'avenir, le sourire

Défaillir ou s'enfuir, trahir, se recueillir
Asservi, ébahi, l'amnésie, l'eau de vie
Le savoir, le prétoire ou perchoir, sans espoir

Tout ceci se mêle dans notre état d'esprit
Brouillant nos repères comme un signal flétri
Se ressourcer en soi, vivre ses rêveries
Exister, éprouver son propre manuscrit

L'isolement ultra connecté : la survie - Chapitre 9

Chapitre 9

Le soir approchant, le chef vient vers moi. Jean et le poète sont occupés à continuer leurs analyses des membres de la communauté. Je vois leur progression avec des individus qui, après leur entretien, se mettent à une activité particulière. Je vois des personnes ramener de la terre glaise, et allumant un feu, fabriquer des poteries comme il y a mille ans. J'en vois d'autres partir et revenir de la nourriture de toutes sortes : fruits, baies, feuilles, ... Je vois aussi des pièges en bois être construits, sans doute pour capturer de petits animaux. Notre communauté se met en place bien plus vite que je ne le pensais.

Cependant, j'en vois aussi qui sont installés dans un espace, assis, à ne rien faire, suite à l'entretien. Ceux-ci prennent du temps et ils sont loin d'avoir couvert l'ensemble de la communauté. L'architecte, quant à lui, toujours près de moi, comme s'il voulait me protéger, donne des ordres d'aménagements intérieurs, décide des lieux où les différents foyers de feu sont placés, des emplacements pour dormir, travailler. Il organise une sorte de ville à taille réduite dans les grottes multiples de cette montagne. Certaines sont mêmes non accessibles depuis la principale et les personnes concernées doivent escalader la pente abrupte pour les atteindre. Il a vraiment bien repéré les lieux avant de nous faire venir ici. Des vasques d'eau, construites à partir des premières poteries, sont entreposées dans le fond de la grotte principale, près des réserves de nourritures.

lundi 14 août 2017

L'isolement ultra connecté : la survie - Chapitre 8

Chapitre 8

L'architecte revient avec un groupe de trois personnes. Il leur fait signe d'attendre quelque peu en arrière.
  • L'architecte : Je t'ai trouvé ces trois là. Ils sont volontaires pour tes expériences. Pour le lieu, je pense que cette salle-ci (désignant une grotte inoccupée sur la gauche) devrait être un endroit parfait, à l'écart mais en même temps proche de tous... Et j'ai pu parler avec Jean et le poète qui te rejoindrons dans quelques instants...
  • Je te remercie. Présentes les moi, s'il te plait.
  • L'architecte : Voici Jérôme, que tu connais déjà il me semble, Axel et Juliette. J'ai pensé qu'avoir une femme dans le groupe serait intéressant.
  • Oui, Jérôme, je m'en rappelle. Bonjour à vous trois... Vous savez ce que nous allons faire ensemble ?
  • Jérôme : Oui, l'architecte nous... a expliqué. Tu dois tenter... des expériences de... transfert pour nous permettre, à nous... ou à d'autres, d'obtenir ton... don de maîtrise du comguide.

Planète isolée : Chapitres 49 et 50

Chapitre 49

Durant la nuit, alors que je dors profondément, j'entends à nouveau cette voix, celle de l'enfant né ! Cette jeune fille bleue, plongée dans sa sorte de couveuse, tente de me parler. Mais sa voix est indistincte, incompréhensible. Bien que endormi, je suis conscient que ce n'est pas un rêve, tout en étant une forme de voyage immatériel généré par mes neurones. La voix se fait douce mais elle est comme éloignée. Je la cherche autour de moi. Les images que je vois sont floues. Un nuage grisâtre m'entoure, une brume étrange dont la viscosité n'est pas habituelle pour mes sens.

dimanche 13 août 2017

L'eau nouvelle a coulé

L'eau nouvelle a coulé, l'amont régénéré
Les souvenirs, rochers, sources de mes remous
Ne laissent qu'une écume emportée tel un fou
Par le courant de la vie ne pouvant s'arrêter

Seule la rivière demeure permanente
Les émotions filent dans l'océan des pleurs
Le passé révolu, le lotus est ma fleur
Sera l'eau de demain, le cœur souffrant l'amante

L'effervescence ne reste qu'à la surface
Mes profondeurs ne sont pas si émues par elle
Je me concentre et je m'observe par parcelle
Mes peines et mes peurs très lentement s'effacent

Le cœur haletant et les poumons expulsant
Les noirceurs d'un passé qui restent mon futur
Je marche de l'avant, non par espoir, fracture
Mais par la volonté, mon esprit hors du temps

L'isolement ultra connecté : la survie - Chapitre 7

Chapitre 7

Au petit matin, alors que je me réveille à peine, le chef vient me voir. Il semble soucieux. Je ne pense pas que ce soit la discussion d'hier soir, car il n'a pas l'air en colère contre moi. Mais il est bien en colère manifestement.

  • Que se passe-t-il, chef, pour te mettre dans un tel état ?
  • Le chef : Il y a que les gardes que j'avais posté, les tours de garde organisées, rien ne s'est passé comme prévu. C'est un vrai foutoir ! Ils auraient pu nous attaquer cette nuit, et on n'aurait rien vu venir ! Je suis furieux !

Planète isolée : Chapitres 47 et 48

Chapitre 47

J'arrive au campement, non sans ressentir une douleur à ma jambe droite, mais ce n'est pas le poids de cette femelle bleue, ni de son bébé, juste la blessure qui me lance encore. Elle est maintenant allongé sur ce qui lui sert de lit. Elle a les yeux fermés, mais je sais qu'elle est éveillée. Elle ne parle plus, mais je vois son visage grimacer et son corps se tendre.

Je réalise que je ne sais même pas comment cette espèce donne naissance. Est-ce que je peux faire quelque chose, ou dois-je attendre ? Je m'assoie à côté d'elle, à plus d'un mètre, car parfois ses mouvements sont brusques, et un coup pourrait partir.

samedi 12 août 2017

L'espoir, ce vent fourbu

L'espoir, ce vent fourbu qui m'abandonne au soir
Une brise aride, mes terres asséchées
L'espoir, orage vers un azur presque noir
Éclairs, souvenirs d'un temps déjà passé

La nuit enveloppe mon esprit de rivages
Connus mais éventés, de parfums éloignés
La nuit accapare mon cœur de lourds mirages
Une époque brisée, une union dédaignée

Les remords, les doutes se mélangent, réveil
D'un corps abandonné, froid d'un vide en ma couche
Les remords, les doutes laissent place au Soleil
Au petit matin, que ma solitude enfourche

Ce portrait magnifique enchaine mes pensées
Il me faut pourtant vivre encore quelques jours
Ou quelques années, à l'aube d'un trépassé
Inspirant le présent au filtre de l'amour

L'isolement ultra connecté : la survie - Chapitre 6

Chapitre 6

Nous voici donc dans notre nouvelle demeure. Tout le monde est réuni. Jean, le poète et l'architecte distribuent la nourriture à tout le monde, ainsi que l'eau puisée à proximité. Ils n'oublient pas non plus la deuxième salle, avec les gris dits violents, mais qui ne sont pas sortis de leur salle. J'ai demandé aux gardes, ils m'ont indiqué qu'aucun d'entre eux n'avaient bougé, jusqu'à ce que je revienne. L'un deux s'était alors levé et s'était approché de l'entrée de leur grotte. Comme prévu, le garde ne l'a nullement empêché. Il a simplement regardé dans ma direction puis est retourné s'asseoir avec les autres.

Planète isolée : Chapitres 44, 45 et 46

Chapitre 44

Au petit matin, je me réveille, l'esprit engourdi. Je me suis endormi durant ma méditation profonde. J'ai ressenti la présence de ma fille, mais si lointaine... Mais elle m'a fait comprendre qu'elle allait mieux. Elle me souriait de sa candeur naïve, me montrant les images de l'ombre blanche. Oui, je l'ai libéré. D'ailleurs, où est-il ? Je me redresse, lentement, la douleur au ventre s'accentuant, et me retourne dans sa direction. Il n'est plus adossé à l'arbre. Où est-il ? Est-il parti ?

Je promène mon regard encore flou autour de moi, et je le vois soudain, à quelques pas de moi. Il observe les fruits, les plantes que j'ai emmagasiné pour moi, pour ma fille... et pour lui. Il voit un des fruits qui lui est destiné. Il l'attrape, toujours avec une grimace. De son autre main, il saisit un autre fruit, d'une nature différente. Dans mon fort intérieur, je sens que ce n'est pas bénéfique pour lui. Pourtant, je vois à son regard qu'il préfèrerais mordre dans ce dernier.

vendredi 11 août 2017

Automatique : l'oiseau bleu

L'oiseau bleu s'est envolé, parti vers des terres lointaines
Je l'ai regardé partir, ne cherchant pas à le retenir
Il avait l'impression d'être en cage, enfermé
Alors que je prônais sa liberté et son libre arbitre

Mais l'oiseau bleu s'était enfoncé dans le silence
Son chant merveilleux ne résonnait plus dans nos murs
Il n'exprimait plus rien, si ce n'est l'absence
Et pourtant j'essayais de lui parler, de l'aimer

L'oiseau bleu s'est envolé, parti vers des terres lointaines
J'ai pleuré et pleure encore son départ, à jamais
Je ne veux pas le rechercher, il a pris sa décision
Je l'ai protégé autant que j'ai pu, je lui ai appris à voguer

Mais l'oiseau bleu s'était restreint dans ses mouvements
Ses voyages aériens n'étaient plus que du maraudage
Il ne voyait plus la lumière de la vie, de l'amour
Et pourtant je l'ai soutenu à bout de bras, sur les rives de mon cœur

L'oiseau bleu s'est envolé, parti vers des terres lointaines
Je l'aimais, je l'aime et je l'aimerais encore, jusqu'à la fin de mon chemin
Je suis heureux qu'il est pu se libérer, retrouver son chant, sa grâce
Même si pour cela, il aura fallu que je sois abattu à sa place

L'isolement ultra connecté : la survie - Chapitre 5

Chapitre 5

Une fois les gris installés dans leur grotte, avec deux gardes, mais sans arme et avec comme consigne de les laisser sortir s'ils le souhaitaient, de juste éviter des incidents entre eux, si jamais cela devait arriver. Pour ma part, je ne pense pas qu'il puisse y avoir le moindre incident entre eux. Ils sont comme soudés, unis, vers cette image d'un moi âgé, d'un moi que je ne veux pas être. Mais ce n'est pas le moment.

Planète isolée : Chapitres 41, 42 et 43

Chapitre 41

J'ai pu encore une fois me rendre invisible du ougla qui rode autour. J'ai aussi trouvé les fruits et herbes nécessaires à la survie de nous trois...

Nous trois ?! Je viens de penser cela ! Réellement ?

Je reste immobile dans la forêt, tapie au sol, mes sens à l'écoute mais mon esprit occupé. "Nous trois" est significatif. Je considère bien maintenant cet humain comme faisant partie de notre avenir, en tout cas, notre avenir immédiat. Je dois donc tenter de lui faire confiance. Mais je devrais le surveiller...

C'est idiot ! Je n'ai pas le choix. Soit je le tue, à l'encontre des préceptes de ma communauté et ma prêtresse même, soit je le libère, et dans mon état, qui plus est allant s'aggraver, je serais totalement à sa merci et je ne pourrais ni le surveiller et encore moins le maîtriser. Je n'ai pas le choix. Je DOIS lui faire confiance, pour moi et pour ma fille. Je dois lui faire confiance, pour lui aussi... Et ma fille qui ne me répond plus. Mon ventre continue à me faire mal. Est-ce que le moment est venu ? Déjà ? Bientôt, je serais incapable de bouger, peut-être même de parler..., voire d'exister. Pour ma fille !

jeudi 10 août 2017

L'isolement ultra connecté : la survie - Chapitre 4

Chapitre 4

J'accompagne le groupe de gris que j'ai calmé auparavant. L'architecte marche devant. Le groupe est calme. Il avance sans bruit, sans écart. Une atmosphère étrange se dégage de cette situation. Chacun d'entre eux est à la fois éveillé et endormi. De manière récurrente, leur regard se tourne vers moi, avec une forme de respect mais surtout ce que je pourrais nommer de l'espoir. Ainsi, ces individus incapables de se maîtriser, violents par nature même de leur dysfonctionnement, le comguide défectueux, sont pourtant en marche, avançant vers un avenir qu'ils espèrent. Et cet avenir, ils le matérialisent en moi.

Je ressens une fierté, une utilité enfin dans mon existence, qui auparavant n'était consacrée qu'à l'apprentissage scolaire. Je me rappelle les souffrances subies lors de mon internement et je n'ose imaginer les leurs. Je peux les aider, leur ouvrir le chemin pour accéder à leur conscience et leur auto-contrôle.

mercredi 9 août 2017

Courtes poésies

L'espoir nous transporte par delà nos limites
Les souvenirs rageurs sont de grands ouragans
Que notre barque doit affronter de l'avant
Poussée par les doux vents des moments d'Aphrodite

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Le chemin commence par un pas, puis un autre
Peu importe où il va, l'important : avancer
Tomber neuf fois, mais dix fois se relever
La vie nous appartient, ne peut être que nôtre

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L'hiver gronde parfois dans nos têtes émues
Savoir se préserver du froid morbide, amer
Pour retrouver au fond de soi son printemps vert
Éviter les bas-fonds, et sourire, ingénu

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La rose peut parfois se faner doucement
Mais restera gravée dans mon cœur, ma Roxane
Jamais je n'oublierais cette Lune diaphane
Qui me comblât longtemps de ses doux sentiments

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Une nouvelle vie s'ouvre devant mes yeux
Moins riche par le cœur, dévasté, esseulé
Mais plus enracinée, cherchant ma vérité
Je retrouve le lit de mon fleuve audacieux


Planète isolée : Chapitres 38, 39 et 40

Chapitre 38

J'ouvre les yeux. Je suis toujours allongée sur le sol, à côté de l'humain. Je tourne la tête lentement vers lui. Il est à nouveau endormi. Les plantes sur sa jambe ont pour effet secondaire une forme de léthargie. Il ne bouge plus, les yeux fermés. Pour la première fois, je le regarde autrement. Son corps n'est pas si horrible. Sa couleur de peau est certes pâle, mais elle n'est pas aussi hideuse comme je la voyais avant.

Je me redresse doucement. Je sens mon ventre qui me fait mal. Ma fille ! Elle est en détresse ! Elle est épuisée... C'est elle qui m'a entrainée dans ma conscience profonde. Je n'ose imaginer l'effort qu'elle a dû produire. Elle n'en avait pourtant pas la force, mais elle a réussi. Cette planète a sans doute décupler sa croissance. Il n'en reste pas moins qu'elle n'est qu'un bébé et ses forces sont limitées.

mardi 8 août 2017

L'isolement ultra connecté : la survie - Chapitre 3

Chapitre 3

Après quelques heures, l'architecte et son groupe revient. Il a le sourire au lèvres. Il se dirige droit sur moi, et Jean, le poète et le chef nous rejoignent.

  • L'architecte, avec emballement : Nous avons trouvé un lieu parfait ! Une immense grotte avec plusieurs sous-espaces. L'endroit est sec, bien qu'un cours d'eau sortant de la montagne soit à proximité.
  • Le chef : Et en termes de sécurité ?
  • L'architecte : J'ai vérifié aussi. Je me doutais que tu allais me demander ce qu'il en était. Il y a plusieurs sous-espaces comme je l'ai dit. En cas d'attaque, et si nous sommes obligés de nous replier, il y a un chemin étriqué qui mène à une autre sous-grotte, très espacée. Ce chemin est un excellent moyen de défense. Ils ne pourraient pas être à plus de un à la fois dans ce tuyau.

Automatique : la rivière de notre vie

La vie s'écoule dans un seul sens
Nos souvenirs nous font remonter le temps
Mais d'une manière impermanente
Notre vie est une rivière infinie

L'eau, nos actes, nos pensées, se renouvelle à chaque instant
L'eau est neuve à chaque instant
Nous sommes permanent mais l'eau change à chaque instant

Revenir en arrière par la pensée peut permettre d'avancer
Mais peut aussi entraver notre progression
A chacun de laisser ses pas s'enchaîner
Sans s'arrêter, continuer, avec l'espoir de faire mieux

L'eau, nos actes, nos pensées, se renouvelle à chaque instant
L'eau est neuve à chaque instant
Nous sommes permanent mais l'eau change à chaque instant

Nous sommes en permanence guidé par nos pensées et nos émotions
Mais nous ne sommes pas réduit à cela
Nous sommes plus que la raison ou des ressentis
Nous sommes plus profond que la surface de notre rivière

L'eau, nos actes, nos pensées, se renouvelle à chaque instant
L'eau est neuve à chaque instant
Nous sommes permanent mais l'eau change à chaque instant

Vivre, exister, c'est trouver l'instant présent
Ici et maintenant, sans chercher à corrompre son identité
C'est assumer ses choix, ses actes, ses mots
Sans but ni profit, avancer un pas après l'autre dans le lit de notre vie

L'eau, nos actes, nos pensées, se renouvelle à chaque instant
L'eau est neuve à chaque instant
Nous sommes permanent mais l'eau change à chaque instant

Rêver, espérer, s'émouvoir, résister, s'indigner
Ne pas suivre le dictat d'une pensée codifiée
Mais trouver la sienne, fragile et forte à la fois
Être serein, pardonner, aimer et sourire

Planète isolée : Chapitres 35, 36 et 37

Chapitre 35

Je suis toujours devant cet humain, la main sur la poignée de mon couteau. Son visage est toujours transfiguré par la peur. Je pourrais le tuer ici, maintenant, sans effort ! Il ne peut pas se défendre. Il est si faible ! Il est à ma merci ! Je peux faire de lui ce que je veux !
Mais ce qu'a dit ma fille ? La parole de la prêtresse... Et surtout, ce rêve qui m'a hanté plusieurs nuits... Cette ombre blanche qui me soignait, me protégeait... Se pourrait-il que ce soit cet humain ? Non ! Je ne peux pas laisser ma vie entre les mains de ce cafard ! Il est si horrible, cette couleur blafarde ! Il a été incapable de se défendre contre le ougla ! Il aurait pu mourir si je ne m'en étais pas occupé. Mais pourquoi l'ais-je fait ?

lundi 7 août 2017

La rose n'a plus ses senteurs d'antan

La rose n'a plus ses senteurs d'antan parfaites
Elle est figée en stase, étouffant sa splendeur
Ses épines dures sont toujours de douleurs
Et ses pétales sont des reflets de défaites

Mon amour est vivant, mais ne peut s'exprimer
La rose enfermée dans son mausolée de nacre
N'est plus accessible que par mes élégiaques
Et mes yeux ne savent que pleurer, se fermer

Mon âme se construit un nouvel idéal
Un univers où mon esprit se libérant
De ses peurs, ses émois, telle l'eau s'écoulant
Dans ma rivière azur, colonne vertébrale

L'impermanence se mêle à ma persistance
Mon égo existe mais n'est plus mon vecteur
Je ne me renferme pas, m'ouvrant aux lecteurs
J'existe enfin en moi, nouvelle résilience

L'isolement ultra connecté : la survie - Chapitre 2

Chapitre 2

Nous sortons de la forêt pour aborder les flancs de la montagne. Celle-ci est abrupte, clairsemée de quelques arbres et buissons, il n'y a pas de chemins. L'homme n'est pas venu ici. Nous montons à l'assaut des pierriers, en faisant attention à ne pas provoquer de chutes de pierres pour ceux qui sont dessous, en arrière.

Le chef regarde cet endroit avec intérêt. Il discute avec l'architecte. J'entends leur conversation, cette fois sans le comguide, car ils utilisent leurs voix.

Planète isolée : Chapitres 32, 33 et 34

Chapitre 32

Au matin, ma fille est toujours loin de moi. Présente et absente à la fois... Elle est en moi, mais elle n'est pas avec moi. Elle est toujours dans cet univers sans limite, où je n'arrive pas à la retrouver. J'ai bien essayé de replonger en méditation, telle qu'on me l'a apprise, mais je n'arrivais pas à la trouver, comme si elle était loin, nulle part et partout à la fois. Néanmoins, je ressens sa présence. Une voix calme de temps en temps me souffle : "Tout va bien."

Je m'occupe donc de chercher à manger, tant pour nous que pour l'humain. Je prends aussi des plantes médicinales, pour l'humain, mais aussi cette fois pour moi. La discussion sur ce thème avec ma fille m'a fait prendre conscience que j'en aurais besoin. Mais comment pourrais-je me les administrer ? Je ne sais pas encore...

dimanche 6 août 2017

Série de Haïku 21

La sérénité
C'est découvrir qui nous sommes
Vers autrui tourné

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Nous sommes vivants
Notre conscience, notre âme
Sont un vent puissant

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La vie est unique
La rivière qui s'écoule
Une eau symphonique

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Rivière sans fin
Pourtant toujours renouvelée
Cherchant son destin

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Admirez cet arbre
Il s'élève chaque jour
Son socle de marbre

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Sans but ni profit
Ne soyez pas trop hâtif
Pour juger autrui

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Écouter, apprendre
Savoir que l'on ne sait rien
Son égo pourfendre

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Vivre pleinement
Ses angoisses expirer
Vivre fièrement

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Ne pas être dupe
Ni béat ou innocent
Chercher la quiétude