mardi 28 mars 2017

Ego-Journal 48/

Certains disent qu'après un divorce, on refait sa vie. Pour ma Madeleine, c'est tout ce que je lui souhaite, du bonheur, pourrais-je dire, enfin ! De la joie et un homme qui la comble plus que je ne l'ai su faire, si tant est qu'un tel homme existe. Mais je lui souhaite, espoir trouble mais pourtant réel.

Mais de mon côté, je ne peut pas refaire ma vie. Ma vie est ce qu'elle est. Par contre, je peux peut-être, d'une autre façon, sans cet amour qui me lié à la vie, vivre ma vie, Donc non pas la refaire, mais la suivre. Je ne peux pas dire : enfin ! Car je sais que cette vie là, est un bordée d'arbres sombres, d'arbustes aux griffes acérées, de monstres cachés dans ma tête, et d'une solitude infinie. Mais c'est ma vie, et elle a le mérite d'être.



Ma vie emplie d'amour était mille fois plus paisibles et tendres, plus facile, pleine d'échanges. Ma vie sans son amour, le mien demeurant, et ainsi jusqu'à la fin de mes jours, sera vide, difficile, douloureux mais plus dense, mais aussi plus isolé. Je suis à nouveau face à moi-même, car je n'ai aucun compagnon de route. Mais au moins, je suis libre d'être moi. Est-ce mieux ? Je ne le pense pas, mais je n'ai pas le choix. On fait avec les armes que l'étrangeté de l'existence nous donne.

Je ne peux plus vivre l'amour à deux. Je le vivrais donc seul, et je vivrais d'autres émotions, celles qui auraient été incompatibles avec ce sentiment. Je les ressentirais pleinement, je les ferais éclater au plus haut qu'il me soit permis de le faire. Je connais les risques : la folie, la dépression, l'isolement.

Mais cet état là, je le connais si bien. Depuis tout jeune, je suis ainsi, oscillant entre la raison, matière première de mon cerveau d'Asperger, et les passions, positives ou négatives, matières premières de mon âme. J'ai tenté fut un temps d'abandonné les uns pour l'autre, mais ce fut un cul de sac. J'ai faille perdre toute humanité. Et c'est là que j'ai trouvé enfin mon âme sœur, ma Madeleine, ma Roxane. Je me suis rééquilibré, entre la raison et la passion.

Maintenant que cet équilibre est rompu, je ne veux pas recommencer le chemin de la robotique, celui d'un corps dirigé uniquement par la logique. Elle certes utile mais si fade et si inutile pour moi-même.

Je vais donc donner libre court à mes embrasements, quitte à me brûler sur le bucher de mes tares. Mais au moins, je serais moi ! Quant à la raison, elle guidera non plus cette vie extérieure qui ne porte aucune attention à mon être, à ma sensibilité, puisque je n'arrive pas à l'exprimer dans les canons des codes sociaux imposés par cette société. La logique guidera mes pas vers la transmission de mes fascinations, de mes exaltations, sous différentes formes, dont l'écriture, où la logique s'imprime pour donner corps à une construction avec ses codes, mais cette fois des codes que je comprends (merci à Baudelaire, Verlaine, Aragon, Ronsard, Rimbaud, Musset et tant d'autres, y compris contemporains, que j'ai pu découvrir au fil des blogs.

J'espère que cette raison, ce cadre, permettra à mon âme de ne pas sombrer dans la folie et, d'une certaine façon, de continuer à communiquer, sous une autre forme, a priori admise, avec les autres. Non pas tous les autres, la poésie en général (je n'oublie pas les nouvelles et pièces de théâtre) n'est pas accessible à tout le monde, quoiqu'en disent nos politiques en charge de la "culture", et en particulier la poésie.

Mais qu'importe, je me bats, et je me battrais. Je trace mon chemin, j'avance pas à pas et je verrais bien où ce sentier escarpé me conduira...