lundi 27 mars 2017

Ego-Journal 47/

A petit matin, mes rêves se sont calmés. Ils m'emportaient tous près de ma déesse, près de mes enfants, et cela réchauffait mon cœur. Point d'amour, mais juste une amitié et une parentalité apaisée et aimante. C'était un monde merveilleux où je pouvais me sentir utile, en tous points. J'aidais comme un ami peut le faire ma tendre Madeleine, cachant mes sentiments mais écoutant les siens et la rassurant. J'écoutais et conseillais comme doit le faire un père ses enfants. Je les soutenais et leur donnais une direction de vie, une droiture d'esprit qui les honorerait.



Mais la lumière s'est accrue, mon cerveau a analysé la situation et me renvoie inévitablement à cette solitude, cet isolement parricide et sans amitié. L'appartement, d'une seule pièce, ne contient qu'une seule âme et aucun contact n'est venu durant tout le week-end de cette famille qui a duré pourtant plus de 18 années, et plus si je compte l'histoire du couple sans enfants, ce couple d'amis profonds et sincères.

Je cherche le meilleur pour mes enfants, et Roxane s'enferme dans un rôle de culpabilité indue où elle refuse mon aide, et ce malgré si la logique l'emporte. Son comportement n'est dictée que par sa fierté et de faux calculs ne prenant pas l'ensemble en perspective. Est-ce ma faute si c'est un de mes dons de pouvoir embrasser une situation dans toute sa complexité et d'en trouver les différentes options avec leurs avantages et inconvénients ? Mes propositions sont repoussées d'une main de fer, et le silence s'installe, tout comme dans mon cachot d'à peine 27 m².

La musique le matin, afin de me donner une compagnie, est celle de Sinead O'Connor, triste et profonde, humaine et sensible. Elle provoque chez moi un regain d'énergie, mon âme renaissant chaque jour propre et claire, avec son objectif de vivre pleinement sans retenu qui je suis, ce que je ressens.

Je ne veux pas refuser ce monde extérieur, mais il faut bien admettre que les sentiments n'ont aucune place dans le CAC 40, les règles budgétaires, les gestions de commandes et la chaîne de commandement. Ce monde appelle à être froid et raisonnable, logique et pragmatique. Je sais faire. Mais est-ce vraiment ce que je veux faire ?

Je me plonge dans l'écriture comme si ma vie en dépendait. Je prépare des futurs probablement impossibles, comme la publication et la reconnaissance indirecte de mon être. Là aussi, le monde qui nous entoure préfère les romans de gare, les pavés politiques où le mensonge à destination de la masse s'amplifie à chaque instant, plutôt que des instants précieux comme des recueils de poésies.

J'envisage de passer par la case "nouvelles", assez proches des romans, pour être une première fois publié, puis de passer enfin à ce qui m'intéresse le plus, mes sentiments. Ces nouvelles les expriment aussi, mais d'une façon plus philosophique et détournée. Peu importe, c'est moi aussi.

Quand à ce journal, il faudra que j'attende je pense longtemps avant lui aussi de le publier, mais pourquoi pas ?

Lisez moi bien ! Je ne pense pas avoir une quelconque valeur d'écrivain, mais je crois en la valeur de mes sentiments et les retours qui me sont faits au grès des publications sur les blogs m'encouragent dans cette voie, qui semble bonne, faire entendre ma voix. Être et avoir aimer, c'est ma foi.