dimanche 6 août 2017

L'isolement ultra connecté : la survie - Chapitre 1

Chapitre 1

Après quelques heures de marche, sans savoir où nous allons, nous nous arrêtons pour faire une pause. Le chef, Jean, l'architecte et le poète me font face, en un demi-cercle. Ils me regardent avec un air étrange, à la fois de respects, de craintes et d'espoirs. Ils ne disent pas un mot. Ils restent là, immobiles. Je les regarde moi aussi, un par un. Je suis troublé moi aussi. Je ne suis pas un leader, et je ne veux pas le devenir. Mais pourtant, ils comptent sur moi...

Comment faire ? Quoi faire ? Je ne peux pas décider pour tout le monde. Je ne suis pas un dieu, je ne suis qu'un homme, qui a du sang sur les mains ! Je les regarde. Je dois trouver quelque chose. Je ne peux pas diriger. Je ne veux pas diriger. Je suis trop jeune ! Mais mon pouvoir leur fait peur et les impose le respect en même temps...



  • Je suis comme vous. Je ne suis qu'un homme...
  • Jean : Non, tu es bien plus que cela !
  • Le chef : Oui, tu es bien plus que cela. Regardes les ! Ils te vénèrent ! Ils te suivront où que tu ailles, quoique tu fasses ! 
  • L'architecte : Tu ne sembles pas comprendre la situation. Tu es responsable de nous maintenant.
  • Je ne veux pas de cette responsabilité ! Je ne l'ai jamais voulue !
  • Le poète : Mais pourtant tu l'as... Je comprends ton inquiétude. Tu as peur de toi-même. Tu as peur des réactions en chaines que cela peut produire. Tu as peur de ne pas savoir quelles sont les bonnes ou les mauvaises décisions...
Je prends un temps de réflexion. Le chef est clairement encore dans la lutte. Mais la lutte est derrière nous. Nous sommes libres. Jean sait très bien que je n'y suis pour rien. Ce sont les modifications de mon implant qui m'ont changé ainsi. Mais l'architecte et le poète ont raison. Je suis malgré moi responsable, et je ne sais pas quoi faire ni comment.
  • Je ne peux pas décider de tout, tout seul. Je manque d'expérience. Et je doute que l'on nous laisse nous promener ainsi libres. Pour autant, nous sommes libres et la guerre est finie !
  • Le chef : Non, pas la guerre, la bataille. La guerre ne fait que commencer !
  • Je ne veux pas de guerre !
  • Le chef : Mais il nous faut aller au bout de notre mission ! Libérer le peuple de cette oppression numérique ! Il nous faut nous préparer, prévoir un plan d'attaque...
  • L'architecte : Non, chef ! Léto a raison ! Nous ne pouvons pas engager une guerre. Nous sommes en danger et nous ne sommes qu'une centaine.
  • Jean : Mais tu pourrais nous apprendre à nous servir du comguide comme toi ! Ce serait une arme extraordinaire ! Nous pourrions nous défendre et mettre un terme à tout cela !
  • Et si je vous donnais cette connaissance, si tant est que je puisse, que se passerait-il ? Comment s'assurer qu'un parmi ces gens ne prendrait pas le pouvoir de manière encore pire que ce dont à quoi nous avons échapper ?
  • Le poète : Léto a raison. Cette arme est dangereuse. En même temps, nous ne pouvons pas rester ici. Il nous faut d'abord trouver un abri.
  • Le chef : Mais comment faisons nous pour nous défendre ? Léto tout seul ne pourra pas y arriver si un régiment entier vient à nous attaquer, ce qui ne saurait tarder !
  • L'architecte : Commençons d'abord par trouver un lieu sûr, où nous pourrons voir venir les troupes et donc nous préparer. Nous devons trouver un lieu où stratégiquement nous serons plus forts, même sans le pouvoir de Léto !
  • Jean : Mais tous ses efforts, c'est pour cela que nous avons travaillé ! Obtenir la liberté !
  • Le poète : Et nous l'avons ! Mais elle est précaire... Léto, que devons-nous faire ?
Je ne sais pas. Je ne sais même pas où nous sommes...
  • Écoutez, je pense que nous avons chacun nos aptitudes... Plutôt que de tout remettre entre mes mains, je vous propose de former une forme de gouvernement. Je ne veux pas être un maître, ni un dieu ! Je crois en la communauté ! Ca a été votre force durant toutes ces années ! Un groupe uni qui collaborait ! Ne pesez-vous pas que c'est le mieux à faire ?
  • Le poète : C'est sage et pertinent ! Tu dis ne pas être un leader, mais tu sais déjà diriger naturellement en encourageant chacun à produire le meilleur de lui-même.
  • L'architecte : Je connais le coin. Je pense savoir où nous pourrions aller. Il y a au-delà de cette forêt une montagne avec des grottes. Elles sont difficilement accessibles, peu de chemins pour les atteindre, ce qui est une garantie défensive pour nous.
  • Le chef : Oui, je suis d'accord. Je comprends ton idée. Je pourrais organiser la défense avec des tours de garde et préparer des pièges et des armes, certes rudimentaires, mais efficaces.
  • Jean : Tout ceci est très bien, mais comment ferons nous manger et boire une centaine de personnes ?
  • Tu as raison, Jean ! Il nous faut aussi organiser la chasse et la cueillette. Jean, tu dois connaître les aliments dangereux de ceux qui ne le sont pas ? Tu es médecin, non ?
  • Jean : Oui, je pense pouvoir le faire.
  • Toi, chef, tu peux organiser la défense. Mais je ne veux pas de pièges mortels. Je ne veux plus de morts ! Toi, architecte, conduis-nous à ses grottes. Et toi, le poète, je pense que ton éducation, ta sagesse nous sera plus qu'utile dans ses moments difficiles. Je vous propose d'organiser donc notre communauté ainsi.
Les quatre me regardent, à la fois surpris et rassurés. Je devine néanmoins que nous ne sommes pas au bout de nos peines. Jean voudra développer cette arme en chacun d'eux, et le chef mettre en place son plan de guerre contre ce monde où le comguide dirige l'humanité. Il faudra que je fasse attention à ne pas dévier. Je ne veux plus de morts. Je ne veux plus de sang sur mes mains, directement ou indirectement. L'architecte et le poète me semblent plus stables et moins agressifs. 

Tous les quatre opinent de le tête, et nous voici repartant, vers la montagne, entraînant une centaine de personnes avec nous, avec l'espoir de pouvoir survivre...

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