mardi 16 mai 2017

La bête traquée

De tous côtés, le son de la curie s'élève
Ils foncent avec leurs lances toutes pointées
Vers la bête isolée qui se bat pour ses rêves
Sans jamais avoir fait mal aux êtres aimés

Pourtant les molosses aboient autour de lui
La bave aux joues, leurs crocs toujours plus menaçants
Les picadors font de son sang la pluie
Évitant de tuer, ils transpercent ses flancs

L'odeur du cadavre ravive les passions
Morbides du groupe qui redouble de haine
Briser sa vie, sa liberté et sa raison
Tandis que lui ne dit que ceci : je vous aime !

Les bourreaux resserrés assistent au délice
Des derniers souffles de la bête assassinée
Avant que ses yeux ne se ferment au supplice
Son râle exprime son pardon non limité

Certains font un pas de recul, se souvenant
De la bonté passée de la bête asservie
Maintenant baignant dans la marre de son sang
Une larme s'écoule en respect de sa vie

Jamais, même un instant, la bête n'a choisi
De rendre coup pour coup, elle a gardé ses griffes
Ne se veut pas martyr, ni un saint, mais en vie
C'est la fin du voyage à bord de son esquif

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