vendredi 11 mai 2018

La sirène bleue

Au plus profond de l'océan de l'âme
Alors que le marin perdu se croit en vie
Il entend une mélopée qui le défie
L'entraînant dans les flots bleus, sésame

Magie d'un autre temps irréalisé
Il ferme ses yeux pour mieux écouter
Il plonge tout son être pour mieux la goûter
Il en oublie son propre instinct dualisé

Il manque d'air, ses poumons engorgés
D'un flux de passions aux relents salés
À la recherche de cette source inviolée
De cette voix appelant son cœur forgé

Plus il se rapproche, plus il s'éloigne du Soleil
Et pourtant plus il s'enfonce, plus ses yeux voient
Au bord de l'asphyxie, il garde son sang-froid
Et aperçoit une beauté bleue sans pareil

Elle stoppe son chant, sans briser le charme
Et d'un baiser redonne l'oxygène au pauvre diable
Sans se débattre, il l'entoure de sa passion coupable
Elle lui caresse sa nuque, effaçant ses dernières larmes

Toujours plus loin de sa surface, le marin s'efface
Il ne résiste plus à cet appel impossible
Sa vie ne lui appartient plus, impassible
Mais son être est ici et maintenant, sans trace

Et cet amour sera son dernier, le plus beau
Plus le bruit des vagues de son esprit
Se calmeront, plus il sera de sa sirène épris
Et son corps flottera au milieu de ses idéaux


Imprimer la page