mardi 14 février 2017

L'oiseau

L'oiseau transpercé d'une lance en plein cœur chute et chute encore, toujours plus bas, toujours. Il se meurt. Il sursaute de douleurs, le sang giclant par sa poitrine ouverte tel un papillon à son envol. Là, il s'écrase contre une roche, un aplomb de plus. Maintenant il agonise, ses yeux criant à l'aide mais son bec désespérément clos. Déjà sa vie s'éteint comme une bougie flambante tombant dans l'océan. Tel le sifflement du contact de la flamme avec l'eau, l'oiseau dans un dernier effort, pousse son râle rauque et las. Puis le silence ! Silence épais, lourd, incontournable, à rendre fou, l'isolement total de l'esprit et du corps. Il a été seul dans sa vie. Il le reste dans la mort, mais au moins, il ne souffre plus. Il n'a plus ni remords, ni jalousie, ni peine, ni souffrance inhumaine au sein de son poitrail abritant tant bien que mal son cœur maintenant pourri, d'une exhalaison insupportable, un liquide visqueux putride, autrefois synonyme de vie, s'échappant de la déchirure béante du moribond décomposé ; aussi décomposé que ses amours.