jeudi 8 décembre 2016

L'encre glisse le long de mes veines peinées.

L'encre s'étend dans tout mon corps, le fait mourir, le fait pleurer, larmes noires ou bleues se répandant sur le papier. L'encre suit mes doigts et moi je suis cette encre. Le papier est mon double, mon miroir mais qui est le reflet de quoi ? Qui pousse l'autre à avancer ?
La vie s'écoule le long de mes stylos, s'interrompt à chaque cartouche. En ceci, la vie, la mort existent pour l'écriture mais la renaissance, la résurrection sont phénomène courant.
L'espace n'est pas bidimensionnel, tout comme la vie, les dimensions évoluent avec les sentiments, s'approfondissent et disparaissent au cours des lignes tout comme la vie au cours du temps.
Un jour néanmoins le point final fait irruption, l'encre est un chat dont les vies sont en nombres indéfinies. Je la caresse, parfois elle ronronne, parfois elle égratigne mais elle retombe toujours sur le papier le point en dernier, ou son dernier mot voire inachevé.

Vivre avec cette tare peut être incomprise - incompréhensible - mais c'est la seule manière de voir sa vie passer, s'accumuler, évoluer... C'est vivre au futur et au passé à la fois, au futur par son lecteur, au passé par son sujet. Parfois le temps se recroqueville, passé - présent - futur quand le lecteur est l'auteur, la sensation fait alors perdre pied et peut, parfois, démobiliser...

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