jeudi 16 février 2017

Désert 34/

Je sorts de ma méditation. La Lune, mas sœur, est au comble de son périple, pleine et entière. Je saisis par ce biais que le temps passe très vite car je n'ai même pas eu le temps d'observer ces différents quartiers.

Je rentre dans l'abri, saisi une grappe de baies et bois un peu d'eau. Quasi immédiatement, je me place devant le banc de pierre et applique avec de plus en plus de facilité l'excavation du panneau de commande de la couche.

Je m'approche de celle-ci. Je commence par vérifier via les vibrations du filet que celui-ci contient toujours les baies récoltées auparavant. De mon autre main, je déplace le bras du filet vers le déversoir. Et là, j'hésite encore. Je me plonge dans les profondeurs du sol, cherchant un moyen de compenser le fait que je ne dispose que de deux mains. J'ouvre de la deuxième main le déversoir, le filet au-dessus de celui-ci. Je ne peux lâcher aucune de mes mains, l'une maintenant la position de la récolte au-dessus du déversoir, l'autre maintenant le déversoir ouvert.

Ma plongée dans le sol subtil et mobile me laisse découvrir peut-être une autre façon de procéder. Il ne s'agit pas d'agiter le filet mais de le renverser. Et puis une fois dans le déversoir, il y aura une autre action à mener. Je me concentre sur le filet, sur le sol sous-jacent. Je ressens les mouvements du sable, comme des dunes souterraines. Je ressens les flux d'air, conduisant normalement la condensation d'eau vers la réserve d'eau nourricière. J'influe, je demande à ce que le flux d'air augmente partiellement. J'essaye d'orienter, via les formations des dunes le flux ainsi généré.

Le filet oscille doucement, de gauche à droite. Ce n'est pas suffisant, je provoque une remontée d'air chaud vers le haut, juste dessous celui-ci. Et enfin le mouvement empreinte une voie portant de l'espoir. Le filet se tend avec le vent, se redresse en s'inversant. Lentement, les graines tombes unes à unes, gênées par le vent contraire. Néanmoins, elle tombe dans le réservoir.

La première partie est réalisée. Mais maintenant, il s'agit de refaire remonter ces baies. Je peux lâcher le bras, rétractant le filet dans sa position initiale. Je regarde le tableau de bord et cherche avec ma main l'autre action à mener. Un de ceux-ci ressemble à celui de la pompe d'eau. Je pose ma main dessus, essaye de l'actionner, mais rien ne se passe. Les graines restent dans le déversoir.

Je continue d'étudier la situation, le vent est toujours actif. Par un changement des formations des dunes, je le dirige cette fois vers le déversoir, toujours avec un flux remontant. A ce moment, une ouverture se fait dans le socle stratifié, poussé par le vent. Mais je ne peux pas m'écarter du boîtier de commandes sans arrêter le cycle ainsi mis en place. Alors les baies sortent une à une, tombant par terre. Je poursuis jusqu'au bout le processus. Lorsque plus aucune ne subsiste dans le déversoir, j'interromps le processus, le tableau se refermant immédiatement, le vent s'arrêtant, tout étant revenu au calme.

Je me précipite vers une des jarres de baies, et une par une je ramasses celles tombées au sol et les verse dedans. Je repose la jarre au côté des autres.

J'ai ainsi résolu la question de la survie. La procédure n'est pas simple, mais j'y suis arrivé. Il me reste maintenant à poursuivre la lecture des rouleaux. Mais mon corps est fatigué, tout comme mon esprit par cet effort important que m'a pris cette opération. Je vais donc m'allonger sur ma couche revenue dans sa position initiale, d'un seul bloc et m'endors avec l'espoir de pouvoir continuer enfin mon chemin avec une forme de sécurité.