lundi 6 février 2017

On veut tous être malheureux

On veut tous être malheureux
Les sirènes au petit matin tournaient fort.
Leur cri était celui de la vie en danger.
On amenait à l'hospice un vieillard à sa mort,
Sans autre spectateur que ces rues désertées.

De l'amour aux échecs, via la solitude,
Les remparts de la vie l'encerclant lentement.
Peu à peu son esprit prend plaisir à la chute,
Et du bizarre, il passe à la noire démence.

Il boit, il fume, il est vagabond, sans personne,
Membre à part d’une société aseptisée.
Un soir, attendant, cuvant, que son heure sonne,
Il sera emporté vers l'hospice bleuté.

Il pourra divaguer, comme unique témoin,
Les ombres viendront assister à sa mort.
"D'être le plus malheureux des hommes, enfin,
D'être le plus humain parmi ces humains morts,

J'aurais été heureux l'espace d'une vie.
Ils n'ont jamais su comment me voler mes rêves,
Et ne pourront jamais, comme mes souvenirs.

Je ne laisserai rien dans ce monde trop blême."

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