samedi 18 février 2017

Ego-Journal 16/

Encore un matin où je me réveille avec un cauchemar que je n'espère pas prémonitoire.

La scène est simple, le divorce n'est pas encore prononcé, je rentre à notre domicile "conjugal" et je la trouve en compagnie d'un autre homme. Bien sûr, je suis blessé, meurtri, qu'elle n'ait pas attendu l'officialisation, mais je me maîtrise. Mais ce que je vois me rend fou. Elle pleure, elle souffre ! Cet homme est en train de la violer, sans s'en rendre compte certainement, mais ma connaissance des réactions intimes de ma belle ne me laisse aucune suspicion sur ce qui se passe.

Mon intervention est alors immédiate, maîtriser l'homme, le rendre inoffensif tandis que je m'occupe de réconforter et tenter de soigner ma chère et tendre. Puis l'hôpital, les urgences...

Bref un cauchemar, comme un pressentiment de ce qui se passera, peu importe la temporalité des événements, car je connais ses faiblesses et la brutalité des hommes. Mais à la différence de la plupart, j'ai appris à connaître ses limites, ses signaux parfois imperceptibles, pour savoir m'arrêter. La plupart des hommes ne veulent qu'assouvir leur plaisir personnel, fut-il au détriment de leur compagne. J'espère ne pas faire partie de cette catégorie, et je pense l'avoir démontré avec ma chère et tendre, même si ceci a pu aussi engendrer cette séparation par effets pervers.

Je suis dévasté, j'ai peur, toujours plus peur pour elle et son avenir. J'espère qu'elle saura trouver un homme doux et compréhensif, respectant ses limites implicites. J'ai peur de la destruction de sa personnalité, de sa soumission, esclave de son "amour". J'ai peur de l'abus si facile qu'elle peut subir d'être mal intentionné. J'ai peur et je me réveille en sueur, perdu, incapable d'agir, ne serait-ce que parce que c'est l'avenir, incertain, mais surtout parce que notre situation m'interdit même de me mêler de ce qui ne me regarde a priori pas.

Mes pensées sont sombres. Si je ne peux même pas la sauver, car dans ce cauchemar, si j'ai pu intervenir, je ne me fais aucune illusion, dans le monde réel, je ne serais pas au courant et donc ne pourrais rien faire, ni même sans doute le savoir.

Cela rejoint aussi ma crainte, mon effroi concernant la relation qu'elle veut conservée avec moi. Si je ne suis qu'un camarade, jamais ce genre de situation ne sera portée à ma connaissance et je ne pourrais pas l'aider. Si je suis son ami, là, peut-être aura-t-elle le courage d'en parler ? Elle me ressemble beaucoup sur ce point, elle a très peu d'amis, de vrais, de ceux à qui on peut dire des choses si intimes, que l'on ne peut dire à personne et qui restent prisonniers dans notre conscient et subconscient, nous abimant de l'intérieur, nous détruisant lentement mais surement. Seul un ami peut vous aider dans ces cas. Ou les médicaments, mais c'est illusoire car les médicaments ne guérissent pas ces maux, ils les contiennent seulement.

Et ma dépression, bien que maîtrisée par mes propres médicaments, s'enfonce encore un peu plus, dans un sentiment d'incapacité à l'aider. Je ne cherche pas à la reconquérir, je n'en ai aucun espoir, mais de pouvoir continuer une partie de notre relation, celle qui nous faisait nous soutenir l'un-l'autre, nous guérir de nos maux intérieurs, ceux que l'on ne peut exprimer à quasiment personne sur terre...

J'enrage, je pleure, je hurle, je suis immobilisé. Seule mon écriture est mon dernier recours pour discuter avec quelqu'un, moi-même ici en l'occurrence, mais au moins j'ai l'impression de rester un être humain.

Imprimer la page