dimanche 21 mai 2017

Ego-Journal 70

Aussi loin que je me souvienne, j'ai été seul physiquement, moralement, amoureusement, sauf pendant une période, comme un interlude splendide et disparu. Mais j'ai aussi ressenti, contre mon gré parfois une présence qui tenait ma main, qui guidait mes pas et mes écrits.

Comme une vois, non pas intérieure, mais un guide, parfois doux, parfois violent ! Il m'obligeait parfois à affronter mes émotions, mes douleurs intenses, mes questions existentielles les plus profondes et les plus douloureuses. Ces moments étaient d'une souffrance extrême, mes écrits d'un abime affolant, entrainant ma raison dans une folie incontrôlée. Plusieurs fois, j'ai cru basculer dans la folie, me perdant moi-même, à tel point que j'ai voulu nier cette partie de moi-même, arrêtant brutalement d'accepter cette partie de moi-même, un robot sans sentiments assumés.

J'ai vécu un moment, une parenthèse, qui m'a permis d'accepter une partie de mes sentiments, dont l'Amour que je pensais totalement impossible. Mais c'était une évidence pour moi, et ça l'est toujours, et le sera encore. J'ai rencontré la Roxane de ma vie ! Elle était belle, mais aussi fragile et blessée.
Moi aussi, blessé !

Nous nous sommes soutenus, pas forcément comme nous aurions dû, mais nus avons essayé. Nous nous sommes mutuellement soignés, portés nos yeux vers l'avenir et non vers le passé. Nous avons essayé de vivre l'instant présent, c'est je pense ce que nous n'avons pas réussi.
La séparation était inévitable, car le présent, c'est le bonheur, ni le passé, ni le futur. Le manque d'échanges au présent nous a conduit à cette séparation. Mais au fond de moi, j'espère quand même que j'ai pu l'aider à se soigner, à reprendre confiance en elle, tout comme elle l'a fait pour moi. Et du coup, cette séparation, même si pour moi est une douleur qui durera jusqu'à la fin de mes jours, si courts ou longs soient-ils, peut être aussi vue comme le signal que nous avons accompli ce que nous pouvions faire l'un pour l'autre.

Sans elle, jamais je n'aurais pu enfin ré-affronter mes émotions, ce guide qui m'encourage dans mes idéaux, mes rêves et ma déontologie. Peut-être que pour elle, il en est de même.

Je l'aime, je l'aimais et je l'aimerais. Et je ne peux pas imaginer une seule seconde lui faire du mal, ni maintenant, ni demain. J'ai pu commettre des erreurs, tout comme elle, mais cela ne fait pas de nous des monstres, juste des êtres humains sensibles et à fleur de peau.
Ces derniers temps, ces paroles sont emplies de colère, de haine et une volonté de guerre que je refuse. Je me refuse à ce chemin qui ne conduit qu'à la destruction, et même l'auto-destruction. Je préfère celui de l'amour et du pardon.

Blessé, je le suis ! Mais rien ne me fera changer de chemin ! Si je souffre, si je pleure, c'est moi, c'est mon Spleen. Mais je cultive avec effort la quête de mon Idéal, sans elle aujourd'hui.
Mes enfants prennent de plus en plus de place dans ma vie. C'était déjà le cas depuis une dizaine d'années, et je ne fais que continuer ce chemin. Je ne cherche plus à les "diriger", les "cadrer", mais à les accompagner, les aimer. Je ne cherche pas à les conseiller mais à éveiller chez eux leurs propres rêves, leurs propres chemins de vie, qu'ils pourront emprunter, je l'espère, avec moins de souffrances que moi.

Autour de moi, les choses évoluent étrangement.
Parfois une amie profonde, mes amis étant si rares et donc précieux, pour un mot malheureux mais non voulu, est blessée intensément, alors que telle n'était pas mon intention : ce n'est pas mon chemin de vie.
Parfois c'est une belle personne que je reconnais pour sa beauté intérieure qui m'attaque violemment, sans savoir les faits, ne se basant que sur des rumeurs. Et cela me blesse, car je pensais qu'elle avait deviné un peu qui j'étais. Ceci dit, il y a peu de temps qu'elle a su que j'étais moi aussi un écrivain (enfin, j'essaye). Je comprends et je souhaite sa prise de position, mais pas cette violence contre moi. On peut soutenir quelqu'un sans pour autant attaquer l'autre, de façon injuste et injustifiée.
Parfois ce sont ces silences qui se construisent, des murs infranchissables, que je comprends aussi, mais qui après toutes ses années, me blessent également. Je ne demande pas de l'aide, mais de la compréhension, à tout le moins du respect.

Mais pour tous ceux-là, mon chemin est clair : je les aime, pour toujours, et je leur pardonne, car je ne veux ni ne peux faire autrement.

Mes pensées s'effondrent parfois, mais quand je vois mes enfants, le bien que je leur apporte, je remonte et me renforce, pour eux ! Et je ne me cache pas devant eux. Je suis. Avant, je cachais qui j'étais, craignant de les blesser, mais ils sont en âge maintenant de comprendre et d'appréhender eux-aussi cet amour inconditionnel, cette empathie. Bien sûr, pour le moment, car ils sont en grandes difficultés, c'est principalement dans l'autre sens que cela se produit, mais je reste néanmoins vrai avec eux, car c'est la meilleure façon de les aider. Je ne suis pas seulement leur père, mais aussi une forme de guide, d'aide spirituelle et émotionnelle. Je ne suis pas un saint pour autant, et je pourrais commettre encore des erreurs, mais la confiance est là, et ils sauront alors me pardonner mes faux-pas.

Et je n'oublie pas le rôle de leur mère, tout aussi prépondérant dans leur propre construction. Ils ont besoin des deux parents, même si ceux-ci, par respect du choix d'une d'entre eux, se sont séparés. Il est impensable, dans un sens comme dans l'autre, que ses relations soient empêchées. Les "affaires" de couple ne sont pas du ressort des enfants, même si, inévitablement, ils en souffrent, et ce, quoi que nous fassions. Nous essayons du mieux que nous pouvons de les en préserver.

Je vous aime et je vous pardonne ! Mais rien n'arrêtera mon chemin, sans attaque, sans violence, mais je défendrais mon droit de vivre, d'exister, pour moi, pour eux, mais jamais contre, toujours pour.