vendredi 7 avril 2017

Ego-journal 57/

Aujourd'hui j'ai peu de temps pour écrire ce journal, mais je me lance quand même. Au diable cette horloge qui dicte mon temps, mes actes, alors que je voudrais être libéré. Mais je voulais revenir sur une souffrance récente. J'ai eu l'agréable surprise de voir que, même si mes propos avaient été exprimés durement, sans volonté de l'être, même si j'ai blessé quelqu'un que j'apprécie énormément et là aussi sans le vouloir, cette personne d'une probité sans égale, est revenue vers moi et m'a accordé non un pardon, mais une réconciliation, l'acceptation de mon état, tout en restant entière sur ses sentiments et ses raisons. Que puis-je demander de plus ? Être compris ne veut pas dire être d'accord, mais au moins entendu, ce qui pour moi est un pas énorme dans cette humanité qui m'entoure généralement.


Alors je vais avancer aujourd'hui avec cette boule rétrécie, un remord de moi-même encore présent, mais au moins avec le sentiment de ne pas avoir tout gâché alors que telle n'était pas mon intention.

Je remercie cette belle personne, que j'admire à bien des égards, ce qui ne veut pas dire que je l'idolâtre, mais je la respecte et l'apprécie. Elle se reconnaîtra, je l'espère. Merci !

Ma vie continue donc dans ce chemin vide et pour le moment encore sans but défini. Mais je ne veux pas perdre espoir. Le plus important c'est de faire un pas après l'autre. Je verrais bien où cette route me conduira. Je commettrais encore des erreurs, innocemment, mais ravageuses à chaque fois. Mais je trace ma voie. C'est pour moi la seule solution : avancer et avancer encore ! Bouger et ne pas rester immobile !

Plus facile à faire qu'à dire, mais j'essaye, et c'est le plus important. Ne pas me laisser continuer à creuser ce puits sans fond de tristesses et de solitude, mais commencer à construire une échelle que je gravit une à une.

L'hivers est passé, le printemps commence et ses espoirs de refleuraison. Non pas d'un amour, car je sais que là est une impasse pour moi. Non pas de savoir communiquer aisément avec les autres, sans interprétation erronée, je ne suis pas dans leur cerveau usant de leurs sentiments avant leur logique et l'écoute du premier degré de mes mots. Je crois que c'est là l'une de mes plus grandes difficultés : je ne sais pas anticiper les réactions émotionnelles des autres, et donc j'essaye d'exprimer une logique, fusse-t-elle pour exprimer mes propres émotions, mais la perception des autres est la leur, et je n'y peux rien. Je ne peux contrôler le cheminement de la pensée étrangère.

Il fut un temps où je pensais qu'une personne en ce monde en était capable. Hélas, ce temps est révolu et mes mots ne trouvent plus d'écho compréhensifs et compris. Une fois écrits, mes mots semblent être plus clairs, sans doute la lecture emportant une part importante dans l'écoute sur l'émotionnel, et ainsi permettant de passer un message plus clair. Mais je ne suis pas dupe, même là, je reste souvent incompris, laissant place souvent à des procès d'intentions sans fondement, des jugements hâtifs. Mais comment puis-je l'empêcher ? Je ne peux pas. Même une œuvre, quelqu'en soit la forme, une fois réalisée par l'artiste, ne lui appartient plus mais elle devient la propriété de ses observateurs. Les jugements certes sont difficiles, mais je ne peux pas et ne veux pas les empêcher. Ils sont la propriété de cet autre, cet humain qui me découvre. De plus, ne prétendant pas être un artiste, ni médiocre ni bon, je ne peux pas espérer plus que ce que j'ai : pouvoir m'exprimer librement !