samedi 21 janvier 2017

Désert 7/

Ainsi recroqueviller, mon corps luttant pour respirer, je me sens envelopper, entourer. Mais cette chaleur n'est pas la mienne, ni humaine. Elle est un soufrière, un chaudron mobile et sans échappatoire. Je voudrais bouger mais mon corps s'y refuse, craignant de ne plus pouvoir lutter, la tête et le torse face au monde.
Mes larmes n'osent plus affluer, de peur der perdre mon eau et de coller encore un peu plus cet inhumanité environnante aux pores de mon visage.

Mes poumons crachent des morceaux de cristaux, m'épuisant un peu plus à chaque va et vient de ce syndrome automatique, réflexe d'une machine biologique qui ne veut pas s'arrêter. Mon sang colle à mes veines et aspire tout ce qu'il peut d'énergies pour maintenir une température et un afflux suffisant de cet oxygène rare vers mon cerveau.

Je vois les paysages arborescents, les chemins des parcs et jardins. Je vois les tableaux de maîtres qui touchent mon âme comme aucun mot ne saurait le faire. Je vois le sourire, ou la tristesse de cette être surnaturel et magnifique. Durant ces années, j'ai pu me raccrocher à ce port d'attache, cette bouée permanente. Le sable fluctue autour de moi, vole et virevolte sur mes mains, mon visage. Je la vois me dire ce que je n'avais jamais compris. Je entends ses mouvements de rejets sans violence apparente mais d'une souffrance infinie. L'incompréhension et l'abandon se mêlent à ma situation perdue. La tempête ne faiblit pas. Et mon cœur n'en finit pas de s'accrocher à ses souvenirs, ses maladresses.

L'absence d'humanité dans ce vide plein et tourbillonnant me replace inexorablement dans un univers dont le silence assourdissant du vent à mes tympans. Ce vacarme n'est pas une communication, un échange, il est le reflet de ce que fut sans doute ma vie avant ce rejet sociabilisé. Mon esprit ne discerne plus les bruits, tant l'absence est silencieuse.

Recouvert un peu plus de cette dune se fracassant sur mon corps me contraint à l'immobilité. L'univers au dessus de moi est invisible, le nuage de gravier remplissant tout le ciel indicible. Il me faut pourtant résister. Je me concentre sur cet halo qui m'enveloppe, qui est moi, qui me soutient bien malgré moi. J'aimerais trouver une main amie, qui me débarrasse de cette chape multitude. Une humanité perdue au sein de cet espace réduit d'une prison sablée et volage.

Dans un dernier effort, au risque d'étouffer un peu plus, jr tire ma main vers ce qui devrait être le haut. Seule la pesanteur me donne se repère, aucun élément logique ne me permettant de découvrir le haut du bas. Ma main se dégage un chemin et je ressens la violence des vagues rocheuses s'écrasant sur celle-ci.