dimanche 26 mars 2017

Ego-Journal 46/

Je vais tenter pour une fois d'imprimer un début d'espoir. Non pas que je me sente prêt, mais ma route n'est pas si horrible que je veux bien le faire paraître. Je vis, je respire, je ressens des émotions, bonnes ou mauvaises, mais j'éprouve et mon sang coule dans mes veines ainsi que sur mes pages d'écritures.



Ma quête est, selon moi, noble, presque chevaleresque au sens du moyen-âge, les mythes arthuriens, le héros de théâtre Cyrano de Bergerac, parfois même d'une certaine façon certains grands hommes qui ont écrits des mots qui réveillent notre conscience même des siècles plus tard.

Je ne me surestime pas, je ne pense pas être à leur niveau. Mais un idéal n'est pas fait pour être atteint mais pour donner une direction, une ligne de conduite. Notre propre devise n'est qu'illusion : Liberté, Égalité, Fraternité ! Pour autant, doit-on l'ignorer et ne pas tendre vers ce qu'elle exprime comme transcendance du genre humain ? Il en est de même pour mes propres idéaux, qui incluent bien sûr ceux gravés sur les frontispices de nos mairies et de nos parlements.

C'est un combat difficile, sur soi-même d'abord, mais aussi avec les autres qui ne comprennent pas cette absolu, ce sens parfois très binaire des situations. Je n'accepte pas les situations qui mettent en difficulté de manière injuste des êtres humains, hormis moi. Je lutte contre les préjugés, contre les mises en bouc-émissaires qui cachent une vérité bien plus triste et plus grave.

Je n'ai pas l'impression d'inutilité dans cet espoir fou de changer le monde et surtout les humains qui y vivent. Bien sûr, mes actes sont dérisoires, mais ne rien faire serait capituler. Et cela, je ne peux m'y résoudre.

Je ne peux embrasser toutes les causes, mes forces sont limitées. Je ne sais pas comment je choisis mes combats, je le fais à l'instinct, sur l'instant, et je me bats. Je cite Edmond Rostand :
Que dites-vous ?... C'est inutile ?... Je le sais !
Mais on ne se bat pas dans l'espoir du succès !
Non ! non, c'est bien plus beau lorsque c'est inutile !
Qu'est-ce que c'est que tous ceux-là !- Vous êtes mille ?
Je m'y reconnais pleinement ! Peu importe la victoire, peu importe si cela semble inutile, l'important est d'essayer. Et peut-être, parfois, cela changera un peu ce monde. Il ne faut pas oublier l'effet papillon.

Je trouve par exemple que l'on ne donne pas assez de place aux femmes dans notre organisation. Elles ont une approche différente, dont j'ignore beaucoup, mais que je ressens au plus profond de moi comme bénéfique. Il est dommage que notre société soit à ce point hémiplégique. Cela ne veut pas dire que l'homme, masculin, n'a pas ses qualités lui aussi, mais sa force native impose des règles et des conditions de vie qui ne me semble pas compatibles avec l'idéal que je poursuis.

Accepter ses sentiments, ceux des autres, les partager, voilà quelque chose de profondément, il me semble, féminin. La raison, la logique, sans dire que les femmes en sont incapables bien sûr, sont plutôt du côté de la quête du pouvoir, de la force brute et conduit à des jugements, des décisions injustes et dangereuses pour ce qui devrait être un objectif commun : si ce n'est le bonheur, au moins la fraternité.

D'une certaine façon, écrire est pour moi l'occasion de laisser ma part féminine s'exprimer et ainsi de répondre à ma quête, sans doute futile, mais pour moi nécessaire.

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