mercredi 15 février 2017

Que celui qui jamais n'a triché de sa vie

Que celui qui jamais n'a triché de sa vie
Jette le premier cœur à ses pieds ensablés !
Lui aussi, a voulu tourner ce jeu pourri,
Croyant pouvoir trouver l'amour tant désiré.

Hélas, le juge arbitre était sur ses talons.
Il a débusqué sa supercherie honteuse.
Maintenant il lui faut payer ce triste affront
D'une vie solitaire et usée, l'âme affreuse.

Il a voulu jouer en dehors des limites.
Il n'avait aucun droit à l'amour, au sublime.
Ce qu'il a volé de façon si illicite,
Est désormais banni de sa vie pour son crime.

Il a voulu voler le feu divin des dieux.
Il est consumé par le brasier infernal
Des angoisses, des peurs, des remords, des adieux.
Il ne reste que ses pleurs pour seul récital.

Il n'est plus humain, non. Il est un condensé
De la souffrance, de haine et de solitude.
Il n'est plus un vivant, il est un condamné
Végétatif, un corps sans cœur ni certitude.