jeudi 6 avril 2017

Automatique : Vivre quand même

Je la vois dans mes souvenirs émus
Je ne la vois plus de mes yeux humides
Je la ressens dans mes mains et mes bras en rêve
Je l'ai perdu au matin et le soir, le vide autour à embrasser

Je lui parle dans ma tête des mots doux
Je ne peux lui parler que de choses concrètes
Je sens son parfum corporel dans mes évocations
Je ne hume que la fumée de mes cigarettes

Je l'aime d'un amour fou et éternel
Elle ne m'aime plus et m'a rejeté
Je la désire et veux lui plaire
Mais elle est si loin maintenant, ne reviendra plus

Mais je vis encore, poursuivant mon chemin seul
Jour après jour, écorché vif, mon âme perdue
Et pourtant je souris quand je le dois
Et pourtant je me lève chaque matin pour travailler

Et je fais semblant d'aller bien comme les animaux
Font lorsqu'ils sont blessés, ne voulant pas attirer les vautours
Je joue un rôle qui n'est pas le mien
Pour ne blesser personne, ni elle ni d'autres

Mais j'existe encore, écrivant chaque jour un peu plus
Qui je suis, ce que je suis, ne cherchant pas la compréhension
Ni la reconnaissance, ni même la sollicitude
Peut-être un peu d'émotions et de ressemblance

J'écris pour moi, pour parler à quelqu'un
Même si cette personne est mon double ésotérique
Même si c'est un langage muet, en noir et blanc
Même si son impact est limité, voire inutile

Pleurer, oui, mais pas devant les autres
Souffrir, oui, mais uniquement dans mes lignes
Espérer, oui, mais au travers de mes pages parfois
Aspirer au meilleur de moi-même, jour après jour