mardi 18 juillet 2017

Planète isolée : Chapitres 5 et 6

Chapitre 5

Ce matin, à nouveau, la plupart des pièges étaient saccagés. Un seul était en état et contenait un tout petit rongeur. Voilà qui ne va pas me nourrir pour la journée.

Et cette présence que je ressens, près de moi, hostile. Je ne vois presque rien tant la lumière est masquée par les frondaisons des arbres. Mais je le devine quelque part, tout proche. Instinctivement, je sors doucement mon arme, prêt à tirer. Je sens le danger.



Je fais demi-tour, doucement. Il y a bien toutes ses baies et ses fruits, mais je ne peux pas m'empoisonner bêtement. Bon, je pourrais utiliser le cuiseur, mais cela détruirait les rares propriétés bénéfiques de ces végétaux. En effet, le cuiseur a tendance, dans sa fonction de destruction des éléments microbiens, à détruire aussi les vitamines et autres ressources nécessaires à la vie. C'est d'ailleurs pour cela que l'on nous donne des cachets de vitamines. Je les ai retrouvés hier en fouillant le vaisseau. Cela équilibre mon alimentation.

Mais tout ceci détourne mon attention de cette présence, et j'ai à peine le temps de voir une ombre furtive tourner autour de moi, comme un requin faisant le tour de sa proie avant d'attaquer. Je n'hésite pas une seconde, je tire dans sa direction.
Je pense l'avoir manqué mais l'éclair l'a fait s'enfuir. J'entends distinctement sa course à l'opposé de ma direction.

Je rentre avec mon maigre butin, après avoir rafistolé, encore une fois, les pièges. Demain, si je le revois à nouveau, il me faudra ne pas le louper cette fois. Mais je n'ai même pas eu le temps de voir ce que c'était. Une ombre, rien qu'une ombre... Même sa taille, je ne saurais dire car j'ai agis par instinct, sans avoir le temps d'analyser la forme et la vitesse.

Ce soir, je vérifierais à nouveau la protection du cockpit. Je ne voudrais pas qu'il pense que je suis moi-même dans un de ces pièges, comme une chasse trop facile pour lui.

Voilà maintenant 6 jours que je suis sur cette maudite planète ! Où sont les secours ?
Ils doivent me croire mort ! Qu'est-ce que je peux faire ? Je ne peux pas envoyer de signal, tout le matériel électronique, sauf le cuiseur, sont hors circuit.

Survivre ! Je dois survivre !

Chapitre 6

J'ai entendu ce matin le bruit d'un phaseur ! Le tir n'était pas très lointain, mais à une certaine distance néanmoins. Ce doit être l'autre pilote. Il a dû rencontrer un ougla ! Il est donc vivant, enfin pour le moment. A moins que l'ougla l'ait eu.

Moi, mes douleurs de pré-naissance continuent. Je me concentre de plus en plus dans mon rituel de connexion. Il soulage les douleurs, calme mon bébé, mais il m'épuise aussi.

Je dois manger plus. Et pour manger, il me faut bouger, aller dans la forêt ramasser la nourriture produite par la nature qui m'entoure. Et cela me fatigue aussi, et cela réveille les douleurs. C'est un cercle vicieux.

Mais il me faut tenir ! Survivre ! Pourquoi mes sœurs ne sont pas encore là ? Elles devraient pourtant savoir où je suis ! Peut-être que je n'ai pas réussi à communiquer ma position. Mais je ne connais pas l'électronique de mon vaisseau et je ne peux donc pas le réparer.

Mais ce qui me fait le plus peur maintenant, ce n'est plus un ougla. C'est ce pilote, pas si loin d'ici. Je dirais à deux ou trois kilomètres, tout au plus. Je ne dois pas me faire découvrir ! Pas maintenant ! Pas avant la naissance de mon enfant ! Pas avant son initiation !
Mais je dois pourtant aller me chercher à manger. Je sais maintenant que je prends un risque en m'enfonçant dans la forêt. Je pourrais tomber sur lui, ou elle. Mais souvent ce sont des mâles. Les femelles de leur espèce ne sont que très rarement combattantes, contrairement à nous.

Pour nous, les mâles s'occupent des affaires courantes, de la politique, de la justice. Mais ce sont les sœurs qui assurent la paix et l'ordre, et donc naturellement, nous sommes majoritaires dans les forces spatiales. Cependant, il y a quelques mâles. Nous les considérons avec bienveillance car ils n'ont pas nos capacités, mais ils sont efficaces.

Survivre ! je dois survivre !