samedi 6 mai 2017

Ego Journal 68

Aujourd'hui, je voudrais partager une vision personnelle de "ma" philosophie de vie. Je ne suis pas un spécialiste, je ne suis qu'un homme qui tente de se construire, d'avancer dans ce monde qui me fait parfois mal, mal de vivre...

Rêver ou vivre, est-ce si différent ? Bien sûr, en rêve on vit ce qu'on ne pourrait peut-être pas vivre, mais sans ses rêves, pourrait-on vivre sa vie ? Espérer ? Avancer ?
Être entier, en accord avec soi-même, avec un conscience la plus claire possible est un effort quotidien. Chaque jour être un meilleur homme qu'hier.

Non pas être "le meilleur" ! Ceci est une illusion, combat de coqs, esprit de compétition qui ne conduit qu'à des blessures, des victimes collatérales... Non, tenter de devenir meilleur soi-même chaque jour, pour être et en phase avec les autres âmes que l'on croise.

Plusieurs philosophies tendent vers cette illusion, cette quête infinie que l'on ne peut vraiment atteindre. Elles sous-tendent par exemple des arts, notamment en Asie : la cérémonie du Thé, le Iaï-do, le taichichuan... Beaucoup d'entre elles héritent du Zen, pour sa partie philosophique.

Bien sûr, rien n'est facile. Nous sommes tous des êtres imparfaits, par nature. Nous commettons des erreurs, parfois mêmes des choses qui peuvent engendrer des drames. L'important est de savoir si l'on tente de s'améliorer, de ne pas reproduire ses erreurs. Et pour cela, il faut commencer par les reconnaître. Puis il faut savoir faire la part des choses, dans ce que nous ressentons.

J'ai mi du temps à comprendre ce que parfois on m'a enseigné : "faire le vide en soi".
Ce n'est pas à prendre au pied de la lettre. On ne peut pas se "vider", oublier qui l'on est.

Pour prendre une image, pensez que vous êtes un lac. Toute la beauté que vous pouvez dégager, la bonté en offrant votre eau à la vie environnante dépend aussi dont ce lac se comporte.
Vos pensées peuvent parfois perturber le cours de l'eau dans ce lac, et notamment sa surface, votre esprit. Vous voilà alors avec un lac avec des vagues qui peuvent même empêcher les autres de vous approcher, de naviguer avec vous en communion, car vous les ballotez.

Imaginez maintenant que ces pensées, vous en fassiez le tri. Vous les observez calmement, sans les empêcher, mais vous les prenez pour ce qu'elles sont : du désespoir, de la haine, de la joie, de la colère, de l'empathie, de la crainte, de l'envie... Acceptez les et faites le tri. Celles qui ne remettent pas en cause votre moi profond, regardez les et vous verrez qu'elles ne sont que surface, détournant votre vie de son chemin. Celles qui sont profondes, accueillez les et essayez de trouver comment les gérer, avancer, trouver un espoir d'amélioration, agir. Cela peut prendre tant de formes !

Dans la cérémonie du Thé, le principe est de n'être qu'un, de n'être que dans l'action que l'on est en train de faire. Faire le thé, c'est simple. Mais le faire sans trouble, sans pensée parasite, être pleinement dans cette action, alors le Thé n'est plus un but mais un moyen. Et le partage qui s'en suit, à savoir boire les tasses de thé en reconnaissance de ce don d'humilité et de grâce, est beau et récompense le maître de cérémonie.

Et bien, dans ce cas, la surface de votre lac est alors lisse, sans vague, ni vaguelette. Vous reflétez l'espace autour de vous, sans le déformer. Vous êtes accueillant et vivant. Il ne s'agit pas par contre de ne plus ressentir ou de ne plus penser. Le lac est alimenté par une rivière amont et donne lieu à une autre rivière aval. Ce n'est donc pas une marre où la pourriture s'installerait.

"Faire le vide en soi" c'est cela : avoir une surface lisse mais vivante. Accepter nos imperfections et tenter de s'améliorer.

Pour ma part, je n'arrive pas à se calme absolu, ce regard bienfaisant sur moi-même. Mais j'essaye de l'avoir pour les autres et de limiter la surface de mon lac à des vaguelettes et non des tempêtes.

Parfois, le lac se transforme en océan en plein ouragan ! Qu'importe, chaque jour tenter de s'améliorer. Avancer, chaque jour faire un nouveau pas, construire son chemin au fur et à mesure.