mercredi 19 avril 2017

Automatique : L'hivers est parti et pourtant

L'hivers est parti et pourtant je le vois toujours en moi
Rien n'y fait, je rebondis tel un cabri, mais je me plante tel un albatros au sol
Je n'ai rien de beau ni de majestueux, une statue de marbre qui pleure
Sans mes bras, telle la statue du Louvre, mais sans elle, je ne plus embrasser

Mes lèvres sont sèches du tabac qui encrasse mes poumons
J'avance sur un chemin rocailleux, mes pieds en sang
Je tombe à genoux, mais je me redresse encore et encore
J'avance vers un océan en pleine furie, où les vagues me fouettent

Je survie mais depuis longtemps je n'existe plus
Où vais je retrouver le sens de cette stupidité
Affoler par mes secousses du matin, ces rêves d'un futur froissé
Papier jauni d'un passé brulant mes espérances

Et pourtant je veux, je désire mais ce double, prince noir m'étreint
Ses ongles sont acérés et il me fixe de son regard dans le miroir
Que sont devenus mes passions, mon avenir
Je voudrais être fort et fier, mais je ne suis que l'ombre de moi-même

Je sais que demain sera un autre jour, une autre nuit
Un coup de pied au cul, si je suis assez souple, me poussera encore
Mais je vois les abysses sous mon océan, et ma barque continue de prendre l'eau
J'écope mes tristesses, ma solitude, je survie comme je peux

Que dire à ceux que j'aime, à mes amis quand ma tête explose en milles morceaux
Dispersion d'une étoile après son explosion finale, super nova
Je n'ai rien de super, je suis plutôt un trou noir, une singularité quantique
Où aucune loi de la physique, quantique ou Newtonienne, ne se complet

Je me disperse et me concentre, dans l'espoir de me retrouver
Je me concentre et me disperse, dans l'espoir de m'oublier

Demain ? Mais ne faut il pas vivre maintenant ?
Hier ? Je n'ai pas le pouvoir de réécrire l'histoire
Aujourd'hui ? Encore une journée à mentir, statue de marbre
Accomplissant mes tâches officielles, robotisé

L'amour était mon moteur, même imparfait, même incompris
L'amour était mon sang qui coule dans mes veines
L'amour était mon bateau aux voiles grandes ouvertes, stable par tout temps
L'amour viendra-t-il à nouveau, qui voudrait de cette bête immonde

Oublier, pardonner, et me projeter, oui, je comprends
Mais si ce qui est devant moi est un gouffre de laves, de larmes renfermées
Mais si ce qui m'attend est un chemin de croix, alors que je n'ai aucune valeur
Qu'aurais-je à démontrer, A qui je pourrais plaire et avec qui construire

Encore un de ses matins où mes rêves m'ont réveillés pris dans ma toile d'araignée
Où celle-ci attend de déguster chacun de mes frissons effrayé
Où celle-ci attend que je dégouline de mes larmes pour m'absorber
Encore un de ses matins où je vais devoir lutter pour me réveiller

Et vivre
Et vivre
Et peut-être un jour exister
Et peut-être un jour aimer