mercredi 31 mai 2017

Mon littoral

La vague déferle sur ma plage embrasée
Le froid de l'une vient calmer mes irruptions
Non pas figé, glacé, toujours mes émotions
Se terrant, cadavre d'un esprit dévasté

L'écume se répand sur mes rives salées
Comme autant de tâches sur un tableau de maître
Coups de pinceaux sur mon âme, puis se remettre
Mais avant les odeurs d'un corps décomposé

Les crabes gris marchent de travers sur mon sable
Comme certaines de mes pensées décalées
Avançant, longs couloirs, dédales dégagés
Me cognant ma tête, songes inconvenables

Le bernard-l'ermite se fige puis s'enferme
Dans son château, comme mon monde solitaire
Essayant de trouver dans son propre univers
Une raison de vivre, de son futur le germe

Balayé par les vents, mon littoral s'émeut
Des souvenirs bruyants en vers de poésie
Laissant glisser ses maux mais sans aucun oubli
Je suis un paysage en mouvement verbeux