samedi 22 avril 2017

Automatique : L'arbre de vie

Le boisseau de l'arbre se fend sous le vent de la raison.
Il fut plié par les désolations amoureuses, fruits d'un Éden perdu.
L'outrage fut tel que l'agent de propreté intellectuelle
A balayé les feuille des espoirs déchus.
L'Ange placé sous son ombre est assommé de honte.
Ses ailes repliées, il imite l'autruche, enfouissant dans la terre ses souvenirs.
A côté de lui, la taupe creuse et en déterre quelques uns,
Croisant au passage quelques vers mal alignés.
La terre est meuble et enfouit dans ses entrailles la moindre trace du passé décomposé.
Il faudra attendre l'hivers, la saisons morbide où le sol est gelé,
Ou l'été, saison de passions inassouvis sur un tapis asséché.
L'Ange se redresse et s'enfuit, à pied, la tête baissée, le ventre serré, les jambes tordues.
Sur sa tête on discerne les prémisses de sa malédiction,
Deux pointes cornues qu'il tente de cacher sous un chapeau.
L'arbre, au loin, n'en finit pas de s'éparpiller,
Faisant fuit les traces de vies qu'il abritait.
Bientôt il ne restera qu'une souche dont les racines sont éteintes.
Puis le désert s'emparera des dernières traces d'une vie dissoute,
où le seul mouvement sera le bruit du vent sur le sable fouettant le reste du tronc.
L'Ange est est parti, le vide a rempli sa place.

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