samedi 12 août 2017

Planète isolée : Chapitres 44, 45 et 46

Chapitre 44

Au petit matin, je me réveille, l'esprit engourdi. Je me suis endormi durant ma méditation profonde. J'ai ressenti la présence de ma fille, mais si lointaine... Mais elle m'a fait comprendre qu'elle allait mieux. Elle me souriait de sa candeur naïve, me montrant les images de l'ombre blanche. Oui, je l'ai libéré. D'ailleurs, où est-il ? Je me redresse, lentement, la douleur au ventre s'accentuant, et me retourne dans sa direction. Il n'est plus adossé à l'arbre. Où est-il ? Est-il parti ?

Je promène mon regard encore flou autour de moi, et je le vois soudain, à quelques pas de moi. Il observe les fruits, les plantes que j'ai emmagasiné pour moi, pour ma fille... et pour lui. Il voit un des fruits qui lui est destiné. Il l'attrape, toujours avec une grimace. De son autre main, il saisit un autre fruit, d'une nature différente. Dans mon fort intérieur, je sens que ce n'est pas bénéfique pour lui. Pourtant, je vois à son regard qu'il préfèrerais mordre dans ce dernier.



Je lui dit, doucement, mais fermement, non. Ce n'est pas bon pour toi ! Il se retourne et me regarde, sans peur. Il regarde à nouveau le fruit que je lui interdis. Il me le montre et fais le geste de le manger. Je dis à nouveau non, plus fort encore. Il s'arrête et m'observe. Il m'indique le fruit en question et oscille la tête. Que veut dire cet oscillation ? Oui ? Non ? Il me remontre le fruit et fait un geste en l'approchant de sa bouche et en le repoussant, toujours avec cet oscillation. Ca veut dire non. J'imite alors son geste de tête et je répète oralement : non !

Il repose le fruit interdit. Il me montre l'autre fruit, avec un dégoût sur son visage, mais là oscille la tête dans un autre sens, de haut en bas, tout en faisant le geste d'approcher le fruit de sa bouche. Je réponds de la même manière de la tête, comprenant le message et dit : oui !

Il répète, à ma grande surprise le son que j'ai émis, maladroitement, mais tout de même compréhensible. Un oui de ma race... J'oscille la tête à nouveau de haut en bas, comme lui. Il s'approche un peu de moi, tout en restant à distance, s'assoit au sol et mange, non sans quelques grimaces, le fruit favorable pour lui. Je vois néanmoins qu'il apprécie la nourriture, non pour son goût, mais pour ses bienfaits physiologiques. Une fois terminé le fruit, il se relève, titubant un peu de sa jambe droite, mais presque plus, et saisit un autre fruit.

Je m'apprête à lui dire non en hochant la tête de gauche à droite mais il se rapproche de moi et me le tend en prononçant le mot oui à sa façon, avec une intonation étrange. Je le regarde, immobile. Que veut-il dire ? Je regarde ses yeux. Il répète le mouvement et le son. Ses yeux semblent interrogatifs... C'est une question. Je réponds oui en hochant la tête mais en montrant ma bouche de ma main gauche. Il s'approche et me tend le fruit. Pendant son approche, je reste sur mes gardes et il le sent. Néanmoins, prudemment, il continue son approche et me donne enfin le fruit dans ma main droite que j'ai tendue.

Je secoue ma tête de haut en bas. Que lui dire ? Je mange le fruit devant lui, assis à moins d'un mètre de moi. Il ne semble pas hostile, même si je reste sur la défensive, en moi. Il attend que j'ai terminé pour me pointer de l'un de ces cinq doigts mon ventre. Que veut-il dire ? Il fait un signe de ses bras, comme s'il portait quelque chose de précieux en le balançant. Qu'est-ce que cela signifie ? Je vois bien qu'il parle de mon bébé à naître mais que signifie ce geste des bras.

Je lui indique à mon tour par mon regard le questionnement ? Il prend un temps de réflexion. Il indique à nouveau mon ventre, dessine sur le sol une petite forme, fait mine de la prendre dans ses bras et recommence son geste. Le dessin, c'est ma fille. Son geste est celui sans doute que son espèce réalise avec les enfants. Je souris mais fais non de la tête. Nous ne prenons pas nos enfants ainsi.

Je dessine sur le sol, moi, grande, puis une petite forme à mon image, ma fille. Il suit attentivement mes dessins. Je désigne la petite forme et je mime ce que nous faisons, à savoir nous prenons le bébé d'une main, en le plaquant sur notre ventre. Il sourit à son tour. Il mime à nouveau le même mouvement. Je fais oui de la tête, à sa façon.

Puis il me regarde et remontre mon ventre et fait un signe circulaire de sa main sur son bras, là où se trouve un objet métallique. Je ne comprends pas. Que veut-il dire ? Décidément, l'échange n'est pas simple. Nous n'avons pas la même langue, ni manifestement les mêmes coutumes... Je lui indique non de la tête, pour dire que je ne comprends pas. Il me regarde, hésite, puis indique le Soleil et fait un geste circulaire. Il indique la course du Soleil dans le ciel. Puis son bras repart à l'opposé, et refait le même geste circulaire, la course du Soleil. Et là, il remontre mon ventre avec un son guttural que je ne comprends pas. Mais le message est clair pour moi : quand est-ce que je vais donner naissance ?

J'essaie de répéter son son. Il se met à rire. Pourquoi se moque-t-il ? Il s'arrête aussitôt, voyant ma mine renfrognée. Il fait un signe de sa main, comme sa tête, pour dire non. Il met sa main devant sa bouche, comme pour arrêter le rire déjà éteint. Puis il prononce à nouveau son mot. Je tente de le répéter et là, il hoche la tête pour dire oui. Mais il remontre mon ventre et la course du Soleil et repose ce qui est bien une question. Je ne sais pas quoi lui répondre, vu que je ne sais pas moi-même. La naissance est proche, mais quand. Les douleurs ont commencé. Mais cela peut durer plusieurs jours ainsi.

Je me penche sur la terre, j'efface les signes précédents, et je dessine un cercle, la planète. Puis je dessine la course du Soleil une fois autour de la planète, en pointant du doigt ensuite le Soleil que lui même a fixé en indiquant sa course. Il pense que j'ai fini mais je lui montre de la main d'attendre. Je dessine alors un tour de plus, attends un peu, puis un autre. Et je le regarde. Il dessine trois cercles en me remontrant mon ventre. Il comprends trois jours. Je dessine volontairement deux autres planètes, l'une avec un seul cercle, l'autre avec deux cercles et je lui présente les trois.

Il regarde les dessins attentivement. De sa main droite, il montre la planète avec un seul cercle et lève un doigt, puis la seconde avec deux doigts, et enfin la troisième avec trois doigts. Puis il les entoure et me montre de sa main, distinctement, un décompte : un, deux, trois. A-t-il compris que je ne sais pas ? Il se repose en arrière, ses mains en appui derrière lui, l'air soucieux, ou du moins ce que je peux en comprendre. Il réfléchit. Puis il me montre les réserves. Il me montre la forêt puis les fruits, et il ouvre ses mains.

Oui, il veut savoir où trouver ces fruits. Il doit se douter que je ne pourrais plus le faire très prochainement. Je me lève avec difficulté. Il s'approche pour m'aider mais je fais un pas de recul immédiatement. Il recule lui aussi. Je ne suis pas impotente. Je suis enceinte, c'est tout !

Une fois debout, je lui indique la forêt et j'avance vers elle, doucement. Il me suit à quelques pas derrière moi. Nous nous enfonçons, et je commence à lui montrer les différents emplacements. Je lui fais non de la tête pour ce qui est mauvais, pour nous deux. Je fais oui pour ce qui est bon pour moi en me montrant du doigt. De même pour ma fille en montrant mon ventre. Et enfin, nous arrivons aux fruits qu'il n'aime pas en le montrant lui.

De sa main, il montre autour de lui et se montre lui. Il veut savoir s'il y a autre chose pour lui. Je réfléchis. Mes connaissances en botanique sont certes utiles, mais je ne connais pas le métabolisme humain. Néanmoins, je pense à des baies qui devraient être neutres. Je marche à nouveau, lui me suivant. Arrivés devant l'arbuste, je lui montre les baies en question, puis lui, mais j'ouvre les mains pour lui indiquer mon interrogation. Il ne comprend pas. Je fais non puis oui de la tête en indiquant les baies, puis lui. Là, il a compris, du moins je pense. J'en cueille une, et je lui tends mais en répétant non et oui de la tête. Il la saisit, l'approche de cette proéminence sur son visage, sans doute son odorat. Les humains sont-ils dotés comme nous de senseur pour savoir ce qui est bon ou mauvais pour eux ?

Il hésite...

Chapitre 45

Après m'être levé, non sans quelques difficultés, je sens que ma jambe supporte mon poids. Je ne peux certes pas courir, mais je peux marcher. La blessure est bien guérie. Et je le dois à cette être bleue allongée qui semble dormir encore. Je m'approche de ce qui semble être les provisions. Elles sont diverses. Je reconnais les fruits qu'elle ma donné. J'en prends un. Mais j'en vois un autre qui m'a l'air bien plus appétissant. Je le saisis aussi et alors que je m'apprête à le goûter j'entends un son aigu et fort venant de là où se trouvait allongée l'être bleue. Elle est maintenant assise et son regard est noir. Je fais mine de le porter à ma bouche encore et elle répète le même son, strident.

Je lui fais non de la tête. Mais elle ne comprend pas. Je fais mine de l'approcher mais aussitôt je le repousse avec une forme de dégoût en faisant non de la tête à nouveau. Elle me confirme, hésitante en reproduisant mon geste de la tête. Je lui indique l'autre fruit en mimant de le manger et en faisant oui de la tête. Elle sort un son aigu et reproduit mon mouvement de tête. Je dépose le fruit semble-t-il mauvais pour moi et je mange ce fruit au goût atroce. Je manque de vomir tellement son goût est horrible. Mais je sens aussi que cela me nourrit. Je la regarde, et prends un autre fruit en le tendant vers elle et en lui demandant : oui ?

Elle hésite, mais se montre du doigt et fait oui de la tête. Je lui apporte le fruit. Elle n'est pas tranquille. Elle a peur de moi. Après un moment, j'essaye de savoir quand son bébé va naître. Il nous faut plusieurs tentatives pour se comprendre, mais je saisis qu'elle ne sait pas si c'est un, deux ou trois jours. Je pense aux réserves de nourriture. Je ne suis pas certain que cela tienne trois jours, notamment pour moi. Je dois savoir moi aussi trouver cette nourriture. Je lui montre ses réserves puis la forêt. Elle comprend et se relève. Je veux essayer de l'aider mais je comprends très vite qu'il vaut mieux que je garde mes distances.

Elle me montre la forêt puis avance vers elle. Je la suis, à une certaine distance. Je ne veux pas la brusquer. Je sens que c'est une femelle fière et combative. D'ailleurs, elle a toujours son couteau à sa hanche, mais rien ne montre qu'elle veut s'en servir.

Elle me présente plusieurs fruits, baies de toutes sortes, m'indiquant à chaque fois si c'est bon ou mauvais. Quand c'est bon, elle se pointe du doigt ou pointe son ventre. Je comprends qu'il faudra une nourriture spécifique pour son bébé. Puis elle me conduit aux fruits que je connais que trop bien. Elle me fait signe "bon pour moi". Mais je fais la grimace. N'y aurait-il donc rien d'autre pour moi ? Je lui montre le reste de la forêt et je me montre avec un regard interrogatif.

Elle hésite, puis avance à nouveau, plus loin dans la forêt. Là, elle me montre des baies noires. Mais au lieu de dire oui ou non de la tête, elle ouvre ses mains. Que veut-elle dire ? Elle se pose à nouveau devant l'arbuste et fait oui puis non en me pointant du doigt. En fait, elle ne sait pas si c'est bon pour moi. Elle cueille une baie et me la tend, en recommençant oui et non de la tête. Je saisis la baie. Je la renifle. L'odeur semble sucrée. J'hésite. Cela pourrait être nocif. Je la regarde un peu de travers. Elle ne bouge pas et attend. C'est à moi de décider manifestement.

A moi de prendre le risque ou pas... Je croque une petite partie de la baie et la garde dans la bouche un moment. Elle est terriblement sucrée, un peu acide aussi, mais franchement pas désagréable. Mes papilles gustatives salivent à plein régime. Le goût est fort, mais je ne ressens aucune appréhension. Après l'avoir bien mâché, j'avale doucement, avec une certaine inquiétude la baie ainsi réduite en bouillie. J'attends, plusieurs minutes, l'être bleue me regardant aussi, apparemment inquiète également. Le temps passe et rien ne se produit, si ce n'est cette sensation douce que me remonte mon ventre d'un plaisir sucré. Je prends le reste de la baie, la mastique de la même manière et l'avale. Là encore, j'attends plusieurs minutes. Toujours aucun effet secondaire apparent.

L'être bleue se rapproche de moi et me saisit le poignet de ses trois doigts. Elle reste ainsi, comme pensive, calme et concentrée. Puis au bout d'un moment, elle relâche mon poignet et me fait oui de la tête, en ramassant d'autres baies pour moi et en me les tendant. Elle a sans doute senti mon pouls, mon métabolisme et en a conclue que celles-ci n'étaient pas nocives. Je les mets dans le sac qu'elle a emporté.

Alors que nous nous apprêtons à faire demi-tour, elle se fige soudain, et se met à genoux, me tirant brutalement au sol. Ma jambe me fait mal lorsque je m'accroupie. Pourquoi soudainement cette attitude ? Ce n'est pas moi qu'elle regarde. Elle cherche des yeux quelque chose. Elle semble effrayée. Elle sort de son côté gauche un outil que je ne connais pas. De forme au départ d'un simple tube, il se déploie sous la forme d'un éventail métallique. De son autre main, elle tient déjà son couteau. Je la vois toujours aussi tendue et cherchant du regard. Elle ferme les yeux. Qu'y a-t-il donc ? Je sens qu'un danger est proche à son attitude, mais quoi ? Elle rouvre ses yeux et pointe son éventail dans une direction précise. Je suis du regard celle-ci et discerne une ombre, l'ombre noir, la même qui m'a infligée cette blessure !

Je ne comprends pas ce qu'elle veut faire avec son éventail ? En quoi cela lui est utile ? Je la vois tendre ses muscles, son rythme de respiration augmente. L'ombre noire se rapproche doucement. Elle ne semble pas effrayée, mais elle n'avance pas comme elle l'a fait avec moi, par un bond ou par ruse sur le côté. Je discerne ses mouvements, comme ceux de l'être bleue, quasiment imperceptibles, et pourtant cette ombre avance bel et bien vers nous. J'entends son grognement. J'entends également le sifflement de la respiration de la femelle à mes côtés.

Elle se lève d'un bond, droit vers la bête, son éventail dressé devant elle. Mais la bête a anticipé le mouvement et a fait un bond de côté, tout comme avec moi quand je voulais tirer sur elle. La femelle bleue se ressaisit et brandit à nouveau son éventail vers l'animal, son couteau plaqué derrière de son autre main. L'animal semble hésiter. Il tourne autour d'elle, totalement désintéressé de ma présence. Il semble obnubilé par cet éventail, à la fois répulsif et en même temps avec une volonté de le vaincre. Il fait un bond vers elle. La femelle fait à son tour un pas de côté, comme un nuage se disperserait dans le ciel soudainement et se replace face à la bête, le couteau cette fois prêt à trancher.

Je ne sais pas quoi faire. Je n'ai aucune arme. Elle semble savoir ce qu'elle fait. A nouveau, la bête fait un bond, essayant de passer sur le côté de l'éventail. L'être bleue tente de se retourner mais elle trébuche, avec une grimace, en se tenant le ventre avec la main tenant le couteau. Comme une femme, elle doit avoir des contractions. Elle est perdue. Elle va se faire déchiqueter par l'ombre noire. Sans même réfléchir, je me précipite vers elle. La bête, un temps surprise, se retire d'un mètre et me fixe de ses yeux froids et cruels. Arrivé à la hauteur de la femelle, qui se tient toujours le ventre, elle me tend l'éventail et le couteau avant de s'allonger au sol. Ces deux éléments en main, je fais confiance à mon instinct et à ce qui semble être une arme efficace contre ce monstre.

Je me redresse à moitié, en position de combat, comme un légionnaire romain tiendrait son bouclier d'un côté et son épée de l'autre, et je fais face à la bête. Je m'avance vers elle. Je n'ai pas le choix. Si je ne fais rien, nous mourrons tous les deux ici sous ses griffes. Ses griffes ! Ses griffes avants sont coupées ! Ce n'est donc pas la première fois qu'il voit ce couteau ! Je tend d'un côté l'éventail et je montre clairement le couteau de l'autre. La bête hésite. Elle tente de s'approcher par le côté mais mon adrénaline coule à plein régime. Je ressens une énergie folle dans mon ventre... La baie que j'ai mangé semble ralentir le temps autour de moi, sans me ralentir moi. Je me déplace vite, je ne ressens pas la douleur de ma jambe et je n'ai pas peur. Je sens l'haleine de la bête, forte et musquée. Elle est à peine à deux mètres de moi. Elle avance d'un pas et tente de l'autre patte de me donner un coup, mais ses griffes coupées ne me font aucun mal, à peine son poids me bouscule-t-elle. Je riposte immédiatement en donnant un coup de bas en haut. Le sang de la bête goutte sur le sol. Je l'ai blessé à sa patte qui a tenté de m'abattre. Elle pousse un cri, mélange de grognement et de hurlement. Elle lance une autre attaque en se retournant, pour utiliser ses pattes arrières où je devine là des griffes belles et bien effilées. J'esquive et donne un coup sur le flanc du monstre. Ce n'est qu'une estafilade, mais suffisamment pour que l'ombre décide soudainement de s'enfuir, en claudiquant un peu de sa patte avant, sans pour autant perdre de sa vitesse que j'avais pu appréciée lorsqu'elle m'avait infligé ma blessure. Je reste ainsi prostré, attendant au cas où elle reviendrait.

Mais alors que je ne bouge plus, mes oreilles à l'écoute, j'entends le son aigüe de la voix de la femelle bleue. Elle me regarde et me fait non de la tête. Je comprends que le danger est parti. Elle essaye de se relever mais elle se tient toujours le ventre, avec une grimace sur son visage qui ne me trompe pas. Je m'approche, je lui rends son couteau et son éventail alors qu'elle s'est rassise au sol. Elle les range sur ses hanches. Elle me regarde. Elle hésite. Puis elle tend un bras vers moi, vers mon épaule.

Je la soulève délicatement par le bras, puis son épaule. Mais elle est toujours courbée de douleurs. Je la prends dans mes bras, la portant. Elle est si légère ! Comment peut-elle avoir autant de forces et être aussi légère ? Mais je ne sais pas dans quelle direction aller ! Où est le camp ? Je regarde autour de moi. Je ne sais pas où nous sommes. Elle comprend et de sa main droite, relâchant son ventre, elle m'indique de la main une direction avec un oui de la tête. C'est par là. Tandis que je m'avance, elle remet sa main sur son ventre, son autre main autour de mon cou.

Chapitre 46

Maman ! Maman ! Qu'est-ce qui se passe ? Je sens des mouvements brusques. Je sens ton énergie déployée au maximum ! Je te sens en stress ! Maman ! Que nous arrive-t-il ? J'ai peur, maman ! J'ai peur ! Je ne me sens plus aussi confortablement attaché à toi. Je me sens glisser, le froid m'envahit. Maman ! Aide moi ! je t'en prie ! Aide moi !

Je sens ta main, qui me caresse au travers de ton ventre... Tu me parles en douceur, sans mot.
Ma fille, tu vas naître très prochainement. L'enfantement va commencer. L'humain est là. Il va nous aider, comme tu l'as dit. Ne t'inquiètes pas...
Maman ! Elle ne me parle plus. Je sens sa main, mais elle ne me parle plus. L'humain ! Où est-il ? Je sens une chaleur nouvelle près de ma maman... Elle ne bouge pas comme d'habitude. Non, elle ne bouge pas. C'est l'humain qui bouge en la portant... Maman ! Que t'arrive-t-il ? Maman...