mercredi 17 mai 2017

Ego Journal 69

Ce matin, malgré ma peine, malgré les mensonges à mon égard, sans doute de bonne foi, mais tout de même sans fondement, des propos rapportés soient hors contexte, soient faux, je ne veux pas sombrer dans la colère ou la haine. Cela m'est maintenant impossible. Je veux vivre dans la paix et le pardon.

Ce n'est pas facile, mais c'est ma ligne de conduite, ma conscience qui me la dicte. Et ce chemin est tellement plus sain et agréable que l'autre, que je ne le regrette absolument pas. Je souhaite qu'un jour ceux qui ont pris un autre chemin, un jour, avec du recul, reprennent le chemin doré de la sagesse et de la raison.

Il y a plusieurs facettes aux réactions que je rencontre.

Certaines sont naturelles, elles consistent à se "libérer" de moi, prendre son envol, sa liberté, et cela peut passer par un rejet, que je peux comprendre même si non agréable. Mais je pardonne car c'est un chemin peut-être nécessaire pour ces personnes. Pour moi, il n'en est même pas question. Je les aime et je ne m'arrêterais pas de les aimer. Bien sûr, je n'espère plus, en particulier pour Roxane, de la retrouver un jour, mais je garde en moi cette flamme magnifique qui a accompli un chemin avec moi, parfois bonheur, parfois triste, mais globalement heureux. Le plus dur fut pour moi de bien me rendre compte qu'il y avait quelque chose qui n'allait pas, mais nous n'arrivions, ni l'un, ni l'autre, à en parler calmement. J'ai essayé pendant presque deux ans de lui laisser de la place, de ne pas la "gêner" en m'écartant, car je ressentais bien que son amour était vacillant. J'ai essayé plusieurs façons pour la reconquérir : la patience, la parole (pas assez), la distance pour lui donner de la liberté... Jusqu'à abandonner ce qui faisait que mon amour était accompli avec elle, pour elle. J'ai continué à la soutenir sur d'autres plans (matériels, soutien moral, aide professionnelle, ...). Mais rien n'y a fait. Elle avait déjà pris sa décision et son cœur parti vers un autre depuis fort longtemps.
Je ne lui en veux pas, ni à moi non plus d'ailleurs, je l'accepte et je pardonne. Nous avons essayé de faire au mieux, mais nous n'y sommes pas parvenus.

Je me suis de plus en plus rapproché des enfants, ce que j'avais déjà commencé avant, mais cela s'est renforcé durant ces dernières années. Je ne suis pas né père, comme tout le monde, on l'apprend, tout comme être mère. J'ai appris de mes erreurs et j'ai progressé. Je vois aujourd'hui que je prends la bonne direction et que mes enfants l'apprécient.

Certaines réactions sont compréhensibles, en soutien à celle qui leur est chère. Plus que compréhensible, je le leur ai demandé, au nom de leur famille unie. Mais je n'ai pas fermé la porte, car je les aime également, évidemment pas du même amour. Tant d'années passées à leurs côtés, à les écouter, les aider, les soutenir... Je ne voulais pas qu'ils aient un conflit intérieur entre Roxane et moi, et c'est pourquoi, une évidence pour moi, je leur ai demandé de LA soutenir.
Mais ce qui me blesse, c'est de voir qu'ils croient au premier degré ce que Roxane dans sa colère leur raconte sur moi, sans recul, sans se rappeler qui j'étais, et qui donc ne peut pas être en phase avec qui je suis. Que l'oubli est facile... Et je leur pardonne également, je leur souhaite à eux aussi de retrouver le chemin doré, plus tard, de comprendre que soutenir ne veut pas dire salir. Cela me blesse car je pensais que certains me connaissaient suffisamment pour faire la part des choses.

Enfin, ce sont les positions de principes, asymétriques, sans se poser la question si celles-ci ne peuvent pas se retourner exactement par un jeu de miroir. Ainsi, moi, vouloir lui "enlever" les enfants ? Mais alors, que se passe-t-il pour moi en ce moment si ce raisonnement était vrai ?
La situation est bien plus simple : deux parents, une seule garde possible, lequel des deux parents aura la garde, et l'autre les droits de visite un week-end sur deux et la moitié des vacances ? Ce choix n'est pas injuste, il fait parti du droit de chacun, à égalité de traitement. Et personnellement, il est certain que les enfants ont besoin de leurs deux parents. Mais la situation, notamment financière et de confort, exige qu'un choix soit fait. Nous ne pouvons nous mettre d'accord sur ce point, comme nous n'avons pas pu nous mettre d'accord sur une première conciliation où je fus un peu le seul à faire des efforts, faisant des pas vers l'autre, ne cherchant jamais la confrontation, mais le dialogue. Conciliation ne veut pas dire soumission, mais échanges. Hors d'échanges, il n'y en a pas eu, à sa demande, tout comme nous n'y arrivions pas dans les derniers temps. Rien d'étonnant donc que cette procédure n'ait pas pu réussir.
La situation est donc simple : un juge devra nous départager. Je ne veux pas l'exclure des enfants, bien au contraire, mais j'ai le droit moi aussi de demander la garde, avec mes propres arguments.

Là aussi, différences de comportements : moi, je présenterais mes arguments mais sans jamais attaquer ma Roxane, car mon but sont mes enfants et le bien-être de ma Roxane et de moi. Elle est prête à m'attaquer, produire des témoins (de quoi ?), c'est son choix, et elle en a le droit. Moi, par respect, par amour et par pardon, je ne le ferais jamais. Il me serait insupportable de la salir d'une quelconque façon. Par contre, nous avons tous les deux des droits, et il est normal que chacun puisse les exercer.
Et ceci n'est pas compris : je ne suis pas une victime, elle non plus. Je ne suis pas un saint, elle non plus. Je ne suis pas un démon, elle non plus.

Si la famille est un puissant cocon dans lequel ils se rassemblent, je ne peux que le vouloir et le désirer pour eux-mêmes. Mais remettre en question ma probité, mon honneur, inventer des intentions supposées si distantes des réelles, c'est un message difficile à accepter. Mais c'est la vie. C'est leur droit et je ne peux leur en vouloir, par le même mécanisme de rejet pour se recentrer sur ce qui leur semble important. C'est pourquoi je leur pardonne et je continuerais à les aimer, malgré eux. Bien sûr, sans attaquer, je me défendrais, ce qui est une énorme différence à mes yeux. Se défendre oui, si je suis attaqué ; attaquer, ça jamais, même si cela nuit à ma défense.

Je souhaite à tous de retrouver le chemin doré, celui sans haine ni colère. Ce chemin n'est pas facile. Chaque jour, moi aussi, je lutte mais je tente de me maintenir sur celui-ci, ma conscience apaisée, et en pensant au bien être de mes enfants. Quelque soit la décision finale, je la respecterais, sans haine. Et si cela ne va pas dans mon sens, j'espère au moins que les arguments financiers seront entendus afin que le confort de vie de mes enfants ne soit pas mis en danger.

Je vous pardonne ! Je vous aime ! Et même si c'est en silence, vous serez toujours dans mon cœur.
Je ne demande aucun soutien, mais juste du respect et le souvenir de qui je fus et donc qui je suis. Mais si maintenant, c'est trop demander, l'avenir vous permettra peut-être de comprendre...

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