dimanche 30 avril 2017

Ego Journal 64

Faut il opposer l'amour et la raison ? Faut il par amour abandonner la raison ? Faut il laisser l'autre s'enfoncer par amour déchu, alors que la raison nous commande de réagir et de sortir de cette ornière sordide ? Faut il accepter le silence alors que l'échange est l'essence même de l'humanité ? Faut il accepter le refus du dialogue lors que celui-ci pourrait arranger bien des choses ? Faut-il oublier les insultes et n'être que logique pour faire au mieux ?

Tant de questions, mais toutes sont unies. Je suis face à un dilemme. Une situation grave à régler mais où d'un côté l'émotion a tout pris de travers, ignorant les causes et conséquences, se réfugiant dans un égo mal approprié, et d'un autre côté un esprit rationnel, non moins sensible, mais qui face à ce problème décide de lui trouver une solution viable et pertinente.

L'absence de dialogue, que dis-je, le refus du dialogue ne peut conduire qu'à la haine et l'incompréhension du côté de celle qui ne vit plus en ignorant la raison et les objectifs délicats à atteindre. Je ne peux pas sauver tout le monde, mais je me dois de ne pas baisser les bras.

Il s'agit là de mes enfants. Je ne peux me résoudre à leur promettre un avenir sombre, dans des conditions inacceptables. Mais pour une question d'orgueil, Roxane refuse d'entendre raison et ne prend les choses que pour elle, égoïste ou aveugle ?

Et moi, qui aime toujours Roxane, je ne sais comment lui faire prendre un autre chemin. D'autant plus que maintenant, elle me voit comme un manipulateur. Moi ! Moi qui ne conçoit ma vie que sur l'échange, la communication (même si difficile). Alors oui, je sais, quand j'essaye de convaincre, mon raisonnement est tel que bien peu de personnes peuvent me contredire car il comporte rarement des failles et il est plein de bon sens et d'affection. Est-ce cela qu'être manipulateur ?

Je ne le pense pas ! Manipulateur, pour moi, c'est quelqu'un qui agit auprès d'autres pour obtenir quelque chose que les autres vont payer cher mais pour son propre intérêt. Je n'agis jamais pour mon intérêt, mais celui des autres. Empathique je suis, empathique je resterais.

Alors manipulateur, non ! Capable de tenir un raisonnement construit et visant au mieux de tout le monde, pour le profit de tout le monde, oui !

Mais là, je me retrouve face à un mur d'émotions et d'insultes qui empêchent toute discussion raisonnable, afin de trouver, ensemble, une bonne solution.

Devrais-je en passer par d'autres moyens, bien moins agréables, où la coercition ne sera pas mienne mais où mon raisonnement, je n'en doute pas, sera pris en compte et fera pencher la décision d'un tiers selon ma proposition. J'ai déjà fait un pas vers elle, elle n'en fait aucun. Est-ce là l'amitié qu'elle m'avait promise ? Est-ce là le respect de l'être humain que je suis ?

Moi, inquiet pour elle, et pour mes enfants, chaque jour, chaque nuit, et elle ? Pas une question, pas un doute sur ma vie ! Sans doute imagine-t-elle que je suis heureux, "libre", alors que je suis dévasté et isolé, me replongeant dans les enfers de ma jeunesse, l'aigle noir posé sur mon épaule à attendre gentiment que je sombre.

Mais je me bats, pour exister, pour mes enfants ! Ce sont mes fils, mas bataille ! Même si j'aime Roxane, je ne peux m'autoriser à les abandonner. Je me dois, comme père, de les protéger, et s'il le faut, la protéger d'elle-même (et non pas comme certain l'ont mal compris, protéger les enfants d'elle, ; l'expression n'était pas assez claire et précise).

Mais ce choix est difficile car il condamnera tout espoir d'amitié futur.