jeudi 25 mai 2017

Titre provisoire : l'isolement ultra connecté 24/ (chapitre 26)

Chapitre 26

En pleine nuit, bien que profondément endormi, j'entends des bruits sourds devant la porte de ma chambre. Mes sens refont surface en un éclair, comme un signal d'alerte incendie vous saisit et vous pousse instinctivement à vous lever et prendre les décisions nécessaires.
Mon comguide ne me livre que des bribes de messages, la chambre devant être une forme de cage de Faraday, mes comme les voix sont devant la porte, le filtrage est incomplet.



  • Tu es sûr qu'il dort ?
  • Oui, j'ai regardé plusieurs fois en entrouvrant la porte. Il est KO de ce qui s'est passé cet après-midi. Il est assommé.
Blanc, brouillard de paroles
  • Il nous faut agir au plus vite, car
A nouveau ce brouillard. Je tente d'augmenter ma capacité d'écoute. J'ai encore mal à la tête, mon comguide est encore chaud de la souffrance qu'il m'a infligée. Mais je dois le contrôler, je peux le faire.
  • Il est en danger ! Les autres ne tiendront pas paroles.
  • Ce n'est pas ce qui me préoccupe le plus, nous pourrons les contrôler.
  • Ils sont bien plus nombreux que nous.
  • Oui, mais le plus dangereux, ce sont les beiges ! Ils sont armés et ils nous l'ont prouvé aujourd'hui sur Leto. Regardez comme il s'est écroulé. Il aurait pu y passer.
Je comprends que dans ces voix, il doit y avoir le chef.
  • Le chef : Il nous faut agir maintenant.
  • Je suis d'accord, mais comment ? Nous ne sommes pas prêt. Nous ne devions agir que dans plusieurs semaines.
  • Le chef : Penses-tu que l'on peut se permettre d'attendre ? Combien de temps pour que tes collègues comprennent ce qui se passe ?
L'autre voix, c'est Jean !
  • Jean : Oui, peu de temps. Je me demande même s'ils ne le soupçonnent pas déjà. Et je commence à ressentir une forme de méfiance à mon égard, même si pour le moment, je contrôle encore la situation.
  • Le chef : Pour combien de temps encore ?
  • Jean, après un temps : Je ne sais pas. J'hésite. Nous ne sommes pas prêt. Et lui non plus !
  • Le chef : Qu'est-ce que tu en sais ?
  • Jean : Nous n'avons pas eu le temps de le former, de lui apprendre.
  • Le chef : Tu gardes encore tes principes de beige ! Tout contrôler ! Gérer les pensées des autres ! Mais n'est-ce pas ce que tu voulais faire sauter ici ? Alors pourquoi ne pas voir cela avec lui directement ?
  • Jean : Mais il ne sait rien !
  • Le chef : Et bien, il est temps, non ?
  • Jean : Je ne sais pas...
  • Le chef : Demandons lui ! N'est-ce pas Leto ?
  • Jean : Comment ça ? Il ne peut pas nous entendre dans sa chambre et il dort profondément !
  • Le chef : En es-tu si sûr ?
Je réfléchis. Mon comguide chauffe fortement pour passer au travers des barrières électromagnétiques de ma chambre. Cela me gène, mais je finis par répondre :
  • Et si enfin, vous me disiez pourquoi je suis ici ? Pourquoi cette opération ? Quels sont vos objectifs et quel est mon rôle dans tout ça ? Et, au passage, si je suis d'accord avec vous ?
Un silence s'installe. Je comprend la stupéfaction de l'autre côté de la porte. Après quelques secondes, la porte s'entrouvre. Immédiatement, Jean, qui rentre le premier, avec un objet métallique, pointe sur les caméras, ou du moins ce que je pense être les lieux où se situent les caméras et autres systèmes de surveillance.
  • Jean : Comment as-tu pu faire ça ! Personne ne peut passer le champ de force ?
  • Apparemment, moi si ! Mais c'est épuisant...
  • Le chef : Je le savais ! Je le savais ! Alors, Jean, prêt ou pas ? Dis-moi maintenant ! Que faisons nous ?
  • Jean, après un temps de réflexion : Bon, nous n'avons plus de temps à perdre. Je viens de toute façon de désactiver temporairement la surveillance, mais cela sera vu demain, lors du contrôle journalier. Il nous faut agir maintenant !
  • Agir ? Mais si vous répondiez à mes questions d'abord ?
  • Jean : On n'a pas le temps !
  • Et vous pensez que je vais vous suivre juste parce que vous me dites de le faire ?
  • Jean : Je peux t'y contraindre.
Ce faisant, il pointe sur moi, un autre outil, comme une arme, et immédiatement, je ressens la chaleur augmenter dans mon comguide, la douleur qui revient. Ainsi, ils peuvent nous contrôler comme des animaux parqués, en cage et avec des coups de fouets électriques !
Je me concentre sur mon comguide. Je ne veux plus souffrir ! Je ne veux plus ! Je veux être libre ! Je dois être libre ! Mon comguide chauffe encore plus ! Je vois Jean qui me regarde avec pitié mais qui maintient son doigt sur son engin. Le chef, à côté de lui, a peur. Sans doute qu'il craint que l'arme se retourne contre lui...

Je regarde Jean, droit dans les yeux. Je le fixe, avec une intensité que je découvre. Mon comguide soudain active un signal retour que je ne maîtrise pas. Je suis en connexion directe avec le comguide de Jean !

Je le fixe et toute la souffrance que son instrument m'inflige, je fais un coupe-circuit et la retourne sur son propre comguide, laissant tout se déverser !
Immédiatement, Jean plie les genoux, les yeux agars, surpris, souffrant. Il tente d'augmenter la puissance, mais se retrouve les mains à terres, les genoux brisés au sol. Il résiste mais la souffrance est énorme.

Le chef passe son regard de l'un à l'autre, ne sachant quoi penser. Il observe. Il me voit me relever, m'approcher de Jean, doucement, sans haine, dans le calme, Jean toujours au sol tordu de douleurs. Je lui prends son arme et coupe le mécanisme. Instantanément, moi aussi, je ferme mon coupe-circuit et au bout de quelques minutes, Jean reprend ses esprits.
  • Le chef : Je ne suis pas sûr d'avoir compris ce qu'il vient de se passer ?
  • Demandes à Jean !
  • Jean, reprenant son souffle : Il a inversé le flux sur moi. Je ne pouvais rien faire. Je n'ai jamais vu cela, ni même imaginait que cela puisse être possible. Comment as-tu fait, Leto ?
  • Je maîtrise mon comguide. J'ai compris maintenant, grâce à cet après-midi et ce sommeil d'urgence qu'il fallait que je me protège. Comment exactement ? Je ne sais pas, mais j'ai formé quelque chose qui ressemble à un pare-feu, et qui peut retourner l'attaque sur qui je veux. Ici, c'était toi, puisque tu tenais l'arme.
  • Jean : C'est impossible !
  • Ok, c'est impossible. Mais je viens de le faire.
  • Jean, regardant le chef : Qu'avons nous fait ?
  • Le chef : Ce que l'on voulait : nous libérer et montrer l'exemple, la voie à suivre ! Et il y est arrivé, bien plus que ce que l'on pensait. Et alors ? C'est encore mieux !
  • Jean : Mais c'est un monstre !
  • Je te remercie, Jean, pour ton qualificatif ! Mais crois tu vraiment que je suis un monstre ? J'aurais pu continuer ainsi et te détruire mentalement. J'ai interrompu moi-même le processus pour te sauver. Ne le comprends tu pas ?
  • Jean : Si... Je le comprends... Mais je ne pensais pas... 
  • Bon, et maintenant, si vous m'expliquiez ? Parce que moi, je n'agirais pas sous la contrainte !
  • Le chef : Combien de temps avons nous ?
  • Jean : 5 à 10 minutes, je pense, puis il nous faudra agir très vite !
  • Le chef ; C'est suffisant ! (s'adressant à moi) Leto, il est temps en effet que tu saches ! Nous allons te dire l'essentiel, pour te convaincre que nous avons pris de gros risques pour notre cause, et aussi malheureusement pour toi. Mais quand tu sauras, j'espère que tu nous pardonneras et que tu accepteras de nous aider...
  • Je vous écoute...

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