vendredi 28 avril 2017

Un baiser

Un baiser, qu'est-ce donc ? Deux âmes qui se touche
Du bout des lèvres ou deux passions qui s'échauffent
Deux cœurs en communion, deux amants de débauche
Le baiser de Judas ou celui de la mouche ?

Un baiser si chaste que les lèvres se ferment
Un baiser tendre où l'on respire l'autre souffle
Un baiser fougueux où les langues s'emmitouflent
Un baiser rageur avec morsures du derme

Un baiser du présent, tendre ou bien cruel
Un baiser du passé, souffrance ou bien merveille
Un baiser du futur, espoir ou bien éveil
Un baiser de rêve, quel est le plus réel ?

Il peut être doux ou il peut être tornade
Peut être silencieux ou être gémissant
Il peut être honnête ou bien désespérant
Il peut être la vie ou sonner la camarde

Mon baiser est amour, sans filtre et sans détour
Jamais plus, si fier, si beau, ne verra le jour

Le silence de mes nuits

Le silence de mes nuits se remplit des rêves
Les tempêtes peu à peu laissent place au calme
La douleur, l'abandon sans cesse se déclament
Dans mon esprit troublé mais leurs forces une trêve

Mon imagination est ma vraie existence
Belle ou triste, c'est un voyage sublimé
Qui tranche avec la vie quotidienne, éveillé
J'y suis compris, aimé, sans souffrir de l'absence

Peu importe le temps, je suis toujours blessé
Mon cœur saigne le long de ces lignes noircies
Mes veines, ces pages, empêchent cet oubli
Je veux me souvenir de ce bonheur passé

Pouvoir me replonger lorsque ma raison flanche
Dans ses rivières où coulent mes sentiments
Pour retrouver, nu et sans décors apparents
Mes ressources et être encore une âme blanche

Ce silence est le bruit de mes passions écrites
Dont le vacarme est bien plus fort que cette vie
Dévastée, sans attrait, il porte mes envies
Mes espoirs, illusions qui jamais ne s'effritent

jeudi 27 avril 2017

Souvenir de ma main dans ta main

Souvenir de ma main dans ta main, tout tremblant
Le premier rendez-vous, les yeux droits vers l'écran
Ses secondes ou ses minutes immobiles
Nos cœurs battant si fort, le temps figé, paisible

Un regard, nos têtes se faisant face enfin
Le tout premier baiser, doux, léger, enfantin
Ton parfum exaltant, tes lèvres de rosée
Nos corps s'échauffant et nos yeux de se parler

Puis nos bras s'enlaçant, chastes mais amoureux
Nos corps passionnés et nos âmes sous le feu
Nos langues se goutant, un désir si puissant
Ton cou embrassé et nos souffles impatients

Puis le retour au calme, emplis d'une grand bonheur
Nos mains toujours unies, contemplant cette fleur
Notre rose rouge, symbole d'un futur
Qui se dessinait là, sans un bruit ni murmure

Après quatre années amis, délivrant notre cœur
Pour une promesse d'une vie de douceurs

Ces instants sont gravés dans ma mémoire émue
Cet Amour, ce bonheur maintenant disparus

Une bougie d'espoir

Ce monde n'est pas le mien, ne le reconnais pas
Les humains n'ont pas leur place ans ces instants
Leurs âmes sont niées, leurs cœurs serrés, absents
Le profit est le seul dieu comme seul dictat

Et la nature qui nous entoure se meurt
Elle souffre comme les vrais humains, brulant
Elle disparait face aux forces de l'argent
Les deux sont dévastés, en quête d'une fleur

Pour les deux, je me bats comme je peux, fragile
Je ne cherche pas la guerre bien trop sanglante
J'ai foi en l'exemple, pour que la vie enfante
Sans souffrance l'espoir aux cœurs ouverts fertiles

Même si inutile aux yeux des biens pensants
Ma poésie est ma façon de résister
Face à l'absurdité d'un univers souillé
Une bougie pour moi mon chemin éclairant

Si par magie sa flamme éveille d'autres cœurs
Le papillon pourra ses ailes déployer
Respirer, espérer et vivre enfin entier
Dans un univers où les âmes n'ont plus peur

mercredi 26 avril 2017

Ego-Journal 63

Le bonheur, il n'est pas pour moi car il faut être deux. Être heureux, à part des moments fugaces, comme avec mes enfants, il ne sera jamais rémanent, car il est conditionné aussi, pour moi, au bonheur. Écrire, pour moi, c'est prendre un risque mesuré d'exposer ce que je suis, ce que je ressens, tout en prenant cette forme de distance sur soi-même, via les règles imposées (orthographe et grammaire autant que possible, codes de la poésie, ...) ou tout simplement cette distance que les mots écrits sont un instant T de ma perception de ma vie, de mon être.

La rose enchassée

Enchâssée entre deux pages de poésies
La rose déterrée, coupée de toute vie
Garde pourtant toutes ses couleurs d'un rubis
Et mes yeux de la voir sont sans cesse ravis

Elle appartient à mon passé las révolu
Mais elle offre encore en rêve ce qui fut
De tendre souvenirs entre mes mains émues
Mais ne peux la toucher pour la préserver nue

Le moindre mouvement la rendrait en poussière
Alors je la regarde amoureux, en prière
Et je me rappelle toute ma vie entière
Laissant tout le côté sombre pour la lumière

Puis refermant ce livre en toute précaution
Je le range en mon âme en pleine dévotion
Jamais je n'oublierais cette rose passion
Elle fut, restera toujours mon horizon

Tout le monde à son démon tapi en soi

Tout le monde à son démon tapi en soi
Il se nourrit de ces passions abandonnées
Sur le chemin de vie, dévasté, isolé
Il pousse à s'enfermer et à perdre la foi

Mais il peut être aussi l'instrument d'un futur
Une fois affronté ses peines, ses sanglots
Il aide à reconstruire insoumis son égo
A remonter le temps, pardonner notre impur

Le poète s'appuie sur son frère morbide
Pour échapper à sa condition nihiliste
Et éveiller son âme aux jours nouveaux si tristes
Pour exalter son cœur, le sortir du sordide

Le Spleen existe si l'Idéal est vivant
Les mots coulent, torrent de cicatrices nues
Sur le papier noirci, sa raison en est émue
Et peut à peu l'espoir le pousse vers l'avant

Et ce démon devient son sombre compagnon
Toujours présent, toujours sifflant ce noir soupir
Mais transformé par un alchimiste en désir
Lendemain sans bonheur mais gardant sa raison

mardi 25 avril 2017

L'aigle noir s'est caché derrière la montagne

L'aigle noir s'est caché derrière la montagne
Il n'est pas loin et me surveille à l'occasion
Mais son ombre éloignée, je ressens mes passions
Qui remontent à la surface de mon crâne

Bien que je sente sa présence autour de moi
Ma liberté s'affirme un peu plus chaque jour
Il est possible qu'il surgisse en un détour
Et vienne s'emparer de mes sombres émois

Mais je suis décider à bien lui résister
Sera-ce suffisant pour de lui me sauver
L'avenir le dira. Enfin je peux rêver
Espérer que je puisse enfin lui échapper

Je sais qu'il restera toujours tapi dans l'ombre
A attendre un faux pas pour mon cœur lacérer
Et même si ma vie est tristesse, isolé
Je me plais à croire sortir de la pénombre

Je devrais me battre pour affronter le sombre
Qui fut toujours en moi, ce démon demi-frère
Mais mon existence se doit de fuir l'enfer
Retirer mes chaines, m'enfuir de mes décombres

L'hiver peut à peu se tait

L'hiver peut à peu se tait, les frimas perdus
La terre s'échauffe, promesse d'amour
Mais elle est timide, son futur un soupir
Un si léger souffle qu'il n'est pas entendu

Les gelées persistent comme autant de poignards
Enfoncés en son sein, et tuant à la source
Tout espoir, toute vie de reprendre la course
Du temps, se recyclant, ne plus être un bagnard

Et pourtant la chaleur réveille ses ressources
Tirées par le Soleil, les bourgeons apparaissent
Les pollinisateurs s'impatientent, paressent
Attendant que les fleurs s'ouvrent, offrant leur source

Mais le climat est rude et peut tout arrêter
Le futur s'éclipser sous pluies de grêles
Un monde s'effondrer, gels suivis de dégels
Mais le printemps se bat, il se doit d'exister

Pour la vie, pour la mort, il résiste toujours
Buisson après buisson, fleur après floraison
Il ne veut rien lâcher, il fixe l'horizon
C'est la saison nouvelle et l'espoir chaque jour

dimanche 23 avril 2017

Instantané

Oublier, je ne peux
Pardonner, je le veux
Être aimé, je ne sais
Amoureux, c'est un fait

Espérer, je le dois
Survivre, m'y emploie
Exister, ma survie
Et rêver, asservi

L'avenir, incertain
La présent, sans entrain
Le passé, sa présence
Souvenirs, ma démence


Automatique : Le dragon

Le dragon s'envole et attrape l'oiseau noir pour l'emmener le plus loin possible
Le dragon, de son feu éternel, s'est emparé de mon cœur et le protège
Il est d'une puissance que je ne peux contrôler mais qui éloigne mes démons
Mi ange, mi démon, il n'est ni beau ni horrible, il est simplement

Je m'accroche à son dos et voyage au-dessus des paysages dévastés
De mes terres brulées, des mes récoltes détruites, de mes futurs évanouis
Peut-être m'emportera-t-il loin de cet environnement morbide
Et me fera-t-il rencontrer des êtres majestueux

Il peut tout aussi bien m'attirer dans son antre, profonde et sombre
M'enfermer dans ma prison mentale, aux gardiens aveugles à me souffrances
Pour seul repas, les déliquescences de mes états d'âmes égotistes
Ou au contraire m'élever près du Soleil et me réchauffer

L'hiver avec lui n'a plus d'importance, je sens le vent dans mes cheveux
Ma tête se libère de ses entraves, de ses chaines poussiéreuses
De son regard, il éloigne les noirceurs, pour le moment
Mais s'il me dépose un jour, ne serait-je pas abandonner dans mon marécage

Je vis, je meurs, je suis épris et je pleure
La solitude physique n'est rien face à cette isolation sentimentale
Avoir cru en ce mot que tous les poètes ont porté aux nues : l'amour
Et maintenant découvrir qu'il n'est qu'une illusion, en tout cas pour les autres

Avoir construit toute ma personnalité sur cette quête impossible
Et comprendre qu'elle n'a pas de sens dans ce monde là
Quelle est ma place ? Quel est mon but ? Toujours le même !
C'est pourquoi je chevauche mon dragon, toujours plus loin

L'amour tatoué

L'amour n'est pas unique, et certains l'envisagent
Comme possiblement multiple et nouveau
Le chemin de ma vie m'a lié deux visages
Pour autant, les deux n'ont pas le même niveau

Mon premier "amour" fut Emmanuelle, un ange
De mon adolescence, épris d'un doux mirage
D'un charme, timide, platonique et étrange
Sans retour et secret, folie et sans dosage

Puis j'ai rencontré plus tard, adulte, ma femme
Celle de ma vie. Elle avait des points communs
La beauté, le charme, et cette petite flamme
Qui m'a consumé des années en sous-marin

Il m'aura fallu des années pour que j'avoue
Cet amour adulte, fou, infini, pour elle
Les années suivantes furent mon garde-fou
Un univers parfait, j'étais enfin réel

Ces deux amours ne sont pas de la même forme
Le premier était une illusion de l'esprit
Mon âme en construction, et mon corps si difforme
Je l'ai toujours en moi, un idéal inscrit

Mais l'amour de Roxane est d'une autre nature
Il est complet, vivant, englobant cette autre âme
Il n'est pas irréel mais construit et mature
Il prend en compte les qualités et les drames

Mais les vents de la vie l'ont éloigné de moi
A la différence du premier, sans limite
Il est tatouer dans mon âme, et l'effroi
De sa perte ne le tuera jamais, faillite

Mon cœur est prisonnier à jamais de son âme
Je ne pense pas un jour trouver le sublime
Qui me ferait changer et replonger ma lame
Dans cette passion folle, éloignant mon abîme

Peu importe les vents contraires, elle vit
En moi et restera cette flamme infinie
Qui illumine tous mes rêves et mes nuits
Devrais-je devenir fou, solitaire, enfoui

Malgré la distance, elle demeure mon centre
Imaginaire et vrai, mes racines fragiles
D'un monde du passé mais portant dans mon ventre
Mon avenir brûlé et mon seul évangile


samedi 22 avril 2017

Titre provisoire : l'isolement ultra connecté 18/ (chapitre 20)

Chapitre 20


Me voici donc dans cette chambre, qui ne ressemble plus à une prison, même si je ne me fais aucune illusion quant à ma pseudo liberté. La porte a beau être ouverte, je me doute que la sortie au bout d'un de ces couloirs ne l'est pas. Je me doute aussi que des caméras, plus discrètes, sont placées ici et là. Je ne dois donc pas relâcher mon attention. Rien n'est fait encore. J'ai passé un cap, certes, mais que m'attend il encore ?

L'amour est éternel

L'amour est éternel, pour certains comme moi
Fusion de deux âmes, regardant vers leur futur
Le couple ne l'est pas, plongeant dans un effroi
L'autre qui ne peut pas tuer de ses mains pures

Cet engagement pris, épris d'un idéal
Même si c'est être seul pour les lendemains
Jusqu'au souffle dernier, la rose sans pétale
Dont le doux parfum est enfoui dans cet écrin

Ce n'est pas vivre dans le passé, ressassant
Les souvenirs émus, c'est être enfin fidèle
A ses rêves mêmes impossibles, souffrant
Mais exister au plus profond, rester rebelle

Avancer quand même, sans être vraiment seul
Puisque cette autre âme est et restera là
Présente dans son cœur, sans espoir mais non veule
Accompagnant chacun des instants d'un éclat

Automatique : L'arbre de vie

Le boisseau de l'arbre se fend sous le vent de la raison.
Il fut plié par les désolations amoureuses, fruits d'un Éden perdu.
L'outrage fut tel que l'agent de propreté intellectuelle
A balayé les feuille des espoirs déchus.
L'Ange placé sous son ombre est assommé de honte.
Ses ailes repliées, il imite l'autruche, enfouissant dans la terre ses souvenirs.
A côté de lui, la taupe creuse et en déterre quelques uns,
Croisant au passage quelques vers mal alignés.
La terre est meuble et enfouit dans ses entrailles la moindre trace du passé décomposé.
Il faudra attendre l'hivers, la saisons morbide où le sol est gelé,
Ou l'été, saison de passions inassouvis sur un tapis asséché.
L'Ange se redresse et s'enfuit, à pied, la tête baissée, le ventre serré, les jambes tordues.
Sur sa tête on discerne les prémisses de sa malédiction,
Deux pointes cornues qu'il tente de cacher sous un chapeau.
L'arbre, au loin, n'en finit pas de s'éparpiller,
Faisant fuit les traces de vies qu'il abritait.
Bientôt il ne restera qu'une souche dont les racines sont éteintes.
Puis le désert s'emparera des dernières traces d'une vie dissoute,
où le seul mouvement sera le bruit du vent sur le sable fouettant le reste du tronc.
L'Ange est est parti, le vide a rempli sa place.

Arrête-t-on un jour d'être un enfant

Arrête-t-on un jour d'être un enfant épris
De rêves et d'amours impossibles parfois
Devenir adulte signifie-t-il effroi
De ne connaître que les chiffres et les devis

Pourquoi ne plus rêver lors que c'est notre vie
Le moteur si puissant qui nous pousse à agir
Pourquoi ne plus aimer, jusqu'au dernier soupir
Même seul, isolé, et rester insoumis

L'enfant ne connait pas les limites des cases
Dans lesquelles on nous enferme en tant qu'adulte
Il imagine des histoires et discute
Tout ce qu'on enseigne sous de pompeuses phrases

L'enfant est liberté, l'adulte est prisonnier
Je refuse de nier ma propre indépendance
Je veux pouvoir choisir d'entrer dans cette danse
Garder mon libre arbitre en tout temps et entier

Je ne répondrais pas peut-être à vos canons
Agissant par instinct et selon ma conscience
Mais je sais qu'en ma vie j'aurais gardé confiance
Tourné vers l'avenir et non le temps qui fond

vendredi 21 avril 2017

Le silence

Le silence est l'essence absolue de beauté
Point de musique sans un espace entre notes
Point de conversations sans un temps écouter
Point d'amour sans moment par les yeux se transporte

Le silence n'est pas toujours l'isolement
Combien de fois les mots n'apportent que conflits
Combien de fois se taire allège les tourments
Combien de fois muet renforce l'empathie

Le silence est un son troublant proche du vide
Mais il peut soutenir les âmes esseulées
Mais il peut apaiser les tornades arides
Mais il peut rassembler un peuple dévasté

Le silence parfois est la timidité
Pourtant il est aussi la preuve d'un respect
Pourtant il pousse aussi à enfin s'exprimer
Pourtant il crie aussi la révolte aux aguets

Le silence n'est plus des mots mais des idées
Le silence que nos pensées peut libérer

Les quatre saisons

L'hivers se disperse mais le printemps attend
La douleur fait place à un espoir embrumé
Les bourgeons ne sont pas encore là exhumés
Mais la sève coule à flot, la vie transportant

Quelques névés de ci de là forment des blocs
De résistance, aveux de souffrances amarrées
Le Soleil en viendra bien à bout in fine
Ses glaciers si petits ne sont rien, il s'en moque

La décomposition du passé vient fleurir
Les tombes délaissées vers un nouveau visage
L'histoire s'apprête à prendre de lourds virages
Rien ne peut se figer, il faut vivre ou mourir

La mort d'un ancien temps est la naissance d'autres
Tout est transformation, préparant à l'été
Le summum de la vie et de la liberté
L'esprit se baladant, messager tel apôtre

Même si l'automne reviendra nous hanter
Brisant l'effervescence ancrée dans nos amours
Puis l'hivers nous glacer et sans aucun recours
Le printemps reviendra poussant à espérer

Titre provisoire : l'isolement ultra connecté 17/ (chapitre 19)

Chapitre 19


Après mon repas du matin, les deux beiges viennent à nouveau me chercher et m'emporter sur mon fauteuil roulant, ma charrette de condamné vers cette salle où mon jury m'attend. Ils sont bien là, patientant toujours sans aucun mot d'accueil, toujours avec la même disposition, Jean le beige à droite, la femme beige au centre et le dernier beige à gauche.
Je suis si impressionné, je ressens à nouveau cette gêne dans ma tête, que je n'ose rien dire. Je comprends que cet état m'est imposé, il fait partie des conditions de l'examen : en mettant dans une situation inconfortable, il me pousse dans mes retranchements.

jeudi 20 avril 2017

Ego-Journal 62 :

Parfois je me cherche et je me perds de vue. Ma méthode n'est sans doute pas comprise ou acceptée, mais c'est pour le moment la seule que je connaisse. Je cherche, depuis toujours, à donner un sens au monde qui m'entoure, à ma propre vie. Pas seulement sur plan philosophique, mais aussi pragmatique, tel comment aider quelqu'un que je connais qui a des problèmes. Mais j'ai une grande difficulté : je ne sais pas communiquer, ou plus exactement, je ne sais pas décoder les humeurs et messages transmis par les autres via leur expression corporelle ou leur visage, voire même le ton de la voix.

S'ouvrir au monde

S'ouvrir au monde quand ne sait communiquer
Faire des rencontres quand le vide m'entoure
Sourire à la vie quand je me sens condamné
Plaisanter, rire quand mon esprit est si sourd

Je ne peux accepter ce viol de mon présent
Pour retrouver force et stabilité j'écris
Mon âme se livre et expulse par tout temps
Mes démons, ma souffrance et peu à peu guéri

Ma survie en dépend, ces lignes maladives
Peuvent déplaire à des lecteurs, m'isolant
Mais se reconstituer après ces pluies nocives
Cet être démantelé me porte au nouveau vent

Ma barque devenu navire prend la mer
Sans crainte et sans honte, le capitaine à bord
La barre vers l'orient, s'éloignant du désert
L'espoir un peu forcé mais refusant son sort

L'écume est forte et se fracasse sur ma proue
Collé au bastingage, attaché à ma vie
Je tente en ses lignes de rester, là, debout
Les yeux rivés vers le Soleil de mon esprit

Joyeux Noël et Bonne année, je m'en vais

Un après-midi de Janvier si froid et sec
Pour me souhaiter la bonne année, elle a dit
"Je ne t'aime plus et je veux", d'un ton sans vie
"Divorcer, te quitter", en saignant notre échec

Le ciel s'est abattu sur moi, tels les gaulois
Mon esprit, ma raison ont empalé l'instant
Ne cherchant pas secours mais préserver un temps
Mon déséquilibre, la fureur de l'émoi

Satisfaite à tort de ma réaction rationnelle
Elle a avoué plus encore, son mépris
Immobile, statue, j'ai enfermé mes cris
Pour un temps, pour un temps seulement dans un gel

Les heures et les jours qui ont suivis, enfer
J'ai tout tenté, en vain, pour la récupérer
Mon cadeau de Noël fut d'être dévasté
Et ses reproches si nombreux, imaginaires

La vie réserve des surprises bien malignes
Des cancers si profonds et soudain qui soulignent
La fragilité de notre existence infime
Je suis et resterais sans doute cette abime

Vague et divague

Fuir, mais fuir quoi ?
Fuir, mais fuir qui ?
Rêver de quoi ?
Rêver de qui ?

Espérer un futur ?
Espérer un amour ?
M'enfermer dans mes murs ?
M'enfermer pour toujours ?

Abandonner mon espérance ?
Abandonner mon avenir ?
Me raccrocher à l'insouciance ?
Me raccrocher aux souvenirs ?

M'évader des douleurs, des remords, de l'étau ?
M'évader d'un monde sans suivie dans la nuit ?
Survivre quelque soit le prix de mon fléau
Survivre pour être, pour sortir de ce puis

Ne rien lâcher, jamais et vivre
Ne rien lâcher, toujours rêver
Puiser ma force en mes noirs livres
Puiser ma force, avoir été

Réveiller mon esprit
Réveiller mes désirs
Me lever via l'écrit
Me lever sans soupir

Courir ma vie
Courir ma quête
Créer l'envie
Créer, poète

L'avenir incertain dévoile plusieurs portes

L'avenir incertain dévoile plusieurs portes
Dont chacune détient un destin différent
Les choix que nous avons nous ouvrent de la sorte
Des chemins imprévus emportés dans le temps

Ces choix forment la vie, ouvert sur l'inconnu
La découverte émue de nouveaux paysages
De nouvelles personnes aux âmes reconnues
A nous de trouver la beauté qui s'en dégage

Il n'y a pas de bons ou mauvais choix en soit
Seule notre éthique, nos valeurs et notre âme
Dans un monde futile, enrôlé mais sans arme

mercredi 19 avril 2017

Automatique : L'hivers est parti et pourtant

L'hivers est parti et pourtant je le vois toujours en moi
Rien n'y fait, je rebondis tel un cabri, mais je me plante tel un albatros au sol
Je n'ai rien de beau ni de majestueux, une statue de marbre qui pleure
Sans mes bras, telle la statue du Louvre, mais sans elle, je ne plus embrasser

Mes lèvres sont sèches du tabac qui encrasse mes poumons
J'avance sur un chemin rocailleux, mes pieds en sang
Je tombe à genoux, mais je me redresse encore et encore
J'avance vers un océan en pleine furie, où les vagues me fouettent

Je survie mais depuis longtemps je n'existe plus
Où vais je retrouver le sens de cette stupidité
Affoler par mes secousses du matin, ces rêves d'un futur froissé
Papier jauni d'un passé brulant mes espérances

Et pourtant je veux, je désire mais ce double, prince noir m'étreint
Ses ongles sont acérés et il me fixe de son regard dans le miroir
Que sont devenus mes passions, mon avenir
Je voudrais être fort et fier, mais je ne suis que l'ombre de moi-même

Je sais que demain sera un autre jour, une autre nuit
Un coup de pied au cul, si je suis assez souple, me poussera encore
Mais je vois les abysses sous mon océan, et ma barque continue de prendre l'eau
J'écope mes tristesses, ma solitude, je survie comme je peux

Que dire à ceux que j'aime, à mes amis quand ma tête explose en milles morceaux
Dispersion d'une étoile après son explosion finale, super nova
Je n'ai rien de super, je suis plutôt un trou noir, une singularité quantique
Où aucune loi de la physique, quantique ou Newtonienne, ne se complet

Je me disperse et me concentre, dans l'espoir de me retrouver
Je me concentre et me disperse, dans l'espoir de m'oublier

Demain ? Mais ne faut il pas vivre maintenant ?
Hier ? Je n'ai pas le pouvoir de réécrire l'histoire
Aujourd'hui ? Encore une journée à mentir, statue de marbre
Accomplissant mes tâches officielles, robotisé

L'amour était mon moteur, même imparfait, même incompris
L'amour était mon sang qui coule dans mes veines
L'amour était mon bateau aux voiles grandes ouvertes, stable par tout temps
L'amour viendra-t-il à nouveau, qui voudrait de cette bête immonde

Oublier, pardonner, et me projeter, oui, je comprends
Mais si ce qui est devant moi est un gouffre de laves, de larmes renfermées
Mais si ce qui m'attend est un chemin de croix, alors que je n'ai aucune valeur
Qu'aurais-je à démontrer, A qui je pourrais plaire et avec qui construire

Encore un de ses matins où mes rêves m'ont réveillés pris dans ma toile d'araignée
Où celle-ci attend de déguster chacun de mes frissons effrayé
Où celle-ci attend que je dégouline de mes larmes pour m'absorber
Encore un de ses matins où je vais devoir lutter pour me réveiller

Et vivre
Et vivre
Et peut-être un jour exister
Et peut-être un jour aimer

La belle et la bête

La belle et la bête fut toute mon histoire
Elle, magnifique, mère mais aussi femme
Meurtrie par une brute, enchainée par ce drame
Ne pouvant entrouvrir ses ailes de l'espoir

Lui, sinistre et sombre, bien caché sous l'humour
Enfin unis, tentant de soigner sa belle âme
Lui redonner confiance, à son bras être dame
Ce malgré ses défauts, lui donner son amour

La belle l'a quitté, envie de liberté
La bête espère que ce départ signifie
Que peut-être ses soins tremblants ont réussi
Tout maladroit qu'il est, à la faire rêver

Elle vit son chemin, détacher de ce poids
Une nouvelle vie s'ouvre devant ses pieds
Lui est retranché dans sa grotte, si mouillé
De ses espoirs déchus, de son cœur aux abois

La bête se replie sur lui-même, blessé
Mais il voit la beauté du voyage nouveau
Qu'entreprend la belle, quittant ce noir caveau
Il s'oublie et perçoit l'avenir se tracer

Mon vieil ami, l'oiseau noir

Mon vieil ami, l'oiseau noir plane autour de moi
Muet depuis longtemps, conserve son silence
Son regard aiguisé attend quelques émois
Avant de s'abattre sur ma triste démence

Ses serres acérées veulent déchiqueter
En lambeaux mon cerveau, éparpillant aux vents
Mes rêves les plus fous, ces désirs d'être aimé
D'être heureux, rêves devenant mes tourments

Son ombre me glace mais je ne le crains pas
Il est une partie de mon humanité
Il est mon vieux frère, ne me quittera pas
Du plus profond de ma mémoire, il a été

Je ne fus jamais seul mais sa présence était
Une souffrance enfouie dans mes tripes, mon cœur
Parasite aliéné, il se nourrit des plaies
Que ma vie ne cesse de créer, mes douleurs

Je n'ose le fixer de mon regard perdu
J'ai trop peur de me voir comme dans un miroir
Et de perdre le peu de raison dépourvue
De défenses sures, et de perdre l'espoir

Alors si je continue d'avancer sur mes terres
Ignorant son survol, peut-être lâcheté
Mais un pas après l'autre, espère que l'enfer
S'éloignera de moi, pour enfin exister

mardi 18 avril 2017

Ego-Journal 61/

Après une semaine de retrait de ce monde étrange auquel je ne comprends pas grand chose, en compagnie de mes enfants, de mes parents (et de quelques amis via Internet), je me sens regonflé à bloc. J'ai l'impression d'avoir rechargé mes batteries. Et pourtant...
Mon esprit ne peut se résoudre à approuver cette situation, mon cœur saigne toujours autant, mon âme est perdue. Je n'ai pas à me plaindre, je suis entouré (de loin), j'ai un travail (tout le monde n'a pas cette chance). Et pourtant...

L'ange s'est envolée

L'ange s'est envolée très loin de mes contrées
L'ombre de ses ailes ne me réchauffent plus
Son parfum de rose s'est enfui, effacé
Son aura est partie le plus loin de ma vue

Des souvenirs aimés se rappellent à moi
Comme autant d'armées se cachant dans ma vallée
Prêtent à fondre sur mon village sans émoi
Mes remparts fortifiés tiendront pour résister

Le Soleil brille autour de ma cabane grise
Mais ses murs sont épais et reste froid dedans
Afin de compenser la chaleur de l'emprise
De douces émotions qui brule mon néant

La Lune ajuste ses rayons d'un bleu reflet
Sur mon corps isolé, m'enveloppant d'un drap
Tendresse érotique pour une âme apeurée
Pour me réconforter d'un amour d'apparat

Les sentiers de terre conduisant à ce monde
Sont embourbés, glissants, mais j'entreprends ma course
Peu importe quand, où, pour découvrir ma blonde
Non celle du passé, replonger dans ma source

lundi 17 avril 2017

Titre provisoire : l'isolement ultra connecté 16/ (chapitre 18)

Chapitre 18


Deux beiges rentrent dans ma pièce à la lumière tamisée et isolée des éléments extérieurs. Ils s'approchent de moi, détachent un à un mes liens, avec précaution, comme s'ils redoutaient que je me jette sur eux tel une bête sauvage soudain libérée de ses entraves. Aucune communication ne parvient d'eux. Je ne dis rien moi non plus. Le test commence...