mardi 2 mai 2017

Ego Journal 66

La haine est un sentiment que je m'interdis. Il est la source de biens de maux, il ferme les portes de son âme et de ses espoirs. Il interdit les échanges et l'humanité. Il est une prison dans laquelle on s'enferme, aveuglé et distant de la réalité. Il empêche de voir les autres souffrir et s'empêche soi-même de vivre.
Quand je suis confronté à ce sentiment absurde et destructeur de la part d'une autre personne, je n'essaye même pas d'y répondre. Je préfère ramener l'autre à la logique pour qu'elle reprenne ses esprit, son contrôle et enfin s'ouvre à la discussion, en phase avec sa conscience.
Si cette personne m'est chère, alors je suis peiné d'une façon que je ne peux décrire. Je ne sais pas pourquoi tant de ressentiments, je suis perdu et je ne peux répondre autrement que par le calme. Toujours cette empathie, mais là à l'extrême. Je peux passer pour un faible à cet instant, mais en fait, je pense que j'ai raison de ne pas surenchérir. Cela serait rentrer dans une spirale sans fin, destructrice et qui ne produira rien de bon. Mais je suis perdu, désarmé.

Alors, à celle qui me hait maintenant, sans que je comprenne pourquoi, j'écris la chose suivante : regarde en toi, rappelle toi aussi les bons moments. Je ne suis pas parfait, loin s'en faut, mais je ne suis pas non plus coupable d'une telle tornade de ressentiments négatifs.

Toute ma vie, même si maladroit, j'ai toujours voulu aider les autres. Oui, je suis d'une logique difficile à contrer, mais je ne cherche pas à imposer mes vues, mais à convaincre, ce qui est une grande différence. Et j'admets que les personnes puissent avoir un avis différent, mais seulement une fois que mes arguments ont été entendus et que j'ai pu entendre les arguments contraires.

Dans bien des situations, je l'ai démontré, je suis capable de changer d'avis si l'argument présenté, même faible, fait vaciller mon point de vue. Et j'admets mes erreurs. Combien de personnes sont-elles capables de cela ? Combien se recroquevillent sur leur égo, évitant toute possibilité de changer d'avis, soit disant pour ne pas perdre la face, alors qu'il n'est pas question de cela. Il est question d'un échange d'idées, de points de vue différents, non pas qui s'affrontent, mais qui se discutent.

Je tente à chaque fois de montrer à l'autre qu'en se déplaçant de quelques centimètres sur le côté, on peut avoir un autre point de vue. Combien de fois nous a-t-on enseigné en philosophie que la vérité n'est qu'une question de point de vue, de l'angle par lequel on prend ce qu'on perçoit ? C'est ce que j'essaye de faire, de proposer un autre angle de vue.

Et si la personne reste campé sur ses positions, c'est sont droit, et je le respecte. Je suis trop respectueux de la liberté de penser, d'opinons pour imposer mes vues. L'échange constitue pour moi le modèle même de la pensée. Et changer d'avis n'est pas un drame, mais une chance, y compris pour moi.

Bien sûr, quand les arguments opposés sont factices, fallacieux, il m'est assez facile de le démontrer et ainsi de proposer à l'autre une autre façon de voir les choses. Souvent, c'est très mal perçu. Mais qui puis-je ? Dois-je me taire et laisser l'autre dans un raisonnement faux lors qu'il pourrait construire un autre raisonnement, différent du mien ou pas, pour cette fois s'appuyer sur une logique constructive.

Malheureusement, trop souvent, l'émotionnel égotique en face de moi refuse même l'idée de pouvoir modifier un tant soit peu son raisonnement initial, non pas pour admettre qu'il a tort, mais construire une autre idée, la sienne. Je n'impose jamais mes idées, je défends mon point de vue. C'est une grande différence.

Manipulateur ? Non ! Je suis quelqu'un qui respecte trop le libre arbitre pour me le permettre. Je suis quelqu'un d'empathique et donc je me soucie avant toute autre chose du bien être de cet autre, pas de mes propres intérêts. Tout le contraire d'un manipulateur !

Alors je sais, il est difficile de trouver des contre-arguments à ma logique, mais elle n'est pas parfaite, je ne suis pas parfait. Il peut me manquer des éléments qui changeront toute la construction initiale et je suis prêt à les entendre, justement car je crois dans le dialogue, dans l'échange.

Mais quand la haine devient le mode d'échange de cet autre, là, je ne peux rien faire. La logique ne sert plus à rien. Je suis face à un torrent d'émotions avec lequel je ne peux discuter. Je fuis donc cette situation, pour me préserver mais aussi et surtout pour préserver l'autre, lui laisser une chance de revenir à un niveau acceptable émotionnel, pour que l'échange puisse à nouveau se faire.

Mais quand la haine est ancrée, définitivement, sans justification, ou du moins, en ignorant tous les autres éléments qui devraient la contre-balancer, trouver un équilibre sur un jugement qui sinon est un dictat, je suis attristé et je ne peux que compatir pour cette âme blessée, pour qui je n'ai jamais voulu être source de souffrances.

Il est des mots prononcés soumis à cette haine qui sont des larmes profondes dans mon âme, mais je ne peux à mon tour haïr. L'amour est là, il restera, chez moi, ancré jusqu'à la fin de mes jours.

Pour autant, je ne peux pas me résoudre à accepter la situation qui en découle et je me dois d'agir pour sauver ceux qui pourraient souffrir de cette haine absurde, au risque de décupler cette haine contre laquelle je ne peux rien. (là aussi, sans doute mal transcrit : "je me dois d'agir pour sauver ceux qui pourraient souffrir de cette haire absurde" voulait dire "faire en sorte qu'ils n'en souffrent pas, les placer en dehors de cette souffrance, et pour ma part ne jamais, O grand jamais, critiquer cette ange que j'aime tant devant eux").

Que la mémoire est courte chez ceux qui vous haïssent ! Je me souviens du bien et du mal, mais je préfère conserver les moments de bonheur, de beauté plutôt que de me laisser aller à ces sentiments destructeurs qui ne voient que les aspects négatifs. Nous commettons tous des erreurs, mais est-ce une raison pour haïr ? Bien sûr, si il y avait volonté de faire mal, d'être destructeur, là, je peux comprendre la haine, car elle est le sursaut de révolte contre l'injuste, l'infamie.
Mais je ne pense pas être de ceux-là, j'ai ma conscience pour moi. Et je pleure pour l'autre.

Pardonnes à ceux qui t'ont offenser ! Aimes ton prochain !
Je ne suis pas religieux, mais je reconnais ici une philosophie de vivre dans ces phrases qui dictent ma conduite chaque jour, à chaque instant, en espérant que les autres la suivront peut-être aussi.

Je te pardonne et je t'aime !

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