dimanche 30 avril 2017

Automatique : le silence du serpent

Le silence est trop présent autour de moi
C'est un serpent qui s'immisce dans ma vie le long de mes veines
Il rampe et erre dans mon cerveau comme autant de sangsues
Elles pompent toute mon énergie que je voudrais canaliser
Pour Vivre, Exister
Mais ce serpent à la langue fourchue garde le silence
Et ne siffle que loin de moi
Le bateau ivre que je mène s'enfonce dans un tourbillon
Qui m'entraîne dans les abysses
Je résiste, je résiste
Mais la force est telle que le trou noir, cette singularité quantique
M'aspire mes émotions les plus belles et les transforme en rayons de mort
Je voudrais tant ne plus aimer, ne plus ressentir
Mais mon squelette ne saurait plus bouger si tel était le cas
Alors je m'enfonce et je retiens mon souffle
L'enfant au fond de moi se réveille et hurle de toutes ses forces
Il hurle pour la vie ! Il hurle à l'amour !
Il l'a toujours fait et il le fera toujours !
Alors le capitaine, abattu, se relève
Et tente d'abandonner les flux et reflux du désespoir
Le serpent serre ses griffes sur mon coup
C'est un mélange d'aigle noir et de serpent
Le venin et le bec durci tentent tour à tour de me saigner
L'enfant hurle encore : je veux vivre ! Je veux exister !
Le remède n'est plus dans la déesse Roxane
Le remède n'est pas dans ces médicaments
Alors le capitaine dans un dernier fol espoir
Pousse son bateau plus loin, plus vite
Il parcourt des distances infinies pour s'échapper de ce trou morbide
Il remplit des pages de maigres littératures
Qui pourrait croire un seul instant qu'il est un poète
Il n'est qu'un pauvre malade enfermé dans sa prison mentale
Tentant de secouer les barreaux de son cerveau
Pour libérer son âme et son cœur
Rien d'autre n'a d'importance !
Rien d'autre n'a d'importance ?
Non, mais il est des moments où le vide stellaire,
L'étoile de la vie étant si loin,
Qu'il faut d'abord retrouver sa gravité
Avant que de pouvoir toucher terre et à nouveau
Oui, à nouveau se poser et avancer vers d'autres Lunes
Penser à cet enfant, à ses enfants
Le capitaine extirpe peu à peu son bateau de ce piège sordide
Oublier ? Non, jamais ! Mais vivre avec ! Et à nouveau exister !

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