jeudi 26 avril 2018

Un corps sans lien

L'amour n'est pas une histoire qui finit mal
C'est une tragédie où certains sont comédiens
Où certains ne savent pas qu'il s'agit que d'un bal
Où la maison détruite abrite un corps sans lien

L'amour n'est pas une envolée lyrique aux sont enivrants
C'est une série de silences plus intenses qu'un tambour
Où les sons sont des mots plus durs que l'âme, gisant
Allongé sur son tombeau vivant sans aucun recours

L'amour n'est pas un tableau féerique aux milles couleurs
C'est une nature morte aux teintes de noirs multiples
Où les ombres sont des fantômes de douleurs
Où le clair obscur laisse place à un paysage inaudible

L'amour n'est pas un moment partagé, un chemin doré
C'est un désert noyé sous la méditerranée qui coule
Emportant avec elle l'esquif d'un marin évaporé
Dans ses brumes, s'éloignant de la vie, de la foule

L'amour n'est pas un instantané, un temps T qui s'enfuit
C'est une éternité qui ronge le corps comme un cancer
Ce n'est pas une maladie, juste un Soleil à minuit
Un hivers en été, des mots doux saccagés en enfer

L'amour existe mais n'a pas de chair, un désespoir
Entretenu par des phrases qui résonnent devant une falaise
Le pas prochain sera-t-il le dernier, après la préhistoire
Les écrits d'un sang coagulé sur les murs, la Javanaise


mercredi 25 avril 2018

À nu

Mon coeur, repose ta douleur dans mes mains
Mes peurs, déposent ta fureur dans le vin
Non celui spiritueux mais celui spirituel
Non celui si vaporeux mais celui sans visuel

Mes mots, viennent chercher la racine de mes maux
L'écho d'une histoire aux chemins rocailleux ou beaux
Inscrivez les images d'un temps passé
Les sonnets d'un mirage aux vents trépassés

Que la spirale redevienne un cercle vertueux
Que mes dédales se souviennent du verbe heureux
Le regard tourné vers l'infini humanité
La Lune argentée sur tous ces lacs reflétée

Le temps n'a plus aucune importance
L'instant présent est une évidence

Les pleurs ne sont que quelques gouttes
Qu'effleure mon fleuve sans joute
Le passé nourrira peut-être encore de ses limons mes terres
Le futur renaîtra d'un être au corps émacié, loin de l'enfer

Les regards, les faux semblants peuvent tournoyer
Sans fard, sans écho, jamais plus se fourvoyer


Mon fragile roi

Lorsque les vagues meurent
Ensablées, asséchées
Les fonds marins demeurent
Juste quelques pleurs clefs
D'un passé imparfait
Effacé

Lorsque les vents s'affalent
Au dessus des marais
L'azur n'entend ce râle
L'océan si discret
L'éther est sans regret
Ni secret

Mon roi, relève-toi, fragile
L'effroi, fuit ce cœur imbécile
Cristal, loin des peurs ancestrales
Laisse ta cathédrale
Mémorial

Vit cet instant présent
Une myriade de chemins
Fermés aux courtisans
L'univers dans tes mains
La vie couleur jasmin
Paladin

La terre te soutient
Ton rivage
Tes mots, je m'en souviens
Loin d'un mirage
Loin de l'orage


mercredi 18 avril 2018

Fonds, si lents, si eux

Les émotions et les pensées se meuvent comme des vagues
Elles ondulent au grès du vent et des marées
La blanche écume est l'ego, la branche que l'on élague
Si l'on veut retrouver le calme épuré

Les fonds abyssaux ne cachent pas de monstres géants
Fruits de nos peurs et de notre imagination
Ils sont fluides et stables, insensibles aux mouvements
De cette surface, à mille lieux de cette agitation

Plonger tout au fond n'est pas une disparition
Mais une redécouverte des instants présents
Entre deux eaux on contemple les rayons ardents
De la vie, non solitaire, un voyage de désillusions

Le noir n'existe pas sans la lumière même indicible
Le vide ne s'oppose pas au trop plein, le complétant
Sans se perdre, on se retrouve comme invincible
L'isolement s'efface, ouvert au monde émouvant

Écouter le silence des profondeurs est une symphonie
Où l'âme reprend contact avec l'être vivant
Parler, mais dire vrai, sans jugement ni folie
Un espace de liberté ouvert à tous les vents


Là où tout s'agite
La compassion sans limite
S'exprime au graphite


mardi 17 avril 2018

L'interdépendance

Si la mer était colère
Je soupirerais une prière
Si le Soleil était fureur
Je limiterais ma peur

Si les vagues étaient des pleurs
J'humidifierais mes heures
Si la terre était mortifère
Je me lèverais sans fer


Jeter un profond regard sur soi
Pour clarifier la source de nos émois
Observer la Lune et ses reflets
Comprendre la nuance entre ressentis et faits


Les saisons se succèdent en tableaux
Ni bons, ni mauvais mais juste beaux
Le froid, la chaleur, les bourgeons, le dénuement
Je les accueillerais sans truchement

Les vies s'enroulent dans leur vision étriquée
Je préférerais observer l'équité
Les hurlements et les silences sont fanés
Lorsque je les entendrais, instantanés


Se connaître pour apprécier l'autre
Pour l'écouter et ne jamais être apôtre
Inspirer le même air que toutes vies
Apprendre à dépasser ses envies


La fleur abonde en nectar
Pour l'abeille oubliant son dard
L'interdépendance des espoirs
Nourrit l'une et l'autre sa mémoire



samedi 14 avril 2018

Cérémonie de l'âme

L'eau puisée dans la source, instant présent
Le brasier s'en empare, opposition des éléments
Le thé se fait mousse dans le bol par l'effort
Rien ne perturbe ce moment, quelle métaphore

L'être échauffé doit retrouver ses racines
Il doit se débarrasser enfin de ses toxines

La pluie s'abat doucement dans le récipient
Et la poussière donne vie aux voix psalmodiant
Un refrain intérieur dans un silence absolu
Les gestes sont précis, sans superflu

Le contenant vide se remplit d'un univers
Libérant l'éther loin de tout calvaire

Le parfum se dégage, enivrant les papilles
Avant même que les lèvres ne s'écarquillent
La tasse transmet la sérénité de l'artiste
Un rêve amer et pourtant élitiste

Comme la sève se nourrit du sol et du Soleil
Le bonbon sucré vient tempérer le réveil

La chaleur réchauffe les mains et les yeux
La couleur verte profonde et sombre émeut
La nature se révèle dans une éternité
Le temps de trois gorgées transmutées

L'amer se répand dans la douceur
La douleur s'épanche en l'âme soeur


vendredi 13 avril 2018

La brume

La brume cache les océans tumultueux des pensées inondées
Et nos pieds avancent vers la falaise, sans connaître leur lendemain
La brume s'empare de nos temps si envieux, ces étals achalandés
Et nos mains se perdent dans un malaise répandu sur un parchemin

A coup de sabre, où l'encre remplace le sang bruni répandu
Où les corps ne sont qu'éther
A coup de marbre, où le tombeau ne recèle le fruit défendu
Où l'effort nous sort de terre

Prostré en tailleur face à son mur si poli de nos illusions
L'eau de vie là bouillonnant
Impassible mais ailleurs, l'esprit en perpétuelle réclusion
L'eau rouge ici crayonnant

La brume s'évapore à la Lune aux milles reflets interpénétrés
Et mes yeux cherchant un chemin qui ne soit sans issue
La brume s'accumule en mes yeux, temps chronométré
Et mes lèvres des catins revêtant un pardessus

A-coups de raison aux figures géométriques infinies
Le réel se dispersant
A bout de souffle, le corps enchaîné se perd dans l'androgynie
Mon être déliquescent

Portés par le courant, les phénomènes se dispersent partout
Hier avec ce Demain
Il n'y a plus que maintenant où le temps n'est qu'un bijou, tabou
Et redevenir humain

La brume est l'extension de mon âme dans ce bel espace illimité
Et mon cœur s'allie avec ses partenaires pour aider la renaissance
La bure devient un habit pâle que rien ne saurait déshabité
Et non ce moi mais l'être quinaire, se confondant dans l'opalescence


lundi 9 avril 2018

Senteur de l'être

Le cerisier voit ses bourgeons renaître après l'hiver
Il se dresse, seul, au milieu du jardin arrangé
Droit, fier mais vivant, son tronc cachant l'orangé

Les nouvelles pensées convertissent la chaleur nouvelle
De ce zénith lézardant le long de ses feuilles verdies
Rien ne saurait l'empêcher de se relever enhardi

Une à une, les pétales se présenteront à l'astre Solaire
En bouquets roses et parfumés, illuminant les regards
Des enfants, quelques soient leurs âges, au hasard

L'hanami se fêtera encore dans une douceur si belle
Qu'elle fera oublier un instant, un instant seulement
Cette viduité dont le tout puise sa force intensément

Une fleur ignore le temps qui passe
Elle resplendit sans peur avec grâce

L'humain y voit l'infini et le passé futur
Ou son futur passé, le tout en bouture

Les senteurs font naître l'être
Loin de ses ancêtres
Vérité loin du paraître



dimanche 8 avril 2018

Sabre de vie

La colère se saisit du sabre, tranchant la vie comme un fétu de paille
Rien n'empêchera cette rancune de se déverser dans ses failles
Le mouvement allongé et telle une ronde morbide et brisée
Se termine par un fourreau bien rempli des passions méprisées

Le pas est alors décidé, sans peur ni remord
Rien ne saurait faire chavirer cet mont d'oxymore

Le souffle est profond, ancré dans les tréfonds d'une âme qui se tait
Et pourtant... Et pourtant...
Le visage est impassible, il ne laisse rien paraître de surfait
Et pourtant... Et pourtant...

La vision de la plaine depuis le sommet neigeux et silencieux
Laisse place à un autre élan, intérieur, lent, gracieux
L'ondulation du fer à nouveau dénudé se meut dans le vide
Ce vide qui remplit son porteur d'une infinité régicide

Les pieds sont immobiles, mais le sabre donne la vie
A cette existence pâle et fébrile, en son temple, sur son parvis

Le souffle est léger, s'élevant dans les nuages que rien ne retient
Et plus loin... Et plus loin...
L'être enfin retrouvé, ses traces se défont, il n'est plus tragédien
Le témoin sans ses poings


lundi 2 avril 2018

Galaxie humaine

Les milliards d'étoiles scintillent et grondent tels quasars
Reliées par des nébuleuses connexions
Le feu et le fer mélangés en hydrogène expulsé au hasard

Les nébuleuses pensées s'enfuient à la poursuite des comètes
Dont la chevelure se répand sans inflexion
La blondeur irradie le ciel dans un océan noir soudain en fête

Parfois quelques planètes se concentrent pour une révolution
Pacifique et pourtant non isolée
Quelques satellites naturels sont le résultat de la reproduction

Tout ce petit immense monde s'étend au-delà des limites
De la raison comme un mausolée
Mais l'imaginaire embrasse le froid sombre de ce zénith

Les météores passent à côté de ces havres de paix
Et parfois météorites destructrices
Elles s'abattent sur les surfaces aux mentaux épais

La vie finit par reprendre ses droits après ce cataclysme
Toujours plus forte et séductrice
Le temps rebondit au-delà des singularités, sentimentalisme

La gravité de l'horizon des événements plonge dans un futur
Inaccompli et pourtant inéluctable
La concentration des illusions n'est pas notre sépulture

Tournent et tournent encore, quarks, électrons, atomes, planètes
Systèmes, galaxies et l'Univers
Rien ne saurait arrêter cette course folle, tous des marionnettes

La valse n'a plus de temps et pourtant sa mélodie nous enchante
Les mots sont vides sans le rythme des vers
Et le silence devient une musique dont nous prenons la tangente

Un plus Un ne fait plus UN, mais deux tels les bras affrontant
Le champ gravitationnel qui emprisonne tout
Il ne reste que la chaleur à s'échapper tel le grand Léviathan

La collusion n'est plus que collisions aux milles éclats
Devenue tigre féroce plutôt que matou
L'expansion écarte les âmes choquées de leur apostolat


dimanche 1 avril 2018

Lorsque le vent

Lorsque le vent secoue les feuilles de mes pensées
Mon esprit s'enroule en tourbillons du passé
Il s'évade dans ses abîmes frôlant les parois
D'un présent qui sous mon poids désarroi

L'hivers a pris fin, le printemps fait naître les bourgeons
D'un avenir qui sera peut-être pliant comme un jonc

Lorsque le vent m'emporte au loin de mon corps
Mes rêves s'évadent dans une lutte au corps à corps
Le vide se dérobe sous mes pieds et je m'envole
Retrouvant tant bien que mal mon histoire frivole

La neige a fondu, la chaleur reprend peu à peu place
Dans mes veines battant le rythme d'une vie sans alias

Lorsque le vent me plaque au sol ou m'élève là-haut
Mes sentiments se redressent fiers en plein chaos
L'enjeu est permanent, ne pas glisser sur ce toboggan
Et rester uni, avancer caché derrière mon korrigan

L'eau tombe du ciel, vers qui les jeunes pousses se dressent
Le futur n'existe pas encore, il se construit par maladresse

Lorsque le vent se calme entre mes tempes éreintées
Mon corps fatigué se reprend sans trouver l'altérité
Il s'épanche, accompagné de mon égo, maître d'ouvrage
Ouvrant la voie aux mots en quête d'un quelconque sevrage

La moiteur de l'azur éveille la vie vers un nouveau cycle
Mes quelques grammes m'élèvent à nouveau, presque deux sicles




mardi 27 mars 2018

Drap de la Lune

Le silence de la nuit me recouvre de sa couverture
Le drap de la Lune est doux au touché, soie d'argent
Les pensées s'éteignent devant les ombres des géants
Et laissent place aux rêves de paix et de verdure

Les arbres frémissent sous le vent de mon souffle trop court
Et pourtant les feuilles de l'espoir ne cessent de tomber
Les bourgeons d'un avenir inconnu me font tituber
Mais mon corps immobile voyage dans son arrière-cour

La rosée du matin apportera l'humidité sur mes joues
Ce moment n'est pas encore venu, futur indicible
Je reste allongé sur l'humus asséché impassible
Unité dispersée mais présente où je ne déjoue

Cherche et tu ne trouveras pas, trouve et tu ne chercheras plus
Le crépuscule n'est que l'avant goût d'un lendemain de plus

Aime et tu trouveras félicité, cherche à être aimé et tu te tromperas
L'interdépendance naturelle fera des secondes infinies une agora


vendredi 23 mars 2018

Les murs d'ombres

Lorsque sur les murs plusieurs ombres circulent
Dans la pièce aux volets fermés
Qu'une seule est une résultante des particules
Les autres des projections de pensées

Lorsque nos pensées et nos émotions se fissurent
Dans ce temps indéfini
Que les vagues se succèdent comme autant de censure
Du moment présent désuni

De ses souvenirs, faire une force qui nous tire
Plutôt qu'un fardeau sur nos épaules
De ses cicatrices, un cheval pour repartir
Remettre en place ses deux pôles

La vie est une succession de secondes d'éternité
Qui s'enfuient mais nous remplissent
Chacune précède un futur de fraternité
Où les âmes deviennent complices

Vivre, c'est ne pas redouter demain mais le préparer
Vivre, c'est accepter son passé
Vivre, c'est enfourcher son destrier bigarré
Se moquant des mots qui ne font que jacasser

Vivre, c'est tenir son flambeau, le plus haut possible
Sans chercher à être le plus fort
Vivre, c'est avancer d'un demi-pas, presque indicible
Accepter de n'être qu'un photophore

Mais avancer toujours et encore, tout de même
Pour ceux qui nous entourent et nous aiment


mardi 20 mars 2018

O aigle sacré

O aigle sacré, vient à moi
O rapace affamé, frère siamois
Vient me libérer de mes émois
Et mon cœur déchiqueté, sans peur, sans joie

De tes serres acérées, prolonge mes rides
Putréfactions enracinées, mon épiderme aride
De ton bec carnassier, recrée en moi le vide
Arrachant au supplicié l'ego et l'envie avide

De tes ailes légères, emporte moi sur les monts enneigés
Toi mon ami, toi mon frère, fais moi voler au-dessus des lacs gelés
De ta vue perçante, fière, livre moi aux rayons satinés
De ma sœur, la Lune prospère, durant mes nuits toujours plus agitées

Et à l'aube, près de toi, sur mon épaule
Je fixerai sans un effroi, ce jour comme ma geôle
J'oublierai l'autrefois, retrouverai mon contrôle
Sans réponses aux pourquoi, ni rechercher ce qu'est mon rôle

O volatile immanent, de mon cœur palpitant
Secoue le de ton cri perçant, réveille les mots grinçants
O étendard flottant, porte mes couleurs de sang
Et le flux se dispersant sur les chemins impénitents


dimanche 18 mars 2018

Le cycle de l'eau

L'eau s'écoule toujours, même sous la contrainte
Elle parvient à se frayer son chemin sans crainte

Le passé est devant elle, le futur n'est pas arrivé
Qu'elle s'arrête et la stagnation la fera virer

L'eau se fond dans les sols, entre les plus dures des roches
Elle se faufile partout, tel un fantasque Gavroche

Le fond est empli de vase et de nénuphars jusqu'à la surface
Que son lit soit détruit et de voir disparaître toute sa paroisse

L'eau s'évapore, emportée par le vent léger de l'après-midi
Elle se condense sur les feuilles au matin engourdi

L'impermanence se fait un cycle, une interdépendance
Qui nourrit les uns en asséchant les autres, transcendance

L'eau plonge en gouttelettes ou en blancs flocons
Elle transpire le long des courants d'airs de cotons

L'âme peut s'y perdre, noyée dans les armes blêmes
Qui coulent le long des virages de nos anathèmes

L'eau est la vie, autour et en nous, quelque soit notre sort
Elle renferme dans ses sédiments futurs aussi notre mort


mercredi 14 mars 2018

Utopie ?

La non-violence ne signifie pas être un mouton
La non-violence ne signifie pas se laisser abattre
La non-violence est un état d'esprit de construction
La non-violence est un moyen d'avancer sans théâtre

Est-ce que la violence est utile ? Parfois elle l'est
Apporte-t-elle toujours un résultat ? Parfois l'instabilité

Le chemin n'est jamais droit, il est une courbe avec une fin
Un pas devant l'autre, des croisements, des choix expérimentaux
L'important est de ne pas s'arrêter, tant que l'on n'est pas défunt
Un pied dans le berceau, l'autre pourtant déjà dans le tombeau

Tendre la joue droite n'est pas une solution, mais tendre la main
Pas une morale, mais une façon de penser, sans but ni lendemain

Nous sommes composites : cœur, esprit, corps, individualité
Aucun n'est supérieur, tous sont nécessaires, pour exister
Aucun n'est isolé, l'interdépendance est une réalité
Vivre c'est composer avec ses instruments une musicalité

La route est trop courte pour se permettre dans ses combats de se perdre
Ce qui suivra est inconnu, oser goûter la lumière avant les ténèbres

Une éthique n'implique pas les mêmes réactions chez tous
Certains seront hyperactifs, d'autres très à l'écoute, passifs
Seuls ceux qui détruisent, piétinent, méritent qu'on les repousse
Nocifs, s'en écarter préserve de s'emporter et d'être excessif

Poncif ? Morale ? Utopie ? Peu importe, chacun sa façon de les mettre à bas
Ils peuvent être mille, la fin sans victoire, l'important est là : je me bats


mardi 13 mars 2018

Lettre aux lecteurs

Le lecteur emporte avec lui des images qui ne sont pas celles de l'auteur
Le lecteur malmène les mots initiaux, les transformant dans ses propres peurs
Le lecteur dans son libre-arbitre peut mécomprendre la pensée gravée
Et en faire une ribambelle de mensonges, de déviances et de cruautés

Mais l'auteur n'est pas responsable de ces interprétations erronées
L'auteur exprime son moi intérieur, tentant de vivre son instantané

Parfois un texte et ses mots résonnent si fort dans l'âme de quelqu'un
Que celui-ci pense à tort qu'il lui est destiné, embourbé dans son écrin,
Son acidité l'empêche de respirer, et gueulant sa souffrance
Contre l'auteur qui ne faisait qu'exprimer la sienne, fulgurance

Mais l'auteur n'est responsable que de lui-même, avec sa morale propre
Ses mots ne sont que l'expression de son bien ou mal-être, sans opprobre

Si l'on devait juger un humain sur un poème, encore faudrait-il connaître sa vie
Si l'on devait juger un humain sur ses mots, encore faudrait-il lires ses lavis
Si l'on devait juger un humain sur l'écrit, encore faudrait-il connaître ses actes
On ne peut juger un humain sans le connaître, éviter de projeter sa propre cataracte

Car l'auteur est un être qui écrit avant tout pour lui, espérant s'élever
Ses lettres sont autant de cailloux sur son chemin et sa destinée

O lecteur, oublie un instant ton histoire et accepte qu'il en existe d'autres
O lecteur, oublie les bien-pensances, et accepte les idées qui ne sont pas les vôtres
O lecteur, libère-toi un instant de ton ego, vole le long des lignes et des pages
Dans un univers inconnu, dont tu ne connais rien, parfois gouffres, parfois alpages

L'auteur est un idéaliste, qui place en ses phrases des mondes irréels et inconnus
L'auteur n'est pas narcissique, il est ce qu'il est, sans vouloir être porté aux nues


dimanche 11 mars 2018

Les pièces enferment des trésors et des sépultures

Les murs blancs réfléchissent les souvenirs
Ils sont parfois joyeux, parfois martyrs
Les sons anciens font écho dans ce lieu passé
Parfois bonheur, parfois larmes, parfois tels opiacés

Les pièces enferment des trésors et des sépultures
Chaque pas est un voyage du tréfonds d'une rupture

Soudain un objet rappelle un moment de plaisir
Ou un effondrement des langoureux désirs
Au petit matin, la lumière oubliée refait surface
Et mon cœur et mon âme se font face à face

Les couloirs voudraient m'emmener vers l'échafaud
Des ténèbres et des déraisons, les fanions triomphaux

Alors un parfum prend mes sens et me transporte
C'est un voyage onirique que mon être exhorte
Qui me saisit sans lâcher la moindre parcelle
Chaque mètre s'évapore et là m'ensorcelle

Un alcôve est une zone interdite et pourtant si forte
Chaque fois que j'y rentre, des poignards d'amours mortes

Je regarde le Soleil se lever, laissant la Lune s'éclipser
Mes mains saisissent mes mots comme autant d'odyssées
Dont les héros ont disparus mais toujours vivant en moi
Un sourire aux lèvres, des yeux qui parfois larmoient

Le réel se désagrège mais me pénètre par d'autres voies
Mon esprit reste clair et ses mirages ne le dévoient


Plumes éparpillées

Les ailes s'effilochent au fil du temps, les plumes éparpillées
L'assise au sol se fait moins sévère, les pieds dénudés
La tête dans les bas-fonds marécageux
Les jambes pendues dans le vide nuageux

Jamais il ne fut un ange, ni démon, mais perdu hors de son monde
Jamais il ne fut un exemple ni un dément, mais hors de cette ronde
Les mains s'enfoncent dans la glaise
Les pensées inondent et jamais ne plaisent

L'aigle et son compagnon sont abandonnés dans un désert froid
La nuit est plus brulante que mille soleils plongés dans l'effroi
Leurs deux cœurs ne savent plus hurler
Ils ne savent même plus pleurer

Toujours les images se succèdent, comme un mauvais film
Toujours la bande son est un requiem pour un cercueil de mime
La valse n'a plus de temps, sans éden
C'est un silence que leur corps réfrènent

Les ombres s'accordent avec leurs pas, les poursuivants le jour
Les demis-pas préparent le dernier dont ne connait le glamour
Les cendres collent sous la peau
Elles donnent corps au quiproquo

Bientôt les chants seront plus doux, bientôt ils seront une berceuse
Hier n'est plus, demain n'est pas encore, la vie une stripteaseuse
Tournant autour de sa barre, endiablé
L'âme se réduit à à un trou, bien sarclé


jeudi 8 mars 2018

Nuit vagabonde

Pourquoi ce goût de terre autour de ma langue
Pourquoi ce feu brulant, prison de mes mots

La poussière est une rivière de lave
Les flammes sont des barreaux de cendres

Pourquoi ce froid dans le creux de mon cœur
Pourquoi ces larmes dans l'arrière de ma gorge

La glace liquéfie toutes mes entraves
Les traces de rimmels annoncent la Cassandre

Je m'enfuis dans mes souterrains
Je m'enterre fuyant le lendemain

Pourquoi ce vent sec asséchant ma plume
Pourquoi cet air vicié qui se joue de mon infortune

La tornade asphyxie toutes mes rimes esclaves
L'oxygène manque dans ce vide, mon épicentre

Pour qui mes armes noires sur blanc se réveillent-elles
Pour quoi mes mains se saisissent de mon esprit

La plume tient par les yeux que je soutiens, braves
La prolongation de ma vie, de ma raison, mes ancres

Je m'élève dans mes pensées profondes
Je m'encre dans une nuit vagabonde


dimanche 4 mars 2018

Nouveau souffle

Quand la feuille se détache de l'arbre millénaire
Elle est condamnée à la pourriture sur terre
Quand la plume du Phœnix s'évade sous l'effet du vent
Elle est condamnée à la destruction par le feu dément
Quand le mot se perd dans une phrase abandonnée
Il est condamné au silence du désert asséché

Quand les larmes tombent, délaissant les yeux fermés
Elles sont condamnées à sécher sur les rocs brisés
Quand le souffle s'éteint sous la pression du point solaire
Il est condamné à la scarification par manque d'air
Quand les lettres s'écrasent les unes contre les autres
Elles sont condamnées à l'abscons, aux sens pauvres

Quand ? Il n'existe pas de temps, il n'y a qu'un instant
Qui se renouvelle comme l'eau toujours s'écoulant
Quand ? Il n'existe pas de lieu, il n'y a qu'ici
Qui n'a pas de matérialité autre que la vie

Quand ? Quand ! Quand...
Suffocant...

Demain est le passé d'un avenir qui ne sera plus
Hier est le futur d'un antérieur qui n'est plus

La feuille accueille la plume pour écrire les mots, poète
Les larmes sont un nouveau souffle pour les lettres
Le temps s'écoule sur le papier, fontaine d'oublis
Le lieu se transporte, matériel, en manuscrits

Voix ? Voie ! Vois...
Si courtois...

Maintenant est une rime qui se perd à chaque instant
Aujourd'hui se trouve sous les rayons de Lune au printemps


mardi 27 février 2018

Mézigue

Éblouissement des sens, abandon de la réalité
Grognement incontrôlé qui secoue nos pensées
Orfèvre des mirages dans un désert inventé

Écrasement de la raison, de la compassion
Grenier de notre force ainsi que de nos pulsions
Oriflamme de notre âme ou de notre éviction

Errements sur des chemins troubles marécageux
Gangrène de nos bas instincts, notre ciel nuageux
Opaline de nos espoirs, de nos actes courageux

Moi, Moi, Moi, Je, Je, Je
Comment stopper ce jeu

Embrasser cette partie de nous, la rassurer
Gentiment l'écouter sans lui obéir, aveuglé
Ouvrir notre conscience au-delà de ce corps limité

Étreindre sans étrangler toutes nos émotions
Gagner en distance pour mieux vivre ses passions
Offrir qui l'on est plutôt que sa propre fiction

Être, enfin, uni, sans rejeter notre "Je"
Grandir, utilisant chaque fibre sous ce manteau neigeux
Oser vivre ici et maintenant, sans but ni enjeu

Là "Je" devient nous
Et la peur se dissout


dimanche 25 février 2018

Courageuses Atlantes

Musique : C-N-R
Texte et voix : 251

Instrumental : https://youtu.be/iexQFG04I_E
Avec texte et voix : https://youtu.be/9GMmrdzLZsQ

Les rangs se resserrent, les humains regardent au loin
Les têtes fatiguées boivent à la bouteille pour un peu de courage
Les pieds endoloris se massent avant la marche sauvage
Le Soleil commence à se lever déjà, la Lune à témoin

Et les bruits des bottes se font entendre dans la vallée
Les cliquetis des armes contre les armures sont comme des criquets
La chaleur qui s'annonce ne saura assécher les larmes des condamnées
Et pourtant avancent, sans mot dire, vers leur futur de trépassés

Les tambours et les flutes sont muettes, respectant ce lourd silence
Qui englobe cette masse, prête à se sacrifier pour un ultime espoir
Ayant prêté ce lourd serment de défendre leur monde jusqu'au soir
Et rien ne les en empêchera, pas même cette pestilence

Et les épées sortent de leur fourreau, de fer ou de plume
Elles tranchent les inconscients, les faux-semblants
Elles remettent à l'honneur les valeurs des enfants
Celles où un humain pouvait pleurer sans costume

Et les pages s'accumulent, comme autant d'avalanches
Qui viennent recouvrir ce monde hideux d'un manteau
Dont les égocentrismes l'ont conduit à créer des ghettos
La blancheur des esprits neufs balaient tout de leurs manches

Un calme fragile espace les lignes de front, comme autant de paragraphes
Mais ces combattantes conservent leur direction
Et sans perdre le moindre bout de terrain

Ce lent mouvement des esprits libérés qui signent leur épitaphe
Et dressés contre les vents de leur malédiction
Là, sont sans crainte pour leur propre lendemain

Et elles sont un exemple pour toute la race entière
La main caressant ou la main écrivant des mots

Et elles sont un avenir qui nous dépasse, nous rend fier
Rien ne résistera à leur marche, nous guidant, à la main un rameau

La femme est notre avenir
Nulle ne devrait un jour souffrir

Prenez le temps de les observer, ces courageuses atlantes
Ces soldates de la vie, ces esprits dont la fureur est absente

Protégez les de vos bras, pour les accueillir et les aimer
Car elles sont fragiles, malgré leur carapace, opprimées

Ensemble, nous pourrons construire un nouveau monde
Ensemble, nous pourrons bâtir des vies bien plus fécondes

Ensemble, nos vies ne sont plus bousculées sur des routes moribondes
Ensemble, notre avenir verra la Lune et le Soleil unis en une clameur profonde

Liberté, Liberté chérie

Quelle étrange espèce que ces animaux "évolués"
Qui vont d'un extrême à l'autre : d'amour à trahison
De compassion à la haine, faux-semblants et élévation
Qui, de leur propre nom, fait appel au plus beau : l'humanité

Quelle étrange société où la survie est interdépendance
Par le jeu des spécialisations, des connaissances, des échanges
Conduit les individus à parfois être des anges
Parfois des monstres où l'ego est leur seule flagrance

Quelle étrange communication où les mots si précis
Sont dévoyés, déformés pour mentir effrontément
Qui même démasqués, et plutôt que d'aller de l'avant
Jettent en pâtures les âmes sensibles sans répit

Quelles étranges relations où les plus bas instincts
Pus vils que ceux nommés par opposition "animaux"
Sexe, pouvoir, illusions, manipulations, discours faux
Nous éloignent de notre sublimation, notre destin

Les plus forts massacrent les plus faibles sans vergogne
Et ce avec l'assentiment complice ou soumis
De ceux-là même qui, hélas, s'en retrouvent ainsi meurtris
Pourtant si peu nombreux, ils font leur loi et ma colère grogne

Liberté, Liberté chérie, soutiens de ton poing splendeur
Ma plume, même si le combat est vain, par trop rêveur

Vous êtes mille, qu'importe je tremperai ma plume dans mon sang
Pour que chacun de mes syntagmes prennent un éclat incandescent


samedi 24 février 2018

Marcher à cloche-pied

Quand le harpon de l'amour se saisit de votre cœur
Ne peut que battre pour cet autre qui vous fait l'honneur
De partager quelques instants de vie
Au fil des pages d'un livre infini

Quand ce harpon se tend, votre cœur s'essouffle
Perdu dans des profondeurs qui vous étouffent
Et de voir partout la nuit en plein jour
Et de rêver à dormir sans retour

Quand la ligne s'est arrachée, il palpite encore
Mais une arythmie s'est épris de lui, le dévore
De l'intérieur comme un rat dans vos cales
Qui viendrait ronger vos pudeurs bancales

Quand il ne reste plus que la pointe, lame à l'âme
Vous marchez à cloche-pied, perdu, sans oriflamme
Un pied dans votre cénotaphe
Un autre comme un logographe

Quand il ne vous reste plus que vos souvenirs
Vos songes délirants, un monde sans zéphyr
Le chat de Schrödinger est votre ami
Le saluant bien bas, votre kami


jeudi 22 février 2018

Oxygène qui nourrit mes mots

Lorsque les vagues secouent mon esquif
Lorsque les vents déchirent ma voilure
Lorsque les fonds rocheux râpent mon if
Lorsque le feu s'est éteint tel l'augure

J'observe ma plage au sable rugueux
Ne présentant plus aucune trace du passé
L'histoire effacée par l'horloge trépassée
Le temps se fige dans un espoir creux

Là terre tremble en mon esprit rebelle
La lave emporte mes désirs dans sa fureur
La pluie strombolienne m'est sans appel
Là mon ego ne sait plus discerner sans peur

Je bois le calice de vie comme un nectar
Un poison qui m'abattra sans gloriole
Et le ciel tournoie comme mille lucioles
Entourant de leur grâce le roux nénuphar

Où va le sang qui coule dans mes yeux évincés
Où se trouve l'oxygène qui nourrit mes mots
Où vont les larmes de mes artères émaciées
Ou qui vont engendrer l'érosion de mes émaux

Je touche ma peau translucide de l'absence
L'horizon des événements dans le futur
Un temps que seuls mes écrits connaîtrons, impurs
Un instant figé, agité de mon essence


mardi 20 février 2018

Mes vers apyres

J'ai aimé deux fois dans ma petite vie
Chacune de ces personnes avait un prénom en "elle"
Elle, l'absolue féminin, source de ma poésie
Elle, deux anges dont je ne voyais que les ailes

J'ai aimé deux fois, différemment et entier
Un amour adolescent, idéalisé et transi
Un vent d'automne dont les feuilles s'impatientaient
Un bruit de l'eau sur le sable qui s'en saisit

J'ai aimé deux fois, sans limite de toute mon âme
Un amour adulte, où tout mon être s'exprimait
Un lever de Soleil qui me réchauffait de ses flammes
Un coucher de Lune qui tenait mon esprit dans l'excès

J'ai aimé deux fois, en me cachant, vibrant intérieurement
En acceptant la distance que je m'imposais
En étant sourd, par infirmité ou par peur de l'évident
En refusant de voir que les nuages la dissimulaient

J'ai aimé deux fois, espérant que je serais transparent
Doux et sensible et non de ces mâles guerriers tatoués
J'ai rêvé que par porosité mon soi se révélant
Elle(s) m'aurai(en)t aimé pour qui je suis, dénudé

Jamais ne sera trois car j'ai appris ma leçon
L'Idéal n'est qu'un mirage inatteignable, une illusion
La vie n'est vraie qu'en son fort intérieur, sans fond
L'espoir réside hors des égos qui ne sont qu'alluvions

Alors de mes pages noircies, je vis un dernier amour
Celui qui ne se terminera que le jour de mon tombeau
Celui où je regarde les autres avec compassion le jour
Gardant mes nuits pour mes abysses et mes défauts

J'ai aimé deux fois et j'aime à nouveau maintenant
Elles, Ils, peu importe, tous je les transporte
Dans ma faible capacité, d'un effort permanent
Je reste dans mes limbes mais tous les jours je m'exhorte

J'ai aimé deux fois et j'aimerais jusqu'au dernier soupir
Mes deux "elle", comme une peinture, une musique, une sculpture
J'aimerais et je mettrais de la couleur dans mes vers apyres
Afin que le feu qui couve en moi résiste à ma sépulture


lundi 19 février 2018

Jamais ne plie

Musique : C-N-R
Texte : 251
YouTube : https://youtu.be/T6AvYkoJV1s instrumental
YouTube : https://youtu.be/q_vNRBaijd4 avec voix

Pré couplet
    Si tu sens tes pieds qui dérapent
    Si tes rêves s'enfuient, s'échappent

Couplet
    Alors lève la tête et affronte tes démons
    Poursuis toujours ta quête et ouvre grand tes poumons

    Rien ne te sera donné, tu devras travailler
    Mais reste hors des damnés si tu veux t'envoler

Refrain
    Jamais cette vie ne saurait être un champ de fleur
    Seuls les morts en sont satisfaits. Il te reste l'honneur

    Jamais tu ne plies, sans regret, tu caches ta douleur
    Seuls tes mots seront ton fleuret, tu n'es pas un hâbleur

Couplet
    Alors puise de tes poings ce qui te manque encore
    Bats-toi, noble et sans témoin contre ces vils accords

Refrain
    Jamais cette vie ne saurait être un champ de fleur
    Seuls les morts en sont satisfaits. Il te reste l'honneur

    Jamais tu ne plies, sans regret, tu caches ta douleur
    Seuls tes mots seront ton fleuret, tu n'es pas un hâbleur

Couplet de fin
    Après ton dernier soupir, tu pourras être fier
    Car tu auras ton empire, en ne soulevant aucune poussière


dimanche 18 février 2018

Renaître, Phœnix, de mes cendres

L'hiver prend ses racines des maux
Et les fait pourrir telles sèves vicieuses
Remontant le long de mes chants rameaux
Je perds l'usage de mes bases précieuses

Incapable d'empêcher cette gangrène
Mon être se disperse comme sur un bucher
Le charbon ne sera plus ma prochaine graine
Mais le terreau d'autres flammes qui viennent me lécher

Le moment T de son apparition s'est évanoui
Au fin fond de ma mémoire consolidée
Mais le pardon impossible est une lame agonie
Qui m'ouvre le ventre de l'intérieur damné

Le calme, le souffle et même la Lune ne peuvent soigner
Le mal profond qui a corrompu mon âme
J'ai hélas trouvé ma faiblesse, la poignée
De la dague qui plonge ma vie dans son drame

Survivre, oui, mais il me faudra reconstruire
Mes remparts, mes donjons pour y enfermer
Ce vautour affamé qui vient me détruire
Se nourrissant de mes pires et dures pensées

Relever la tête, encore une fois, se jetant à corps perdu
Dans les champs de Maldoror pour n'être plus
Et renaître, Phœnix, de mes cendres, sans but
Mais reprendre mon chemin sur les braises nues


Pris par l'essaim

Je ne suis pas un ange, je ne suis pas un démon
Et si je vous dérange, me voyez écrivaillon
Déclenchez la vidange, mes pauvres écrits brulons

Que la Saint-Jean soit un bûcher de mes oripeaux
Que la Saint-Sylvestre entame la fin de l'éclos

J'aurais tant voulu aimer, apporter ma bienveillance
Mais je vous vois tous mimer, ignorer avec prestance
L'âme à nue qui veut rêver, s'envoler sans persistance

Que la Saint-Nicolas révèle mes cicatrices
Que la Saint-Martin présente ma mort débitrice

J'aurais désiré pleurer, laisser mon cœur sans geôlier
Mais je dois sécher mes plaies, crever mes abcès souillés
Et sourire pour masquer, éviter de vous vicier

Que la Saint-Étienne m'accorde ma voix portée
Que la Saint-Luc me soigne mes illusions dictées

Je ne suis plus un homme, je ne connais pas vos règles
Je resterais personne, plus sur terre, comme un aigle
En sourdine il résonne, mon cœur plus vieux que vos siècles

Que la Saint-Patrick fasse fuir mes sombres serpents
Que pour la Saint-Lazare, revive mon volcan


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