dimanche 22 janvier 2017

Ivresse d’une peine qui me submerge

Ivresse d’une peine qui me submerge
Partout je ne vois que les brumes de mon âme
Elles se reflètent sur les champs éviscérés de mon corps
L’océan de mes sentiments inonde l’univers sensé
Sans une peur sans une haine sans un espoir
Je vois les arbres se pencher pour récupérer ma pourriture
Les racines me maintiennent plus bas que ma conscience
Soudain la nuit surgit de mon bras et s’étend sur mon cœur
Elle glace chacun de mes mouvements
Elle brise le plus doux de mes sentiments
Et dans le noir le plus total je t’aperçois
Les courbes s’orientent dans des immédiats que je ne sais plus voir
Les corps se touchent et se fuient
Pleurs après peurs, je prends ce qui ne m’appartient pas
Epris de folie, mes mains s’affolent
La beauté et l’amour m’engloutissent dans une écume
Qui m’empêche de respirer, rendant impropre mon air déjà vicié
Et d’un geste qui se voulait tendre
La violence naît dans une désunion en voulant te prendre
Et mon âme se retire bien avant moi
Car elle devine que là n’est pas ta voie
Sans attendre le son de ta voix
Sans entendre le son de tes reproches
Déjà je recule encore plus loin pour refréner
Ce qui est déjà une part de moi
Mais qui n’est plus une part de nous
Ce qui me fait sentir la vie
Mais qui me fait ressentir ta mort
Et c’est par ce jeu d’humeurs amères
Que je te regarde et que je te perds
J’aurais voulu être quelqu’un d’autre
Mais mes émotions sont ce qui me constitue
Alors dans un dernier effort
Domptant le peu qu’il me reste de cette carcasse
Je tente de libérer celle qui compte plus que ma vie
Et par cela, je suis obligé de m’éclipser
Écorché en deux
Mes sentiments en leur absolu voulant tout posséder
Mon amour capitulant devant la raison de te sauver
Les plaies béantes sont depuis longtemps pourries de l’intérieur

Et le temps de s’écouler s’arrêtera bientôt comme dans mes veines