mardi 21 février 2017

Ego-journal 19/

Il n'y a plus rien ni personne qui vaut le coup. Je me retrouve une fois de plus isolé. Je n'oublie pas mes fils, seules lumières de ma vie, ainsi que cette ancienne déesse qui m'a abandonné. Mais même pour eux, je ne suis pas certain, dans ces conditions, que ma présence puisse être bénéfique ! Bien sûr, cette expression "Je ne suis pas certain" signifiant exactement le contraire : "Je suis convaincu !"

Je n'ai plus hélas de doute sur mes qualités : d'esprit, pas grand chose, de génie encore moins, d'aptitudes trop limitées.
Que ce soit par l'écriture :

  • Ramassis d'écrits pleurnichards et égo-centrés (y compris celui-ci bien sûr, par excellence), n'apportant aucun plaisir ni réflexion à d'autres.
  • Ou amas d'écrits soit disant intellectuels, n'emplissant pas plus qu'un dé à coudre de discussion, digne de mat sup (maternelle supérieure, of course).

Que ce soit pour la vie de couple / famille :

  • Je ne suis pas un bon mari / compagnon, égoïste, fainéant et partiellement rancunier (sinon pourquoi serait-elle partie ?)
  • Mes excès (qu'ils soient sexuels ou non) sont incompris (et heureusement qu'ils le sont)
  • J'ai eu des amours de jeunesses, mais cet amour là, celui de l'adulte, était nouveau, entier, complet et sans doute trop extrême. Cette quête d'absolu est sans doute le plus lourd de mes défauts.
  • Je ne suis pas certain d'être un bon père pour mes enfants.
Que ce soit pour le théâtre :

  • Piètre écrivain, il est normal que le comédien soit aussi mauvais. Déjà le rôle que je joue au quotidien est de plus en plus mauvais, mais ce rêve qui traîne depuis que je suis tout petit s'évanouit dans mon désespoir, hors de portée, comme un souvenir amer, une rancœur de plus.
  • Jamais compris, j'aurais aimé être poussé, encouragé.
Je ne suis bon que lorsque l'on croit en moi, que l'on me pousse. Hélas, rien ni personne ne m'a encouragé. On me laisse trainer tout seul dans ma boue où je m'enfonce. Et l'abandon que je subie ne fait que renforcer cette absence de support, cet absence de communication, ne se maintenant qu'à un niveau de palabres cordiaux, ne fait que renforcer la dépréciation de moi-même, et ainsi l'abandon de tout espoir, de toute projection.

Et comme je suis conscient de ma médiocrité, jamais je n'oserais m'approcher à nouveau d'une autre femme. D'abord car cet amour actuel ne peut pas mourir, il est celui de ma vie, au sens premier. Et si je devais accorder quelques attentions, tendresses vers une autre femme, j'aurais l'impression au mieux de lui mentir, au pire de me mentir en jouant le rôle du "mari parfait".

Ma solitude est ma condamnation, ma névrose ma punition. J'ai eu une parenthèse de près de 25 ans, mais elle s'est refermée, et me revoilà à mon point de départ, qui était déjà un point de non-retour.


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