vendredi 16 juin 2017

Ville rouge, Rues bleues

Ville rouge, Rues bleues
Les piétons volent par dessus les bancs
Les mariages ne sont plus annoncés
Les faire-parts de naissance s'envolent
Le lac ondule au grès des nuits
Le vent le caresse d'un amour impur
L'horizon voit le Soleil se noyer
Dans un feu d'artifices arc-en-ciel
Si l'hiver parvient à me rattraper
Je prendrais mon chapeau pour fermer les yeux

Ville rouge, Rues bleues
Les voitures sont à l'arrêt
Le temps s'enfuit devant l'espace
Les sirènes chantent un air mélancolique
Mais mon bateau ne saurait s'arrêter
Les voiles de parchemins gribouillés
Racontent mon histoire sans intérêt
L'ancre parfois s'efface au grès des larmes
Mais je reste debout
Je ne rendrais pas les âmes

Ville rouge, Rues bleues
Les bicyclettes affrontent le bitume
La chaleur fait fondre le goudron
S'arrêter, c'est s'engluer
Alors il faut pédaler encore et encore
Les poissons dans le lac étouffent
La rivière semble tarit
Je prends ma pioche et ma pelle
Et je libère le nouveau torrent
Mes frères aquatiques revivent enfin

Ville rouge, Rues bleues
La terre tourne et les têtes avec
Les passions se déchainent
Et je prends mon parapluie
M'abritant des échos de l'orage
Je file droit devant vers mon avenir
Mon chemin n'est pas tracé
Mais pas laissent une empreinte
Et si c'est un désert ou un gouffre qui m'attend
J'aurais au moins vu de mes yeux

Ville rouge, Rues bleues

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