lundi 14 mai 2018

Il pleut

Il pleut sur la citadelle
Ses remparts fictifs, ne refoulant nulle âme
S'effritent, château de sable, sous la marée qui charme
L'impermanence du réel

Il pleut sur le froid pavé
Le bruit des pas s'éloigne du tambour de guerre
Laissant place aux gargouillis d'une eau éphémère
Les ombres sont délavées

Il pleut sur cette chaumière
L'antre n'accueille plus que quelques braises
La chaleur s'évade le long des murs de glaise
Et s'éteint doucement la lumière

Il pleut sur cette couche nue
Mais le ciel n'est pas responsable de cette humidité
Tout comme la Lune accompagne les humeurs innées
C'est une symphonie ténue

Il pleut dans ce corps affalé
Le temps se défile, laissant le sang rythmer encore
Ce combat sans ennemi, cette conflagration aux milles morts
Il pleut dans les veines dessalées


       Lever le regard
  Ciel étoilé au hasard
   Retrouver son phare


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